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Bonjour | 03/12/2008 0:40 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’Union européenne (UE) et la Conférence épiscopale du Congo se sont fortement émues lundi des combats opposant l’armée aux rebelles de Laurent Nkunda dans l’Est de la République démocratique du Congo, l’UE craignant même de nouveaux massacres massifs dans la région. Parlant au Luxembourg, le ministre français des Affaires Etrangères Bernard Kouchner, dont le pays préside l’Union européenne, a dénoncé en termes vifs la situation “ intenable et meurtrière ” dans l’Est de la RDC. “ Il faut sonner l’alarme. La situation redevient intenable et meurtrière (...) Tout est à nouveau dans le chaos ”, a déclaré le ministre à l’issue d’une réunion avec ses homologues de l’UE à Luxembourg.

“ Nous redoutons qu’à nouveau des massacres massifs, effrayants ne reprennent dans cette partie de l’Est et le Kivu, a-t-il ajouté, décrivant des réfugiés par centaines de milliers qui vont d’un village à l’autre et se font attaquer à chaque village ”. Evoquant une possible attaque du général rebelle, le ministre a également accusé Kigali et Kinshasa d’alimenter le conflit. De son côté, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) s’est dit profondément préoccupé par cette situation.

Dans une déclaration écrite transmise à l’AFR, la plus haute instance de l’Eglise catholique en RDC condamne la reprise des hostilités et craint que “ ces guerres ne soient une manière de concrétiser le plan de balkanisation du pays par la création des Etats nains ”, indique le secrétaire général de la Cenco, l’abbé Léonard Santedi. La Cenco craint également que “ ces guerres récurrentes dans la région de l’Est et du nord-est ne deviennent un paravent pour couvrir le pillage des ressources naturelles.

Ces hostilités sèment de nouveau la désolation et le deuil dans le pays. Les conséquences sont énormes : encore des milliers de morts, des populations condamnées à l’errance dans des conditions inhumaines, des enlèvements d’enfants et leur enrôlement de force dans des groupes armés, déplore la Cenco.

Pour l’Eglise catholique, il s’agit d’un véritable drame humanitaire qui ne peut laisser personne dans l’indifférence. La Cenco invite la communauté internationale “ à prendre des mesures effectives et efficaces (...) pour obliger les bandes armées à respecter les actes d’engagement auxquels elles ont souscrit ”.

Ci-dessous l’intégralité du message des évêques catholiques.

Déclaration de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) sur la reprise des hostilités dans l’Est et le nord-est de la RdCongo

1. La Conférence Episcopale Nationale du Congo est profondément préoccupée par la reprise des hostilités à l’Est et au Nord-Est de la RD Congo. Ces hostilités sèment de nouveau la désolation et le deuil dans le pays. Les conséquences sont énormes : encore des milliers de morts, des populations condamnées à l’errance dans des conditions inhumaines, des enlèvements d’enfants et leur enrôlement de force dans des groupes armés, etc. Bref, un véritable drame humanitaire se déroule sous nos yeux et ne peut laisser personne dans l’indifférence. Nous nous demandons: Pourquoi cette reprise des hostilités alors que des avancées significatives ont été réalisées avec la signature de l’Acte d’engagement de Goma ? Jusques à quand notre terre doit-elle continuer à s’abreuver du sang de ses fils et filles?

2. La CENCO condamne avec véhémence cette manière ignoble de considérer la guerre comme un moyen pour résoudre des problèmes ou assouvir des ambitions inavouées. Elle dénonce tous les crimes commis sur de paisibles citoyens et condamne, en outre, de la manière la plus absolu, le recrutement des enfants aux fins de les impliquer de force dans les hostilités. Elle désapprouve fermement la prise en otage de la population civile et son utilisation comme bouclier humain.

3. La CENCO craint que ces guerres récurrentes dans la région de l’Est et du Nord-Est ne deviennent un paravent pour couvrir le pillage des ressources naturelles. Car on se bat là où¸ il y a des richesses que l’on exploite et voudrait continuer à exploiter illégalement. Elle craint également que ces guerres ne soient une manière, à peine voilée, de concrétiser le plan de balkanisation du pays par la création des “ Etats nains ”. La Conférence Episcopale Nationale du Congo ne rappellera jamais assez que l’intégrité territoriale, l’intangibilité des frontières et l’unité nationale de la RD Congo ne sont pas négociables.

4. Aussi la CENCO attire-t-elle l’attention des Institutions compétentes de notre pays sur la gravité de ces guerres et leurs conséquences pour l’unité du pays et le devenir de la nation. Elle invite instamment le nouveau Premier ministre ainsi que le Gouvernement qu’il formera à traiter sans complaisance ce dossier. Elle les exhorte à considérer comme priorité des priorités la tâche urgente du rétablissement total de la paix dans le pays et de la sauvegarde de son unité par la constitution d’une armée républicaine à même de protéger ses frontières et sa population. Ils prendront à coeur de travailler à restaurer l’autorité de l’Etat, à faire respecter les Institutions issues des élections et l’Acte d’engagement de Goma. Le peuple jugera ses gouvernants sur leur capacité à donner une réponse pertinente et définitive à ces grands défis.

5. La CENCO remercie la Communauté internationale de sa condamnation presque unanime des rebellions. Par-delà cette condamnation, elle l’invite à prendre des mesures effectives et efficaces et - elle en a les moyens - pour obliger les bandes armées à respecter les actes d’engagement auxquels elles ont souscrit. De cette façon, elle dissuadera toute velléité d’atteinte à l’intégrité de notre territoire national. Toutes les puissances, les multinationales, les Grands Lacs, etc. bref, tout le monde gagnera avec un Congo en paix plutôt qu’un Congo en guerre.

6. La CENCO reste attachée à la promotion de la paix, mais elle est convaincue qu’il n’y a pas de paix sans justice. L’impunité encourage de nouvelles velléités insurrectionnelles. La paix, en effet, n’est pas simplement l’absence de guerre ni même un équilibre stable entre les forces adverses, mais elle se fonde sur une conception correcte de la personne humaine et requiert l’édification d’un ordre social selon la justice et la charité. C’est le sens de la paix que le Christ a laissée à ses disciples : “ je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ” (Jn 14, 27). C’est aussi le sens de l’appel que le Souverain Pontife Benoît XVI a lancé en faveur du Nord-Kivu à l’Angélus du dimanche 12 octobre 2008.

7. La Conférence Episcopale Nationale du Congo souhaite que cet appel à la paix soit entendu par tous pour que la population de la RD Congo tout entière mène une existence calme et paisible. Le peuple de Dieu, les hommes de bonne volonté, les Eglises soeurs et les organisations caritatives sont invités à se montrer plus solidaires et plus compatissants aux souffrances de nos frères et soeurs victimes de ces guerres.

8. Puisse le Seigneur inspirer les pensées et les actions de tous pour la victoire de la paix et l’engagement dans l’oeuvre de reconstruction d’un Congo de justice et de fraternité.

Fait à Kinshasa, le 13 octobre 2008

(SL/Th/GW/Yes)

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Last edited: 14/10/2008 15:54:22

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