Certains parleraient d’un vol flagrant, tan­dis que d’autres d’un détournement avec complicité. Telle est la situation à laquelle on a assisté dernièr­ement au ministère de la culture et Arts. En effet, l’argent prévu et décaissé par le gouvernement et l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) pour l’organisation du “ Forum sur la sauvegarde et la valorisation du patrimoine cult­urel, à Kinshasa du 6 au 8 octobre ” a pris une destination inconnue.

Ce fonds se chif­frait pour le gouvernement à quelque 84.000 dollars américains et à 21.000 euros pour l’OIF. Conséquence : il n’y a pas eu de rapport fi­nal des travaux, lequel de­vait être élaboré à l’issue de l’évaluation qui, elle aussi, n’a pu avoir lieu.

Ce rapport devait être trans­mis et au gouvernement et à l’OIF. Le coup est dur dans la mesure où on ne saura pas justifier l’utilisa­tion de l’argent obtenu des partenaires dont on est sans ignorer la rigueur en la matière. Et la conséquence, le pays risque d’être de nouveau fiche parmi les Etats où ne règne jamais la bonne gouvernance.

Selon le film de l’événement, tout s’est dé­roulé le 14 octobre 2008 tôt le matin. On raconte que la disparition de l’argent des­tiné à l’organisation était opérée avec la complicité de certains agents du cabinet. Car des choses bizarres ont été constatées comme par exemple, le bus du cabinet utilisé par un chauffeur non habituel et à des heures qui ne sont pas de service.

Autre chose: les portières du véhicule avaient été forcées.  Notre source a ren­seigné que quelques car­tons d’argent (devises et Francs congolais) ont été soutirés du cabinet. En outre, depuis ce jour là, un conseiller du cabinet qui était en même temps président de la com­mission financière du forum a disparu.

Mais du côté du mi­nistre sortant, c’est le silen­ce total. Ce geste qui n’est pas le premier du genre relance la question de la morale chez les dirigeants congolais dont la plupart ont du mal à faire la différence entre les affaires privées et celles de l’Etat. En atten­dant la publication suivie de l’entrée en fonction de la nouvelle équipe gouverne­mentale, les gestionnaires sortants se livrent au pillage du patrimoine de l’Etat sans que personne ne les inquiè­te. Le débat sur l’impunité est relancé.    

(DN/Th/GW/Yes)

Dom./Le Phare