En dépit de son irruption politique au ministère du Budget dans le gouvernement Gizenga, le nouveau Premier ministre apparaît, certes, une figure nouvelle projetée au-devant de la scène politique, alors qu’en réalité il est un compagnon de longue date actif dans l’ombre au Palu

Le roi est mort, vive le roi ! Ainsi peut se résumer l’ accession d’Adolphe Muzito à la Primature. Proche parmi les proches et fidèle d’entre les fidèles, le nouveau Premier ministre est le fils idéologique du patriarche Gizenga. Itinéraire d’un quinquagénaire qui a fourbi ses armes... politiques à l’ombre du chef historique du Palu.
A La lisière du mi-mandat, Le Raïs jette son dévolu sur Adolphe Muzito. L’ancien ministre du Budget devient ainsi l’un de principaux personnages de l’Etat congolais. Le vendredi 10 octobre 2008, c’était un jour de gloire pour Adolphe Muzito. Sa modestie légendaire était mise à rude épreuve. Coup de destin ? Sans nul doute. Tant il n’est pas donné à tout le monde d’accéder à la haute charge gouvernementale.
Nomination surprise ? Pas vraiment pour qui connaît l’itinéraire de ce quinqua et surtout les arcanes du Parti lumumbiste unifié (Palu).
Lorsqu’il s’installe mars 2007 au quatrième niveau de l’immeuble Alhadef, Adolphe Muzito n’est pas du tout dépaysé. Car, les finances publiques n’ont pas de secret pour lui. Licencié en économie de l’Unikin, Adolphe Muzito n’a évolué que dans le monde des finances. Il a fait notamment partie des jeunes inspecteurs de finances qui avaient fait la pluie et le beau temps sous l’autorité du très regretté Kazumba. Toute une référence.
De fait, les premiers pas de Muzito comme ministre du Budget ont été révélateurs de sa maîtrise, du secteur. On est loin de l’essai-erreur caracteristique de ces ministres parachutes que les Congolais avaient découverts dans la foulée du triomphe afdélien. Les experts nationaux comme étrangers se sont retrouvés devant un ministre du Budget qui parle avec aisance non seulement leur langage, mais aussi leur langue : celle des chiffres. La postérité retiendra aussi que c’est sous Muzito que le budget de l’Etat congolais refranchira La barre d’un milliard.
Parallèlement à sa carrière d’expert en finances, Adolphe Muzito, originaire du très révolutionnaire Kwilu ne pouvait rester insensible aux sirènes du nationalisme lumumbiste. Pour cet économiste éclectique et manqué à gauche, La voie est toute tracée.
Le Palu est plus qu’un parti. C’est tout un référent. Toute une vie et même tout un mythe. Surtout lorsque dès son jeune âge, un nom mythique résonne journellement comme en écho. Ce nom c’est Gizenga vénéré dans tout le Kwango-Kwilu comme l’icône de la lutte pour l’idéal nationaliste.
D’ethnie pende et originaire de Gungu comme le monument vivant Gizenga, et surtout de culture progressiste Muzito avait vocation à adhérer au Palu. Au retour triomphal d’Antoine Gizenga début des années 90, le jeune Muzito n’est certes pas encore en vue. Mais il est déjà dans l’ombre d’Antoine Gizenga. L’intendance et même l’idéologie. Le Palu vit ses années Pakasa. Cette dame qui avait défié le régime Mobutu en plein Kinshasa ! Outre Thérèse Pakasa, Pr Izia et le très médiatique Gérard Gifuza revenu de France portent la bonne parole du chef du Palu. Par la suite, la longue transition mobutienne réservera des tortures diverses aux acteurs politiques. Le Palu perdra celui qui passait pour le préféré du vieux leader : Gérard Gifuza gagnera le gouvernement Kengo.
Crime de lèse - idéologie pour ce parti très, cheval sur les principes Gifuza signait son auto-éjection. Avec le départ du volubile Gifuza, la garde rapprochée d’Antoine Gizenga voit la montée en première ligne d’un tandem qui sera de tous les rendez-vous du Palu : le duo Muzito -Mayobo. Deux produits de l’Unikin, -formés à la belle époque- et surtout deux quadra (dans les années 90) arrives au Palu non par opportinisme1 male par conviction. C’est avec ses deux disciples que le patriarche va livrer et emporter ses batailles décisives Sun City avec à la clé la participation historique du Palu aux élections générales. Une grande victoire pour ce parti dont L’un des objectifs était à de faut de renouer avec l’ordre constitutionnel légitime de 1960, de remettre le pouvoir au peuple. Et comme cerise sur le gâteau, le Palu se trouve en situation d’arbitre pour la présidentielle. On connaît la suite. Et même l’accord AMP-Palu porte entre autres griffes le duo Muzito.
Alors, Muzito, homo novus ? La réponse est donc non. Loin de n’être qu’un technocrate -ce qui n’est déjà pas rien- le nouveau Premier ministre est sur La brèche politique des le come-back de Gizenga. S’il était à l’image d’autres jeunes turcs de la transition Mobutu, il aurait été ministre depuis longtemps. S’il avait fait l’impasse sur ses convictions, -comme c’est fréquent au Congo-Zaïre -il aurait sans doute créé un parti et s’affubler du titre de “président”. C’est cela aussi L’expérience sous les tropiques.
Reste qu’expérimenté ou pas, expert ou pas, le Premier ministre sera jugé à la une de sa capacité à relever les défis qui se posent au pays. Au premier rang desquels le social
(DN/Yes/GW/Yes)José Nawej/Forum des As
Last edited: 13/10/2008 18:45:49