Les relations belgo-congolaises sont actuellement caractérisées, d’une part, par une énième brouille entre la Belgique et la République démocratique du Congo et, d’autre part, par la volonté d’établir une coopération entre les deux pays.

C’est ainsi que, conformément à l’un des volets de son objet social, qui consiste à créer un cercle de réflexion au sein duquel ses membres auront à discuter et à réfléchir sur les questions culturelles, scientifiques et toutes autres ayant trait à la vie nationale, 1’Amicale des Congolais anciens de Belgique (AMABEL), association que préside M. Heva Muakasa, a organisé une conférence-débat le samedi 11 octobre 2008 au Centre Wallonie-Bruxelles. “ Les relations économiques ” commerciales belgo-congolaises : bilan et perspectives, tel est le thème exposé par M. Jérôme Roux et le professeur Evariste Mabi Mulumba, respectivement conseiller économique et commercial de l’ambassade de Belgique à Kinshasa et sénateur.
S’attardant sur le présent et les perspectives d’avenir, Jérôme Roux a indiqué que les relations belgo-congolaises sont asymétriques. Pour la Belgique, a-t-il précisé, ses exportations vers la République démocratique du Congo sont de l’ordre de 300 millions d’euros. Quant à l’importation, elle est très infine.
S’agissant des investissements belges en République démocratique du Congo, il a cité quelques entreprises, notamment Orgaman, Groupe Forrest, Chanic, Brussels Airlines, les Transitaires, etc. Mais, du fait que les produits belges proviennent de petites et moyennes entreprises, la présence de la Belgique en RDC est limitée, a-t-il fait savoir.
Dans les perspectives, Jérôme Roux estime que la Belgique doit surtout promouvoir l’investissement direct étranger en RDC. Et ceci, dans, une optique de développement durable.
Transcender les sautes d’humeur
Comment financer son activité en RDC ? Il y a, avance le diplomate belge, les appels d’offre émis par les bailleurs de fonds publics ; le Centre de développement de l’entreprise (CDE) offre également des financements pour les études de faisabilité et la formation lors d’un transfert de technologies. Il y a aussi la Banque de développement belge (BIO), les partenaires privés belges ou étrangers, y compris le réseau des congrégations religieuses et les micro-crédits.
Pour le professeur Evariste Mabi Mulumba, rien de durable n’est possible dans ce qu’on entrevoit, si on ne prend pas en compte les relations politiques et historiques qui unissent la Belgique et la République démocratique du Congo.
Surtout que, depuis longtemps, la situation évolue en dents de scie, avec comme motifs : la nationalisation de l’ex-Union minière du Haut-Katanga, la zaïrianisation et la rétrocession qui est presque impossible, parce que les acquéreurs ont tout pillé de ce qu’ils ont hérité.
Le professeur Mabi s’est alors posé la question de savoir si l’homme d’affaires belge est prêt à se lancer dans une opération sans se référer à son gouvernement comme parapluie.
Enfin, il a invité la RDC et la Belgique à faire un effort surhumain pour transcender leurs sautes d’humeur.
(SL/PKF/GW/Yes)Véron-Clément Kongo/Le Potentiel
Last edited: 13/10/2008 18:55:02