Dans sa motion présentée hier à l’Assemblée nationale, l’honorable Clément Kanku Bukasa, député élu de la circonscription de Dibaya (Kasaï Occidental), s’est fait l’écho sonore du commun des Congolais. Ce Député a porté à la plénière les préoccupations au quotidien du petit peuple en ce qui concerne la pratique du petit commerce en RDC. En gros, que le petit commerce soit réservé aux Congolais seuls et que les Chinois,    Indiens, Pakistanais et autres expatriés respectent les clauses de leurs conventions. Un peu partout à Kinshasa et ailleurs en RDC, a-t-il dénoncé, Ies Chinois, par exemple, excellent dans la vente des beignets, eau pure et autres produits sans commune mesure avec le but de leur présence en RDC.

Pour l’auteur de la motion, ce comportement constitue une déviation par rapport à la mission première de la convention chinoise. Voilà qui ne va pas sans entraîner une concurrence déloyale entre les Chinois et les Congolais.

Pour l’honorable Kanku, même si nous saluons la volonté du Gouvernement congolais à absolument matérialiser les cinq chantiers, cela n’empêche pas que nous émettions quelques réserves sur les conséquences découlant de cette bonne collaboration. A voir le comportement des expatriés dans le secteur du commerce, on a l’impression que les gardes ­fous n’ont pas été bien ficelés. Dans la mesure où, a-t-il renchéri, on a l’impression que tout se fait désormais en dehors de toute réglementation. Parlant singulièrement des Chinois, il suffit qu’un sujet asiatique débarque à l’aéroport international de N’djili ou au beach Ngobila, sans document et au nom des cinq chantiers, pour avoir droit à tous les honneurs et facilités.

En d’autres termes, oui aux cinq chantiers et non à l’ingérence des Asiatiques au petit commerce, pourtant une exclusivité des Congolais. Pour cela, a ajouté le « motionnaire », la population est meurtrie et appauvrie.

S’occuper des cinq chantiers

Au lieu de s’illustrer dans le commerce du détail, en étant à la fois importateurs, semi­-grossistes, grossistes et détaillants, ces Chinois doivent circonscrire le sens fondé de leur présence en RDC, dans le cadre des cinq chantiers. Et pourquoi étouffer les mamans qui gagnent très petit, dont les moins fonctionnaires de l’Etat attendent encore Mbudi ? Ce Mbudi, pourtant « hypothétique », s’interroge-t-on !

L’honorable Député a signalé sur un autre tableau que «  nos compatriotes se voient très souvent refusés l’octroi des visas pour s’approvisionner en Chine, au profit de tous ces Chinois qui se déversent chez nous » ! De quoi déduire qu’il y a une volonté délibérée des autorités chinoises à gérer nos compatriotes dans ce domaine.

C’était là le lieu de poser la question sur l’encadrement des différentes conventions interétatiques et des mesures prises par le Gouvernement pour éviter tout dérapage du genre fraude douanière au nom des cinq chantiers. L’auteur, de la motion a tiré la sonnette d’alarme sur l’expérience particulière en la matière que d’autres pays africains ont connue dans «  ce genre d’aventure afin de prévenir ce danger latent qui nous guette ».

Le Gouvernement interpellé !

L’Assemblée nationale demande au futur Gouvernement des missions de s’engager dans une véritable promotion des initiatives locales. Bien plus, de définir clairement les secteurs économiques réservés aux nationaux et ceux mis en compétition avec les étrangers. Le prochain Exécutif doit également clarifier le statut des partenaires chinois qui nous arrivent en masse. Que les services de l’immigration nous fassent un état des lieux du profil des partenaires chinois, leurs activités, hormis ceux qui sont prévus peut-être pour les cinq chantiers et d’autres communautés installées en Rdc.

Ainsi que, l’a dit le président de l’Assemblée nationale, Kamerhe, le gouvernement doit prendre des mesures pour empêcher tout Chinois à venir faire autre chose que ce qui a été convenu. S’agissant du début des travaux des cinq chantiers, l’on se rappellera qu’il a été fixé au mois d’août passé. Pour V. Kamerhe, « nous demandons    au Gouvernement de nous dire de quel côté se trouve le problème, et nous interviendrons, pour faire sauter le verrou.

(GisM/Milor/PKF)

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