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Bonjour | 02/12/2008 23:55 | English Make DC Home page | RSS feed

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La République démocratique du Congo vient de boucler, par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, son mandat d’une année à la présidence du Groupe inter- gouvernemental des pays en développement (G24). Au terme de son mandat, Jean-Claude Masangu Mulongo a livré ses impressions à la presse, se montrant “optimiste ” quant à la conclusion d’un nouvel accord avec le FMI dans les tout prochains jours. “C’est juste un problème de timing”, a-t-il déclaré. “ C’est dans un contexte particulièrement difficile que la République démocratique du Congo doit activer ses discussions avec les services du Fonds monétaire international pour continuer à prétendre au point d’achèvement de l’initiative d’annulation de la dette en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

Après la crise alimentaire et énergétique, c’est aujourd’hui la crise financière qui a volé la vedette des assemblées d’automne du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, ouvertes officiellement le vendredi 11 octobre à Washington D.C. La RDC n’est pas épargnée par cette crise financière. Bien au contraire, il faut aménager de l’intérieur un mécanisme bien intégré pour que les effets de cette crise ne puissent pas hypothéquer les efforts de stabilisation économique que mène le gouvernement dans le cadre notamment du Programme suivi par les services du Fonds monétaire international. C’est le point de vue défendu, depuis Washington, par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Jean-Claude Masangu.

“ Malgré la faible interconnexion des économies des pays en développement dans le vaste système financier international, il a fait savoir que ces pays ne seront nullement épargnés par le choc dû à cette crise. “ Les pays du tiers-monde vont certainement subir des effets retard, mais ils ne doivent pas par conséquent croiser les bras, en se disant que cette crise ne les concerne pas. La hausse des prix des denrées alimentaires, la hausse des prix du pétrole, mais aussi des perturbations des cours des matières sont autant de domaines dans lesquels la crise peut se sentir dans ces pays ”, a indiqué le gouverneur Masangu. “ C’est pour dire que tout le monde est concerné par cette crise, à des degrés différents certes. C’est le cas des pays africains qui ne sont pas tous au même niveau, car d’autres qui sont producteurs du pétrole et d’autres qui ne le sont pas ”, a noté, par ailleurs, Jean-Claude Masangu, président sortant du G24, en marge de ses assemblées du Groupe intergouvernemental des pays en développement.

Les défis de Muzito

“ Dans le même temps, le gouverneur Masangu n’a pas manqué de saluer la nomination depuis le vendredi dernier d’un nouveau Premier ministre, en remplacement d’Antoine Gizenga. “ La nomination d’Adolphe Muzito, ancien ministre du Budget, doit nous aider à amorcer, avec courage, comme l’a souligné le président dans son dernier message à la Nation, les grands chantiers de la reconstruction ”, a-t-il déclaré. “ Les défis de la reconstruction sont énormes, mais je suis convaincu que rien ne nous empêche de les atteindre pourvu qu’on garde le cap des réformes ”, a stigmatisé le gouverneur de la Banque centrale du Congo. Revenant sur les discussions avec le Fonds monétaire international pour la conclusion d’un nouvel accord de coopération au titre de la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, voie obligée pour prétendre au point d’achèvement à l’initiative PPTE, Jean-Claude Masangu s’est montré optimiste. “ Aujourd’hui, l’aboutissement de nos discussions avec le FMI est juste une question de timing ”, a-t-il déclaré.

“ Par rapport aux discussions que mènent depuis quelque temps la RDC avec les services du FMI pour aboutir à la conclusion d’un nouveau programme triennal, la délégation congolaise, présente en RDC, a eu sur place à Washington des contacts directs avec le FMI. Si rien n’a filtré de ces discussions, il se dégage des informations recueillies dans les couloirs du FMI que les contrats chinois continuent toujours à être le point de blocage des négociations. L’impact macro-économique de ces contrats chinois, son influence sur la soutenabilité de la dette sont autant de points sur lesquels butent depuis toujours ces négociations.

“ Ce point a fait l’objet de l’entretien que le ministre sortant des Finances, Athanase Matenda Kyelu a eu, vendredi dernier dans les locaux du FMI, avec sa directrice pour la région Afrique, Antoinette Sayeh.

“ Au terme de ces contacts, la délégation congolaise a promis d’en faire part ce lundi, à la clôture officielle de ces assemblées d’automne de la Banque mondiale et du FMI. Toujours est-il que l’optimisme est permis – selon des sources officielles – dans la poursuite des discussions pour l’aboutissement des discussions en vue d’un nouvel accord avec le FMI ; Il faut dire que la signature d’un nouveau programme avec le FMI est le passage obligé pour la RDC de relancer sa course vers le point d’achèvement de l’initiative PPTE.

La révolte africaine

“ Au-delà de tout ce qui porte sur la RDC, ces assemblées annuelles – qui se tiennent à un moment où le monde est menacé par ce qu’on appelle désormais le “ triple F : food, fuel et finance, c’est-à-dire la crise alimentaire, énergétique et financière – ont été également une occasion pour les pays en développement, en général, et africains, en particulier, a révélé clairement leurs frustrations. Dans un point de presse qu’ils ont animé samedi dernier, les ministres des Finances du Kenya, du Cameroun et de la Gambie, n’ont pas caché leur amertume face à cette crise dont les auteurs sont connus. Nous autres Africains, avec nos économies peu intégrées dans le système financier international, ne ressentons pas cette crise de la manière que les pays développés. Mais, cette crise doit être pour nous Africains une réelle opportunité pour nous ressaisir et réorienter nos économies vers la production, seule manière de faire face aux chocs extérieurs que pourrait amener cette crise financière ”, a fait savoir le ministre Kenyan des Finances. “ Ce n’est pas nous qui avons créé cette crise”, collègue de la Gambie. Plus pragmatique encore, le ministre camerounais des Finances a dit ne rien attendre de ces assises pour aider l’Afrique.

“ Notre seule chance de survie est de produire davantage pour nous émanciper de la présence permanente de ces institutions financières internationales. Il faut voir comment le monde se mobilise pour contrer les effets de la crise financière, mais qu’est-ce qui a été fait jusque-là pour aider l’Afrique ? Pas grand-chose par rapport à tout ce qui est engagé comme montant pour sauver le système financier occidental en péril ”, a dit, dans un ton révoltant, l’homme d’Etat camerounais.

(SL/PKF/GW/Yes)

Faustin Kuediasala/Le Potentiel

Last edited: 13/10/2008 18:51:40

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