M. Louis Michel, le Commissaire européen en charge du développement et de l’aide humanitaire, est arrivé mercredi soir à Kinshasa pour rencontrer les autorités congolaises et des représentants des partenaires internationaux avec lesquels il est prévu des échanges sur aussi bien la crise à l’Est assurément dominante que beaucoup d’autres aspects des questions de coopération bi et multilatérales. Cette visite de travail, notent les analystes, va au-delà de l’humanitaire pour entrer dans le terrain politique. Fallait-il attendre deux millions de déplacés pour que l’UE décide finalement de sortir ses cartes. Fallait-il que la ville de Goma soit menacée avec l’avancée des rebelles pour que le conseil de sécurité se réunisse et planche sur l’urgence de renforcer nos effectifs au front ?

A la vérité, les dernières péripéties de la guerre à l’Est semblent contenter les intérêts occidentaux qui ne jurent que par la paralysie du Gouvernement de Kinshasa pour leur imposer de nouvelles conditions de négociations. On peut déplorer, à cet effet, que malgré leur soutien actif pour la tenue des élections, l’Occident n’a jamais montré sa détermination pour aider le Gouvernement issu des urnes à évoluer dans la reconstruction du pays.

Au concret, les puissances financières prédatrices qui financent, arment les seigneurs de guerre en échange des matières premières qui ne sont jusque-là aucunement inquiétées malgré les multiples rapports des organisations des droits de l’homme. C’est profitant de ce laxisme que le Rwanda et ses bras congolais s’aventurent à déstabiliser l’Est de la RDC.

Comme pour mieux étoffer leurs récriminations contre le gouvernement de Kinshasa, les puissances occidentales ont attendu la signature du contrat chinois pour exacerber leurs pressions. C’est donc dans ce climat de tension et de menaces que Louis Michel choisit de venir en sapeur-pompier au chevet de deux millions de déplacés à l’Est. Le commissaire européen était-il porteur d’un message ultime au gouvernement face à la menace de la chute du chef-lieu du Nord-Kivu?

Une chose est vraie. Le passage de Louis Michel est déterminant au vu du rôle que joue la Belgique à l’Union européenne et surtout de la campagne négative menée contre la RDC dans les milieux occidentaux suite à la résistance des autorités congolaises au diktat belge. De deux choses, l’une. soit, Kinshasa accepte de fumer le calumet de la paix avec Bruxelles, soit il lui tourne le dos et sollicite le soutien d’autres puissances pour livrer la guerre à la rébellion.

(DN/Th/GW/Yes)

Victoire Eyobi/Forum des As