La dimension économique pourrait être incluse en ces temps marqués par d’importan­tes mutations. Candidate pour abriter le prochain sommet, la République démocratique du Congo, forte de sa propre expé­rience, compte souligner la nécessité d’une solidarité inter­nationale francophone en vue de contribuer au rapproche­ment des peuples ainsi qu’à la promotion des hommes dans un univers où ils doivent vivre en paix.

Du 17 au 19 octobre se tient à Québec, le XIIème sommet de l’ Organisation internationale de la Francophonie. OIF. Une rencontre qui réunit les représentants de 55 Etats membres et 13 pays observateurs. Au total 68  Etats pour une population estimée  803 millions des personnes.

Le thème principal de ce rendez-vous de Québec est : “ pour la pérennité de nos idéaux ” qui sont la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’homme, l’éducation, le développement durable et la pro­motion de la langue française. des idéaux toujours d’actualité en ce monde en perpétuelles mutations dans les domaines politique, économique social et culturel. Sûr que les participants à ce sommet de Québec saisiront cette opportunité pour soutenir ces idéaux en créant des opportunité susceptibles de contribuer au rayonnement de la Francophonie.

La première est certainement la présence à Québec du Prix Nobel de la littérature, Jean-Marie Gustave le Clézio qui ne manquera pas de faire remarquer qu’à travers ce prix, c’est le français et tout l’espace francophone qui sont honorés.

Mais le mérite de ce sommet  de Quebec, c’est qu’il se  déroule au moment où le monde est frappé par deux importantes crises : alimentaire et fi­nancière internationales. Deux graves crises susceptibles de plonger plusieurs nations dans des situations inextricables, allant jusqu’à menacer l’existence des plusieurs organisations notamment la Francophonie.

Il est vrai que l’agitation observée dans plusieurs capita­les des pays les plus industriali­sés démontre à quel point l’angoisse s’est emparée d’eux. Or, dans cette recherche de rétablir justement les équilibres fondamentaux d’un système bancaire international frappé de plein fouet, l’adage selon lequel “ la charité bien ordonnée commence par soi-même ”, serait de mise. Que des organisations comme la Francophonie risque de ne demeurer que des “ clubs ”.

Le fait que le président français, Nicolas Sarkozy n’as­sistera qu’à la cérémonie d’ouverture et pas à la clôture, pour se rendre samedi à Camp David, aux Etats-Unis, afin de s’entretenir avec le président américain George Walker Bush, suscite des interrogations. Tout simplement, parce qu’en ces ins­tants précis, l’économie est en train de supplanter le social et le culturel.

Cette heureuse “ coïncidence ” ne marquera pas de retenir  l’attention des participants. Le moment est venu pour qu’à la Francophonie, on se penche sérieusement sur la dimension économique dans le but de mieux renforcer cet idéal de dévelop­pement durable. Pourquoi ne pas envisager de créer aussi un espace économique pour sous­-tendre les idéaux de la démocra­tie et de l’éducation ? Interroga­tion pertinente pour autant qu’en l’an 2015, l’espace francophone pourrait compter 1 milliard de consommateurs. Un vaste marché.

La candidature de la Rdc

Le moment important de ce sommet de Québec sera incontestablement celui de la dési­gnation du pays qui abritera le prochain sommet de la Franco­phonie. A ce sujet, le Madagas­car et la République démocrati­que du Congo ont présenté leur candidature. La RDC l’a confir­mée dans une lettre datée du 7 octobre au Secrétaire général de l’OIF, Sénégalais Abdou Diouf.

Raison pour laquelle, le président de la République, Joseph Kabila, a effectué le déplacement de Québec pour défendre la candi­dature de la RDC. D’ailleurs, au mois de septembre 2008, une dé­légation de l’OIF avait séjourné à Kinshasa afin de se rendre compte des dispositifs nécessai­res liés à l’organisation d’un tel sommet.

Apparemment, les pro­nostics sont en faveur du Congo­Kinshasa, de par son importance géographique et démographique en terme de personnes qui parlent le français. La RDC est l’un des grands pays francophones. A ce titre, accueillir un tel som­met soulignerait, une fois de plus, l’importance que la Francopho­nie attache à la promotion hu­maine.

Toutefois, le facteur déter­minant demeure celui de l’expé­rience propre de la République démocratique du Congo. Sou­mise à diverses convoitises, au centre des enjeux régionaux et mondiaux, la RDC est le type même d’exemples qui ramène l’OIF à faire face aux enjeux mondiaux. C’est-à-dire, la démo­cratie et l’Etat de droit, la Gouvernance économique, l’En­vironnement et bien sûr la Lan­gue française.

Mais forte de sa propre expérience, le fait que Kinshasa pourrait abriter le XIIIème sommet, reste une occasion propice pour faire intervenir la dimension “ so­lidarité internationale dans l’espace francophone. Il est vrai qu’en ces moments diffici­les, la République démocratique du Congo, l’un des plus grands pays francophones du monde, n’a pas senti cette solidarité. Ce qui l’a poussé à chercher refuge, malgré elle, dans le bloc anglo­phone. Un bloc qui lui est “ naturellement hostile ”. Preuve : ce piège qui renforce ce complot contre la RDC. Un complot qui vise sa balkanisation pour ne pas jouer ce  rôle de leader qui lui revient “ tout aussi naturellement ”, en Afrique centrale et celle des Grands Lacs.

Le sommet de Québec, c’est la prise de conscience face à cette réalité géostratégique. Pour que la Francophonie ne soit plus un “ GLUB ”. Alors, Kins­hasa attend.

(SL/Milor/GW/Yes)

Le Potentiel