M. Jean-Claude Masangu Mulongo, gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC) et président du Groupe intergouvernemental des vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement a présidé le 10 octobre 2008 à Washington la 80ème réunion de son institution.
C’était en marge des assemblées annuelles de la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Par rapport à la situation économique et financière mondiale, les ministres notent que l’aggravation de la crise financière qui a pris naissance dans les marchés matures met l’économie mondiale dans la situation la plus difficile qu’elle ait connue depuis des années.
Les ministres appellent à une riposte globale pour remédier aux difficultés des marchés financiers et rétablir la confiance des marchés.
À cet égard, les ministres soulignent la nécessité d’une réforme fondamentale des cadres de réglementation et de contrôle, ainsi que le besoin de règles de comptabilité plus claires et de transparence. Bien que, en tant que groupe, les pays en développement aient relativement bien résisté, jusqu’ici, aux chocs actuels en raison de la solidité de leurs paramètres économiques fondamentaux et de la qualité de leurs politiques économiques ainsi que des marges de sécurité financière constituées ces dernières années, les ministres notent que bon nombre de marchés émergents et d’économies en développement ne sont pas à l’abri des retombées de la crise financière mondiale en cours, et que certains sont plus touchés que d’autres.
En conséquence, les ministres considèrent que les priorités essentielles des pays en développement sont d’empêcher que les retombées de la crise financière n’entraînent une volatilité macroéconomique et de favoriser la poursuite de la croissance.
La nécessité de réformer les institutions de Bretton Woods
Abordant la question de la réforme des institutions de Bretton Woods, les ministres observent que la crise économique actuelle montre qu’il est urgent de revigorer le système multilatéral et de faire en sorte que les réalités de l’économie mondiale se reflètent dans la gouvernance économique des institutions multilatérales. À cet égard, ils se félicitent de l’appel du président de la Banque mondiale, R. Zoellick en faveur d’un nouveau multilatéralisme qui dépasse le cadre financier et commercial traditionnel pour englober aussi les défis planétaires pressants du développement, de l’énergie et du changement climatique. Les Ministres accueillent favorablement et appuient fortement la création, en faveur de l’Afrique subsaharienne, d’un 25ème siège d’administrateur au conseil du Groupe de la Banque mondiale, qui réduirait très sensiblement le nombre de pays représentés par chacun des Administrateurs élus de la région, et par conséquent la charge qu’ils supportent.
Concernant le développement et le changement climatique, les ministres observent que le changement climatique est un enjeu de portée mondiale qui exige la plus vaste coopération possible entre tous les pays afin de permettre une riposte efficace et appropriée au plan international, fondée sur le principe des responsabilités communes mais différenciées, ainsi que sur les capacités respectives de chacun. Ils soulignent que, même si le Groupe de la Banque mondiale peut jouer un rôle important dans ce domaine sans s’écarter de sa mission de développement, la Convention-cadre sur les changements climatiques (CCCC) et le protocole de Kyoto doivent rester le cadre multilatéral central de la coopération sur les questions climatiques, et le financement des mesures dans ce domaine doit suivre les dispositions des articles 3 et 4 de la CCCC.
Financement du développement
Les Ministres notent que la Conférence internationale sur le financement du développement organisée par le gouvernement du Qatar est une occasion importante de réaffirmer et renforcer - à un moment clé de l’action menée pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) - les engagements pris en 2002 à Monterrey.
Les Ministres relèvent une amélioration du cadre du financement du développement au cours des six dernières années, principalement grâce à une nette progression de l’épargne intérieure dans les pays en développement, mais aussi en raison de l’expansion soutenue du commerce mondial, de flux de capitaux privés records, de l’accroissement des envois de fonds, de la diminution du fardeau de la dette, notamment dans les pays pauvres très endettés, et de la reprise de l’aide publique au développement après une période de fléchissement. La prochaine réunion du G24 va se dérouler le 24 avril 2009 à Washington. Et c’est l’Afrique du Sud qui assurera la 2è vice-présidence.
(CL/Yes)L’Avenir
Last edited: 13/10/2008 18:10:39