Après avoir désigné, le 19 octobre le Madagascar pour abriter le XIIIème sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie en 2010, les chefs d’Etat, présents à cette rencontre de Québec ont décidé que Kinshasa organise le XIVème sommet de la francophonie en 2012. Il n’était pas facile pour que l’on arrive à cette décision au regard de l’absence du président Kabila au sommet de Québec. Absence justifiée par la guerre qui ravage l’Est de la RDC.

En effet, depuis le début du dernier sommet en date de la Francophonie, les conversations sur la candidature du pays qui devrait abriter le prochain sommet allaient bon train. Plusieurs pays Francophones étaient convaincus que la RDC était bien placée pour l’emporter haut la main face à Madagascar, également candidat pour le XIIIème sommet de la francophonie. Mais le président malgache sur place avait entrepris son lobbying pour remporter la mise. C’est ce qui est arrivé.

Les pays amis qui soutenaient la RDC auraient demandé au président Kabila d’entrer en contact avec le président français Sarkozy, le Secrétaire général de l’OIF, Abdou Diouf, et le président malgache pour trouver un compromis qui se présentait de la manière suivante : la RDC organiserait le XIIIème sommet en 2010 tandis que Antanarivo abriterait la XIVème édition de 2012.

Malheureusement, l’absence du chef de l’Etat, Joseph Kabila, à Québec, et la guerre à l’Est de la République ont beaucoup pesé dans la prise de décision en ce qui concerne le XIIIème Sommet de la Francophonie. Deux camps se sont opposés. D’un côté, l’Afrique centrale et les amis du Congo, et de l’autre, les amis du Madagascar. Pour les pays de l’Afrique centrale, le sommet devrait se tenir à Kinshasa, car depuis la création de cette organisation, l’Afrique centrale n’a pas encore organisé un sommet de la Francophonie.

En plus, la RDC est un pays en reconstruction, il fallait que la Francophonie apporte sa contribution en organisant le sommet à Kinshasa, manifestant ainsi sa solidarité. Le président Sassou Nguesso qui a pris la défense de l’Afrique centrale et de la RDC a été soutenu par le Cameroun, le Tchad, la Centrafrique et le Gabon. Du côté des amis de Madagascar, le seul argument brandi était la présence physique du président de la République malgache lui-même pour défendre la candidature de son pays. Dans ces conditions, il était anormal que l’on confie l’organisation du Sommet à un pays dont le président est absent à Québec, a-t-on soutenu. Un autre argument soulevé est que le président Kabila, depuis qu’il est au pouvoir, assiste rarement aux sommets organisés dans le cadre de la Francophonie.

(SL/Ern./GW/Yes)

Freddy Mulumba (envoye special)/Le Potentiel