Le nouveau Premier ministre récemment désigné fait déjà face à la fronde parlementaire curieusement et scandaleusement orchestrée par des représentants des alliés du regroupement de l’Alliance de la majorité présidentielle.

Rendez-vous manqué hier. Les consultations pour la formation du Gouvernement Muzito n’ont pas commencé comme prévu. A la place, c’est à des sons discordants qu’on assiste dans les différents état-majors politiques. Du déjà vu en RDC à chaque fois qu’il s’agit de mettre sur pied un nouvel Exécutif congolais.
Après avoir rencontré le chef de l’Etat lundi dernier, le nouveau Premier ministre Adolphe Muzito devrait débuter les consultations pour la formation du Gouvernement hier. Mais, aux dernières nouvelles, ce processus n’a pas été déclenché comme prévu. A quand la formation du nouveau Gouvernement congolais? Bon nombre d’observateurs se la posent cette question sans cesse. Surtout que la Rd Congo fait face à plusieurs fronts en ce moment (la guerre de Nkunda et consorts, la grève des infirmiers, de certains enseignants...).
Chefs des partis et des groupes parlementaires en guerre
A en croire des sources dignes de foi, on assisterait actuellement à un imbroglio au sein de l’AMP et alliés. En fait, les chefs des partis politiques et les chefs des groupes parlementaires n’émettraient pas sur la même longueur. Pour les chefs des partis politiques, la logique habituelle doit être de mise, à savoir que ce sont eux qui doivent être consultés et désigner, en fonction du quota imparti, ceux qui doivent faire partie du Gouvernement. Mais, les chefs des groupes parlementaires émettent un son discordant. Avec, en arrière-pensée, l’idée que seuls les élus doivent désormais prendre les postes ministériels, ils exigent d’être consultés par le Premier ministre Muzito.
Voilà donc qui entretient le blocage pour la formation de l’Exécutif national. Car, en fin de compte, malgré sa bonne foi, Adolphe Muzito ne sait pas qui consulter, surtout qu’il ne lui revient pas de s’immixer dans les affaires intérieures des partis politiques ou des groupes parlementaires. En fait, les députés qui investissent le Gouvernement ne veulent plus servir de marchepied face à ce qu’on qualifie de “gourmandise” des chefs des partis qui, bien souvent, demeurent en tête de listes pour la désignation des candidats ministres.
Joseph Kabila invite à décanter la situation
Une fois de plus, face à ce blocage au sein de la famille politique du chef de l’Etat, ce dernier est invité à décanter la situation en sa qualité d’autorité morale de l’AMP et alliés étant donné que les violons ne semblent toujours pas s’accorder. Quoi de plus normal dans un pays où, généralement, tout le monde est candidat y compris parfois ceux qui devraient jouer à l’arbitre. Car, lorsque ces derniers ne sont pas ouvertement candidats, ils se plaisent à parrainer des candidats. Ce qui est de nature à enterrer le climat de confiance. Face à ce tableau dicté par les intérêts des uns et des autres, seul Joseph Kabila peut donner des directives pour calmer la tempête qui s’annonce déjà.
(TH/GW/PKF)
Marcellin Manduakila/Forum des As
Last edited: 15/10/2008 16:16:05