L’individualité est une « qualité artistique rare » dans les groupes musicaux congolais qu’il encadre pour la professionnalisation au Centre Wallonie- Bruxelles, a affirmé mardi à l’ACP l’expert congolais en musique, Oscar Diyabanza.

M. Diyabanza a qualifié cette insuffisance « de manque de virtuosité ou de maîtrise et d’agilité » dans l’exécution musicale par les différents instruments musicaux notamment la voix, la guitare, le tambour, la flûte etc.

De par son expérience de plus de 20 ans à la direction d’étude artistique au Théâtre national, Diyabanza attribue cette insuffisance au fait que l’homme congolais est « intimement lié au chant et à la danse » comme mode de vie issu des milieux tribaux, et non une profession.

Il a cité à titre d’exemple : chanter et danser pour célébrer une nouvelle naissance, avant d’entrer en transe pour guérir un malade, chanter et danser pendant une initiation quelconque etc.

Outre l’absence de cette notion de professionnalisation, l’expert constate également que la majorité des musiciens congolais, non seulement ne sont pas préparés par des maîtres chanteurs, mais aussi, ils ne passent pas par une école de formation musicale à l’instar de l’Institut national des Arts (INA).

Le cas chronique de ceux qui évoluent au pays. Il reconnaît cependant l’aspect professionnel du chant et de la danse dans quelques rares tribus telles que les Ekonda de l’Equateur et autres où l’on comptait des maîtres danseurs et chanteurs ayant des lieux des répétitions.

Il s’organisait également des compétitions entre différents clans ou tribus. Pour atteindre l’objectif de professionnalisation lui fixé par le Centre Wallonie- Bruxelles, Diyabanza a axé sa formation sur trois piliers à savoir : la ponctualité, la valeur et le respect de engagements et la performance.

Par la ponctualité, il veut que les musiciens maîtrisent la gestion du temps car, « le temps c’est de l’argent », dit-on, alors que la deuxième élément implique savoir discuter un contrat de production, de manière équilibrée. Quant à la performance, elle revient à la maîtrise des instruments musicaux.

Sa méthodologie consiste en amont à assister aux différents concerts et en aval à organiser des séances techniques pour une évaluation théorique et pratique permettant aux artistes d’acquérir davantage des informations pour leur épanouissement professionnel.

Oscar Diyabanza estime que si le temps nécessaire lui est accordé, il le mettra à profit pour obtenir des résultats escomptés.

(BT/Milor/PKF)

ACP