Le camouflet subi par le pays lors des assises du Québec invite à une pro­fonde méditation. Il est en effet bizarre que la candi­dature congolaise, intro­duite depuis les années 90, sous le régime Mobutu, et réchauffée sous celui de Joseph Kabila, ait connu le malheureux sort qui a été le sien lors du rendez-vous du Canada. Pour consoler les Congolais, promesse leur est faite d’examiner, en 2010, la possibilité de leur confier l’organisation du sommet de 2012. Il ne s’agit pas, qu’on se le dise, d’un engagement ferme, d’autant que des voix s’élèvent déjà pour revendiquer le respect de la règle de l’alternance, laquelle voudrait qu’après les continents américain ( Quebec 2008) et africain (Tananarive 2010), le ticket gagnant aille à l’Asie.

A en croire des ana­lystes politiques avertis, il s’agirait là d’un signal très négatif de la communauté internationale, à travers celle des Francophones, en direction de notre pays. Le refus des délé­gués des pays d’Amérique, d’Europe, d’Asie, d’Océanie et surtout d’Afrique de se rassembler dans notre pays en 2010 est à considérer comme l’expression de leur doute sur la capacité de nos gouvernants d’installer une paix durable, de stabiliser les institutions politiques et administratives, de restaurer l’autorité dé l’Etat, de sortir notre peuple du carcan de la pauvreté, de promouvoir le développement économi­que, social et culturel, etc.

Bref, la communauté fran­cophone internationale don­ne l’impression d’avoir lâché la RDC dans son combat le plus difficile, celui contre l’insécurité que lui imposent ses propres fils (Nkunda et le CNDP miliciens Mai-Mai, groupes armés de l’Ituri, avec la complicité des ar­mées étrangères, ainsi que les “ forces négatives ” rwandaises (FDLR, inte­rhamwe, ex-FAR).

Discours officiels trompeurs

Nos compatriotes ne s’étonnent plus d’enten­dre des discours officiels apparemment attentionnés sur les conflits armés à répétition qui déchirent notre pays depuis 1998 et qui ont déjà fait plus de 5 millions de morts, détruit des infras­tructures de base; favorisé l’évasion de plusieurs mil­liards de dollars sous forme de pillage de nos ressour­ces naturelles. Lors du tout récent Sommet de la Fran­cophonie, il nous a ca­ressés dans le sens du poil sans pour autant arrêter la moindre résolution dans le sens de la dénonciation de la main noire qui arme Nkunda et d’autres forces négatives ”.

Tout s’est passé comme si la communauté francophone ne se sent pas concernée par le devoir d’agir sur les seigneurs de guerre et leurs parrains qui pérennisent la situation de guerre en territoire Congo­lais, au point que tous les efforts de développement et d’apprentissage de la démocratie risquent d’être  vains. A l’heure où la “ Fa­cilitation internationale ” et l’Union Africaine donnent de la voix pour amener tous les belligérants à adhérer au Programme Amani, le peu­ple congolais aurait été con­tent de voir la Francophonie interpeller Laurent Nkunda par exemple ou promettre d’exercer des pressions sur lui pour qu’il abandonne son option guerrière traduite par la mutation du CNDP de la structure politico-militaire en “ Mouvement de libéra­tion totale du Congo ”.

Les officiels congo­lais devraient tirer les leçons de la “ victoire diplomatique ” malgache et constater que les Etats francophones ne croient pas au retour de la paix chez nous d’ici 2010. L’échec de la candidature congolaise est donc à lire comme à peur de nos par­tenaires au sein de l’espace francophone de venir parta­ger l’héritage culturel com­mun dans une “ zone rouge ”, où l’insécurité ne va pas disparaître de si tôt.

(SL/Th/GW/Yes)

Kimp./Le Phare