Conduite par son ministre des Affaires étrangères Mbusa Nyamwisi, la délégation congolaise a subi un camouflet au XIIe sommet de la Francophonie à Québec, au Canada. C’est finalement le Madagascar qui a été choisi dimanche pour accueillir le prochain sommet de l’organisation, après une lutte acharnée avec la République démocratique du Congo.

La rencontre tant attendue entre le Président de la République et le Premier ministre belge pour parier de la crise belgo-congolaise, n’a pu avoir lieu. Le Président de la RDC Joseph Kabila Kabange avait renoncé au dernier moment de se rendre à Québec. Le Chef de l’Etat s’est finalement rendu compte du préjudice qu’aurait causé son absence du pays à cette heure de grandes inquiétudes dues à la reprise des hostilités à l’Est. En plus, le pays n’est pas encore doté d’un gouvernement. Se rendre au Canada alors que le pays est sans gouvernement serait de l’ irresponsabilité. Joseph Kabila s’était fait représenter dans ce sommet par une forte délégation conduite par son ministre des affaires étrangères, Mbusa Nyamwisi.

Le chef de la diplomatie congolaise a toutefois échangé avec le représentant du Rwanda dont le pays a décidé de quitter la Francophonie. Le Rwanda devient désormais un pays anglophone. Les deux personnalités ont échangé sur la situation à l’Est de la RDC et la crise entre les deux pays. Pour Charles Murigande, la rencontre ne permet, certes, pas de résoudre la crise, mais l’important est de continuer à dialoguer.

Il sied cependant de rappeler que l’administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie a salué les efforts de la R.D.C pour l’apurement de ses arriérés de cotisation.

Le XIIe sommet de la Francophonie s’achevait dimanche après des débats largement dominés par la crise financière qui ébranle les marchés mondiaux. L’Organisation internationale de la Francophonie compte désormais 71 membres dont 56 Etats et gouvernements membres à part entière et 15 pays observateurs. (NLE)

Débat sur la langue française

Les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la Francophonie présents à Québec devaient apporter leur soutien à l’organisation des réunions internationales sur la tourmente qui a emballé les pays développés et pourrait menacer les pays du Sud, largement représentés dans la Francophonie.

Je pense qu’il faut voir un symbole dans le fait que l’ensemble des chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie réunis à Québec appellent à la tenue de ce sommet ”, a déclaré le Premier ministre français François Fillon.

M. Fillon a pris samedi le relais du Président Nicolas Sarkozy, qui s’est rendu aux Etats­-Unis où il a obtenu le soutien du Président George W. Bush pour l’organisation de plusieurs sommets sur la crise, dont le premier pourrait avoir lieu à New York dès le mois prochain.

La Francophonie a été “ le premier forum Nord-Sud à se réunir dans la foulée de la crise ”, a souligné dimanche le Premier ministre du Québec Jean Charest, co-hôte du sommet avec le Premier ministre canadien Stephen Harper.

“ Cela a été une première occasion pour les pays du Sud de se prononcer sur les conséquences qu’ils anticipent (...) Ils craignent avec raison que la crise ait un impact sur les budgets d’aide au développement ”, a-­t-il déclaré sur Radio-Canada.

Le dernier débat du sommet de la Francophonie dimanche matin était consacré à la langue française, la neuvième la plus parlée dans le monde avec 175 millions de francophones, selon un rapport parlementaire français de 2007.

Paradoxalement, c’est la première fois que le français est un thème à part entière d’un sommet de la Francophonie. M. Charest a souligné que le Québec était un bon baromètre de l’état de santé du français. “ Si on veut prendre la température sur l’avenir de la langue française, c’est au Québec qu’il faut le faire parce que c’est un combat que nous menons tous les jours depuis plusieurs générations ”, a-t-il dit.

Le sommet devrait notamment appeler les membres de la Francophonie à défendre leur langue, en particulier dans les instances internationales, selon un projet de résolution finale du Sommet de Québec.

Au Québec, les débats du sommet menés à huis-clos, ont quelque peu été éclipsés par une polémique concernant des propos du Président Nicolas Sarkozy, interprétés comme un plaidoyer en faveur de l’unité du Canada.

(SL/PKF/GW/Yes)

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