L’équipe gouvernementale que le nouveau Premier ministre est appelé à diriger est unanimement donnée un exécutif de défi au regard des tâches herculéennes qui l’attendent pour remettre sur les rails bien de situations dérapantes dans un contexte où le droit à l’erreur n’est plus permis

A situation exceptionnelle, des mesures exceptionnelles. A situation exceptionnelle, un gouvernement tout aussi exceptionnel. En tout cas, pas n’importe quel gouvernement. Conséquent avec lui-même, le président de la République n’a pas voulu faire grand mystère de la nature de ce gouvernement et de missions qu’il entend lui confier.
L’heure est grave. La RDC fait face à une situation sécuritaire extrêmement préoccupante dans sa partie orientale. Face à une aussi grave menace, Joseph Kabila tient à ce que le nouveau gouvernement soit un “ gouvernement des missions ”. Des missions à la dimension de la situation que le pays traverse non seulement au plan sécuritaire, mais aussi sur le terrain économique et social.
Il s’agit, en fait, d’un packadge de missions et d’une montagne de défis qui requièrent des hommes d’un genre nouveau. Car, il est question ici d’aligner une équipe bien aguerrie et qui va au front avec des objectifs bien définis et une obligation de résultats. “ Sinon, ça ne vaut pas la peine ”, avertit-on déjà au niveau de l’opinion publique.
A travers le message qu’il a adressé, jeudi, à la Nation, le président de la République a donné les grands traits de ces missions. Il a, en quelque sorte, fait le job description de la nouvelle équipe gouvernementale. “Dans les heures qui viennent, je vais désigner un nouveau Premier ministre et le charger de former un gouvernement des missions”, a-t-il annoncé. Avant d’expliciter : “Face aux défis de l’heure, j’attends de ce gouvernement qu’en priorité, il mette fin aux poches résiduelles d’insécurité à l’Est du pays et rétablisse l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire national”.
Une autre mission. Joseph Kabila attend du nouveau gouvernement qu’il “œuvre sans relâche à l’accélération de cinq chantiers de la République, mettant à profit les ressources financières et les équipements déjà mobilisés”. Ici comme là-bas, le président de la République ne s’embarrasse pas de circonlocutions. Le gouvernement, ordonne-t-il, “devra donc rapidement apporter des réponses appropriées aux attentes de la population... ”. Sous quelle forme le chef de l’Etat voudrait-il voir cette amélioration se réaliser ? Il le dit sans ambages : “En termes d’amélioration des conditions salariales et de vie et produire sur le terrain les résultats concrets, mesurables en nombre de bornes fontaines, de micro centrales électriques, de nouvelles écoles, d’hôpitaux et de kilomètres de routes construites et mises en service…”.
Désormais, on sait exactement ce qui attend les futurs “missionnaires”. Désormais, on en sait davantage sur l’ampleur de la tâche qui va reposer sur les “frêles ” épaules du successeur de Gizenga et de tous ses ministres. Dans tous les cas, il ne va pas s’agir d’une partie de plaisir, car tout est herculéen. Tout est colossal… Alors, question à un champion : de quels atouts les futurs “ missionnaires ” vont-ils se munir pour pouvoir affronter avec succès tous ces défis ? En attendant la réponse, le président Joseph Kabila a déjà annoncé les couleurs lorsqu’il dit, dans son message à la Nation, que le nouveau gouvernement “est…tenu d’agir en profondeur et dans l’urgence”, surtout que “le temps lui est compté” et qu’ “il n’a pas droit à l’erreur”.
(DN/Th/GW/Yes)Le Potentiel
Last edited: 11/10/2008 14:11:21