Concertation des députés nationaux du Nord-Kivu avec le président de l’Assemblée nationale auquel ils ont soumis un cahier des charges à l’intention du Chef de l’Etat pour signifier à ce dernier leurs préoccupations sur la situation générale du pays au regard des enjeux de l’heure

La situation qui prévaut dans l’Est du pays ne cesse de susciter des réactions dans le microcosme socio-politique national. Après le gouvernement sortant et le Programme Amani qui ont dénoncé la violation du pacte de la paix par le CNDP de Laurent Nkunda, les élus du Nord-Kivu, province théâtre des combats entre les FARDC et les rebelles du CNDP, sont montés au créneau. Leur réaction coulée en terme de revendications résulte de la réunion que ces élus ont eue, mardi après-midi, avec le Président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe.
Bien que rien n’a filtré de cette rencontre dictée par les événements de l’Est, Le Phare est parvenu tout de même à obtenir quelques bribes d’information sur l’essentiel de l’entretien.
Cahier des charges
Après avoir passé en revue, non sans peine et indignation, la situation qu’endurent leurs électeurs avec la recrudescence des combats dans leur fief, les députés nord-kivutiens ont présenté leurs conditions pour mettre fin à la guerre. Ces revendications se rap-portent tout logiquement au contexte de la guerre. Et par ricochet à l’investiture du nouveau gouvernement que dirige Adolphe Muzito, dont l’une des missions majeures est de pacifier l’Est du pays.
C’est dans ce cadre qu’ils ont présenté à Vital Kamerhe leur ex-cahier des charges pour que, lui à son tour, le fasse parvenir au chef de l’Etat. Au plan national, les députés voudraient voir le gouvernement prendre des mesures exceptionnelles en vue de mettre fin à la guerre. Pour ce faire, ils souhaitent avoir des négociations avec le Premier ministre, dont l’équipe n’est pas encore entrée en fonctions faute d’investiture au parlement. En réalité, on croit savoir que ces députés douteraient de la capacité de l’équipe Muzito telle que publiée dimanche dernier de mettre fin à la guerre. Raison pour laquelle, ils préfèrent que les choses soient clarifiées avant l’investiture. Sans quoi, leur vote risque d’être négatif.
L’autre sujet évoqué par les députés du Nord-Kivu est lié à la recherche de la vérité sur l’utilisation des fonds que décaisse régulièrement le Trésor public en faveur des troupes au front. Une mission d’information devrait se rendre à Goma dans le plus bref délai pour s’enquérir de la situation. Une motion en ce sens a été récemment votée en plénière. Les mêmes députés ont aussi émis le vœu de voir le chef de l’Etat convoquer dans un délai raisonnable une réunion rassemblant autour de lui le président de l’Assemblée nationale, le premier ministre, les chefs des groupes parlementaires ainsi que 4 délégués par province. Objectif : initier une nouvelle mise en place dans l’armée et plus particulièrement au sein des forces terrestres où il y aurait, selon eux, des trahisons.
La même démarche devrait être menée dans les services de renseignement. Enfin, les députés du Nord-Kivu ont souhaité que le gouvernement demande une force supplémentaire à celle de la Monuc à l’instar de l’opération Artemis en Ituri.
La Monuc doit retirer ses éléments chez Nkunda
Au plan international, les députés originaires du Nord-Kivu demandent à la Monuc de retirer ses éléments situés dans les territoires sous contrôle du CNDP, notamment ceux encore positionnés à Tchengerere dans le territoire de Rutshuru, Kitshanga et Kiloliro à Masisi.
Se basant sur des informations en leur possession, les députés ont indiqué que les soldats de la Monuc positionnés dans les territoires sous contrôle CNDP communiqueraient des informations confidentielles des forces loyalistes à l’ennemi. Après les députés du NordKivu, leurs collègues du Sud-Kivu devaient aussi se réunir la nuit dernière, tandis que ceux de la Province Orientale devraient le faire au plus tard ce matin avant la plénière convoquée à 11 heures.
(DN/Th/GW/Yes)Wamukala/Le Phare
Last edited: 29/10/2008 16:49:32