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Bonjour | 22/03/2010 13:28 | English Make DC Home page | RSS feed

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Après avoir réalisé un long parcours militaire entamé le 28 août 2008 et qui vient de placer ses troupes aux portes de Goma, le général dissident Laurent Nkunda sait que son épopée n’est appréciée ni par les Congolais, ni par la communauté internationale. Avec à son passif plus de 2 millions de déplacés, des milliers de morts et des blessés ainsi qu’une situation humanitaire catastrophique dans la partie Est du pays, ce seigneur de guerre se sait en dan­ger d’être cette fois épinglé comme un « génocidaire » en puissance. Aussi, dans le souci évident de soigner son ima­ge de marque, il vient de lan­cer sa « seconde guerre », avec pour « front » celui des médias. Laurent  kunda s’est empressé, depuis que ses hommes campent dans la périphérie de Goma, avec en concours des milliers d’infiltrés dedans, de décréter un « cessez-le-feu » unilatéral.

C’est cet officier militaire rebelle, qui s’est subitement découvert une âme de pa­triote, prétend avoir décidé de ne pas attaquer le chef-lieu du Nord-Kivu pour ne pas paniquer la population civile et éviter des pillages déjà signalés ça et là et qu’il met sur le compte des mi­litaires des FARDC, selon lui, en débandade. Le chef du CNDP (Conseil National pour la Défense du Peuple) déclare ne pas vouloir non plus ouvrir les hostilités con­tre les Casques Bleu de la Monuc, à qui il ne demande qu’une chose: la neutralité. A la force onusienne, il re­commande aussi d’empê­cher tout retour des Fardc à Goma, qu’il considère comme « absentes » de la ville, faute de quoi il risque de reconsidérer sa position actuelle.

Bref, Nkunda s’em­ploie à se faire accréditer, par l’opinion tant nationale qu’internationale, comme un Congolais acquis à la cause de la paix, et qui ne recourt à la force que suite au refus des autorités de Kinshasa d’engager avec lui un dialogue direct, qu’il réclame pourtant à cor et à cri depuis des mois. Même son maître à penser, Paul Kagame, s’est lui aussi rapidement remis en selle en dépêchant à Kinshasa sa ministre des Affaires Etrangères, alors que tout le monde sait qu’il a refusé de recevoir à Ki­gali, en début de semaine, le nouveau patron de la di­plomatie congolaise, Alexis Thambwe Mwamba. Les choses sont claires: le pré­sident rwandais cherche lui aussi à corriger sa bourde de la semaine en se faisant passer pour un élément to­talement étranger à la crise qu’il a toujours qualifiée de congolo-congolaise. Son objectif est de montrer à la communauté internationale sa disponibilité « aider les frères ennemis »  congolais à s’entendre.

Mais que constate-t­-on du côté gouvernemental congolais? Les discours continuent de se focaliser autour du retour sans condition de Nkunda et du CNDP au Programme Amani, de la dénonciation du Rwanda comme commanditaire des attaques militaires de ce mouvement rebelle alors que la Monuc soutient ne pas disposer des preuves formelles de la présence militaire rwandaise en ter­ritoire congolais.

L’exécutif congolais donne la nette impression de refuser de négocier avec Nkunda alors que les paramètres de la géo-politique internationale indiquent les « grands » se sont inscrits dans la logique d’un compromis politique pacifique entre le pouvoir et le CNDP. C’est le black out total dans les médias offi­ciels au sujet de la ballade des émissaires du gouver­nement à travers la sous­-région de l’Afrique Centra­le, des Grands Lacs et de l’Afrique Australe. La guerre de la communication parait perdue d’avance pour les Congolais, qui ont du mal à faire passer le message de la menace de déstabilisation des institutions et de torpillage du processus démocratique que Nkunda fait peser par le recours aux armes. Par ailleurs, c’est à travers les médias étran­gers que nos compatriotes apprennent les nouvelles du front, avec la dose d’intoxi­cation que l’on sait, simple­ment parce que les officiels, civils comme militaires, se taisent.

L’une des rares fois que les Congolais ont suivi un débat franc et une prise de position réaliste au su­jet du contentieux politico-­militaire entre le pouvoir et Nkunda, c’était le mercredi 29 octobre 2008, avec à la clef un plan de sortie de crise. Les députés nationaux ont reconnu que militaire­ment, l’Etat congolais n’a pas les moyens de mettre fin à la guerre que lui livrent le CNDP et son parrain rwandais. D’où, le moindre mal serait de négocier avec le fils égaré qu’est Nkunda.

(SL/Th/GW/Yes)

Kimp./Le Phare

Last edited: 31/10/2008 13:51:54

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