Adolphe Muzito a entamé jeudi 16 octobre 2008 les consultations en vue de la formation du prochain gou­vernement. Il s’est livré à cet exercice constitutionnel après avoir rencontré dans la matinée le Président de la Ré­publique. Selon des sources proches de la Primature, cette rencon­tre a permis au Premier ministre d’in­former les chefs des partis de la majo­rité présidentielle et alliés du quota qui leur est dans le futur gouvernement. Tour à tour, les témoins ont vu défiler le comité exécutif du PPRD, le parti pré­sidentiel qui obtiendra, selon certaines indiscrétions, 13 ministères; Olivier Kamitatu, le leader des Forces du re­nouveau qui regroupe en son sein l’ARC, le RCD-KML de Mbusa Nyamuisi et le PDC de José Endundo, Pierre Lumbi du MSR et Mobutu Giala de l’Udemo.

Les audiences se sont pour­suivies jusqu’à 23 heures 30’ pour re­cevoir d’autres chefs des partis et des nouvelles figures qui feront leur entrée au prochain gouvernement. On signale déjà que ce gouvernement comportera un effectif de 45 ministères. Les grands alliés de la majorité ont revu leurs am­bitions à la baisse en vue de permettre aux autres partis satellites et aux indé­pendants de trouver leur compte. Aux dernières nouvelles, contrairement à la déclaration incendiaire des députés de l’Est qui contestaient le profil du nou­veau Premier ministre face à la situa­tion actuelle, le PPRD, parti majoritaire de la coalition présidentielle a, dans une déclaration publiée hier, exprimé son soutien à Adolphe Muzito. Ce qui rassure l’opinion qui craignait assister à l’ouverture d’un nouveau front politi­que à Kinshasa au moment où le pays est déjà en proie au conflit armé dans sa partie Est.

Premier examen de passage

De l’avis de certains analystes, la composition du gouvernement reste une étape très importante pour le nouveau Premier ministre qui ne jouira pas d’un temps de grâce au regard des urgen­ces qui l’attendent. Le Premier ministre n’est pas un superman comme veulent le faire croire à l’opinion les députés de l’Est. La constitution du pays ne décrit ni le teint, ni la taille encore moins le sexe, la religion et l’appartenance ré­gionale et ethnique du Premier minis­tre que le Président de la république doit désigner par rapport à tel ou tel con­texte.

Mais ce qui importe pour le Pays est d’avoir un congolais qui sache mobilisé les énergies nationales et inter­nationales pour répondre aux attentes des 60 millions des congolais. Adolphe Muzito n’est pas un Technocrate, il l’est comme beaucoup d’autres noms cités pendant les tractations politiques après la démission d’Antoine Gizenga, l’expérience politique, il l’a pour avoir exercé, plusieurs fonctions politiques dans sa vie et surtout pour avoir milité aux côtés des lumumbistes de pre­mière heure. Diplômé en Economie in­dustrielle, Inspecteur des Finances, mi­nistre du Budget, Adolphe Muzito connaît mieux de l’économie congolaise que certains de ses frondeurs.

L’opinion nationale est témoin de l’ascension du Palu, un parti sans gros moyens, mais qui a su négocier son leadership avant pendant et après les élections. Et, c’est Adolphe Muzito et Godefroid Mayobo qui ont été au four et moulin à Lusaka à Sun City et au Grand Hôtel Kinshasa pour défendre les couleurs du parti aux côtés du patriarche Gizenga et faire échec à toute balkanisation du pays. Il n’y a donc pas de doute que le nouveau Premier ministre soit à la hauteur de né­gocier le retour de la paix dans l’Est du pays. Les préalables, comme ne ces­sent de le soutenir certains observa­teurs sont que le Premier ministre gou­verne comme Chef du gouvernement, et non pas comme figurant, et sache mo­biliser tous ses ministres autour d’un même idéal, la recherche de l’intérêt gé­néral. Cela évitera d’avoir des ministres qui estiment parce qu’ils sont membres de tel ou tel parti, ils n’ont des comptes à rendre qu’au Président de la Républi­que et non à Muzito.

Par rapport à la composition du gou­vernement, nombre d’analystes font savoir que la Primature sans les ministères -clés  risque d’être fatidique pour le Palu dont le quota serait de trois mi­nistères seulement. Pour réussir sa politique et imposer sa vision du gouver­nement, le Palu, parti du nouveau Pre­mier ministre devrait, selon certains observateurs, gérer soit les ministères de la Justice, le Budget et la Défense nationale, soit  les Finances, la Dé­fense et l’Intérieur soit encore le Bud­get, l’Intérieur et la Justice.

Cette mou­ture permettrait au Premier ministre de savoir contrôler la chaîne des dépenses, gérer efficacement la question de l’Est en assainissant la chaîne de com­mandement de l’armée et de traquer les jouisseurs et les dirigeants corrom­pus. La mouture paraît quelque peu utopique car la logique de la coalition veut que celui qui gagne plus au premier partage, accepte de perdre au second tour.

On ose croire que les cris d’alarme des députés et forces vives de l’Est, les cris de détresse des catégories socio­professionnelles, bref les aspirations profondes des Congolais seront au coeur de l’action de tout membre du prochain gouvernement.

(DN/Th/GW/Yes)

Martinaz Ngyaluka/La Référence Plus