L’actualité de pointe le week-end passé sur la nomination de Adolphe Muzito en qualité de Premier ministre succédant ainsi à Antoine Gizenga ne cesse d’alimenter la chronique dans tous les salons politiques et milieux intéressés.

Par cette nomination qui intervient bien des jours après la démission de M. Gizenga, les avis sont inexorablement partagés. Mille et une questions passent dans la tête des uns et des autres c’est-à-dire les tenanciers de différents courants politiques (Démocrates, centristes, libéraux, radicalistes, etc.). Mais seulement aux yeux d’une certaine opinion, la question, qui paraissait cornélienne et devait faire l’objet des tractations politiques les plus à vive polémique, soit pongée de la manière la plus simple possible dépasse les pêcheurs en eau trouble et autres opportunistes. A l’opposé des idéaux de conservatisme et d’une bataille rangée qu’entendait mener les acteurs de la coalition des acteurs politiques de la majorité présidentielle, le chef de l’Etat Joseph Kabila a usé de sagesse particulière confondant ainsi bon nombre de personnes.
Le cadre consensuel de l’AMP déboussolé
Si le départ de Gizenga était facile, son remplacement devenait cornélien tant les tares mieux les attitudes qu’ont toujours les politiciens congolais sur la course au pouvoir n’ont pas fait défaut. Le champ de la rumeur autour de la question était si fertile qu’au point que tel parti de la majorité s’apprêtait décidément et avançait à souhait son candidat.
Au parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie PPRD, à l’Union de Mobutistes UDEMO et à bien d’autres structures politiques de la majorité les empressements et zèle amer autour de la question se construisaient tellement que le cadre consensuel de l’AMP ne pouvait permettre une si juste et pratique approche devant résorber le vide politique à la primature en raison des intérêts égoïstes des uns et des autres.
Ce cadre consensuel des partis à la majorité présidentielle qui n’entendait pas traiter la question froidement en regardant au rétroviseur du passé pour reconsidérer, privilégier et promouvoir plutôt les acquis de l’alliance contractée qui faisait et accordait au Palu le droit au chapitre pour apprivoisement à sa solde de l’occupation de la primature ad acternam vitae, du moins pour tout ce quinquennat, s’est complu d’opter carrément pour d’autres approches, et telles de fauves bataillant pour le gibier, les tenanciers cadre consensuel présidentiel n’émettant pas à même longueur d’ondé.

Face à une éventuelle déflagration, la raison du goût sapientiel a animé carrément le chef de l’Etat qui n’a pas hésité de s’en tenir à l’esprit de l’alliance pour débourser le cadre consensuel de l’AMP par le maintien et la nomination d’un rejeton du parti Lumumbiste unifié.
La raison du choix
Pendant que les avis étaient divisés, l’opinion était hystérique, suspendue aux lèvres des politiciens qui débattaient jour et nuit de la question dans les médias. Un élan aura été promu par les occupants de l’hémicycle du palais du peuple (sénateurs et députés), les analystes politiques de tous bords et même par les parlementaires de la rue. Qui pouvait succéder à Gizenga au sein du Palu?
C’est la question qui a gagné les esprits. Si la désignation d’un Premier ministre dans les pays africains divisent toujours, même au sein de l’entité politique détentrice du pouvoir, au Palu, après certes un simulacre de tractations pro-domo, les choses sont allées comme sur des roulettes.
Sans s’entre-déchirer et vibrer au rythme des intérêts partagés, les rejetons de l’héritage politique de Lumumba, ont unanimement considéré la raison du choix. Cette façon d’opérer pour le Palu justifie une panoplie de postulats (discipline, amour mutuel, démocratie pratique).
Alliance respectée
En tout état de cause, la salve d’opinions distillées dans les salons politiques dégageant des pronostics aux allures transversales sur la désignation des grosses légumes de l’autrefois, s’est révélée un véritable coup d’épée dans l’eau et un ancrage chimérique.

Donc, les envolées oratoires, les calculs les plus sulfureux possibles des tireurs de ficelles n’ont servi qu’à une vaine rêverie. Le chef de l’Etat ne s’est pas permis le droit à l’erreur. S’élevant sur les sentiments et refusant de prêter le flanc aux penchants politiques rimant à la versatilité, Joseph Kabila a honoré l’alliance montrant par là sa grandeur d’esprit et son opiniâtreté à consacrer et canaliser les acquis démocratiques.
L’alliance respectée, la démocratie a gagné, le quinquennat ne connaît donc pas d’opacité de gestion au plan des rapports de force entre partis politiques constituant la majorité.
L’heure de la vérité approche
Qui entrera au gouvernement Muzito ou qui n’entrera pas pour ceux qui sont dehors, qu’en serait-il du sort des actuels ministres quand l’on sait que les réservistes sont de plus en plus impatients pour faire éventuellement leur entrée dans le gouvernement en gestation.
L’heure de la vérité en tout cas approche et réserve des surprises bonnes ou mauvaises selon le cas, le tout dépendra décidément des enjeux qui seront cristallisés autour de la formation du gouvernement Muzito attendu par tous.
(SL/Th/GW/Yes)Edo Vilu/Uhuru