La guerre reprend de plus belle dans le district de l’Ituri, en province Orientale où des groupes armés renaissent sur les cendres des premières milices maîtrisées par les efforts gouvernementaux conjugués à ceux de l’Union européenne (Artemis) et des Casques bleus de la Monuc.

A ce jour se signale déjà la milice dénommée Front populaire pour la justice au Congo. Comment peut-on comprendre la brusque reprise des hostilités d’une ampleur déterminante avec des armes sophistiquées ? Les nouveaux seigneurs de guerre qui se sont manifestés dans l’Ituri sont loin d’être Congolais, sauf à être de simples porteurs de masques afin de permettre aux pyromanes de restituer à cette guerre une identité congolaise. Rôle qu’avaient joué dans un passé récent. Thomas Lubanga. Germain Katanga et pour lequel ils mettent en péril leur jeunesse et leur vie à La Haye.
Pour avoir trempé dans une guerre dont ils ne contrôlaient ni les troupes ni les objectifs,leur séjour à la Cour pénale internationale a dissuadé plus d’un Congolais à se prêter à une aventure aussi périlleuse.
Qui tire les ficelles en province Orientale ? Toutes les données en présence démontrent que les autorités ougandaises ne sont pas innocentes dans la résurgence de ces conflits. La nouvelle milice vient de l’Ouganda où elle a été financée, armée et entraînée, selon différentes sources. L’alliance Kagame-Museveni contre la Rdc serait relancée par le fait que les Cléments Cndp de Nkundabatware seraient partie prenante dans cette résurrection de la guerre dans l’Ituri.
Pourquoi Museveni qui paraissait plus habile que Kagame dans le règlement pacifique des différentes crises des Grands Lacs, il fait brusquement un retour en arrière ?
Un recul superficiel dans la récente histoire du pays exhume le souvenir tragique de deux entreprises pétrolières dans la tragédie vécue en Ituri depuis 2002. Il s’agit de Tullow Oil et Héritage, deux multinationales d’origine britannique exploitant le pétrole du lac Edouard au profit de l’Ouganda et qui n’étaient pas parvenues à placer le voile sur leur soutien déterminant aux troupes ougandaises dans leurs aventures en Rdc. Comme elles ont instrumentalisé des Congolais organisés en milices pour s’entretuer et ainsi maintenir le climat trouble, propice à l’exploitation des ressources minières et forestières au profit des officiers ougandais.
Selon des informations dignes de foi, le refus du gouvernement congolais de céder à ces deux nébuleux puits pétroliers congolais sur le lac Edouard trouverait ses racines dans ce douloureux souvenir. A la détermination du gouvernement de la République à flirter avec une entreprise sud-africaine, Tullow Oil n’avait pas hésité à affirmer sa détermination à ne point se laisser faire, menaçant de saisir des institutions judiciaires pour des droits qu’elle aurait acquis. L’interpellation du ministre des Hydrocarbures à l’Assemblée nationale transpirait le complot de ce consortium, avaient affirmé des sources à cette époque, Lambert Mende ayant pris le fanion du refus de convoler avec les entreprises de la mort.
Pour avoir perdu terrain politique, et incertaines de sortir tête haute dans une confrontation judiciaire contre les juristes congolais, les deux entreprises ont choisi de caresser la voie qui les convient le mieux et par laquelle elles obtiennent des marchés à travers la planète : la guerre. Du forcing pour incliner les autorités congolaises à leur rétrocéder le marché d’exploitation des puits congolais pour laquelle elles ont certes énormément dépensé ... au profit des Ougandais.
Cela justifie le soutien, ou du moins le quitus passif du pouvoir ougandais à cette aventure en dépit de l’amélioration avancée de relations avec le pouvoir de Kinshasa.
Cette affaire rappelle aussi celle à la base de la guerre de 1998 quand la puissante multinationale d’origine britanico-austalienne Russel Resource Group qui avait des attaches auprès de Museveni, n’avait pas réussi face à Ashanti Goldfiel le marché de l’or de Kilo Moto. Le Mlc était né des entrailles de Museveni à la suite de cette affaire de l’or de Kilo Moto. Que nous réserve le nouveau conflit à l’odeur du pétrole ? Affaire à suivre.
(SL/PKF/GW/Yes)J.F./T.L./La République