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Bonjour | 03/12/2008 0:19 | English Make DC Home page | RSS feed

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Depuis la démission du Premier ministre Antoine Gizenga, le 25 septembre 2008, l’opinion nationale est suspendue aux négociations politiques, lesquelles sont couvertes du secret d’Etat. Les informations filtrant de ces négo­ciations étant inaccessibles. La po­pulation se trouve contraint de se contenter des informations parfois contradictoires les unes des autres provenant des médias tant natio­naux qu’internationaux.

Le jeudi 9 octobre 2008. Le pas totalisera exactement quatorze jours, soit deux semaines pleines. depuis que le gouvernement, par l’entremise du Premier ministre, a cessé de s’occuper de la charge qui lui était imposé de gérer l’Etat congolais. Dans la vie d’une na­tion deux semaines sans interlo­cuteurs valables, capables de pren­dre langue avec les différents par­tenaires sociaux. C’est à la fois peu et beaucoup.  Si on fait le parallélisme avec les autres pays euro­péens, africains ou même asiati­ques comme le Liban, il n’y a pas lieu de crier au feu dans la me­sure ou certains pays ont eu à vivre sans gouvernement beaucoup plus longtemps que nous. La Belgique est allée même jusqu’à six mois sans Premier ministre.

A première vue, l’absence d’un Premier ministre donc d’un gou­vernement légal, ne peut pas po­ser trop de problèmes dans la première vue, l’absence d’un Premier ministre donc d’un gou­vernement légal dans la mesure où dans un pays moderne, le vide n’existe pas car la transi­tion est toujours assurée au nom de la théorie de la gestion des af­faires courantes. Dans un pays organisé, où les choses se règlent automatiquement, le peuple ne sent même pas le moindre soubre­saut des querelles politiciennes an sujet de la désignation d’un ani­mateur du gouvernement. Ensuite, au nom du principe de la sépara­tion des pouvoirs, chaque pouvoir est indépendant. Le fonctionne­ment d’un pouvoir ou son dysfonc­tionnement ne peut en principe affecter le fonctionnement des autres institutions.

Si la Rdc n’était pas un pays où tout est à reconstruire, on ne voit pas pourquoi les longues né­gociations politiques actuelles nui­raient au pays en termes de ges­tion quotidienne. c’est-à-dire le paiement des fonctionnaires, des fournisseurs, etc. Mais les réali­tés de notre pays sont telles que les deux semaines passées sans gouvernement inquiètent à plus d’un titre. D’abord, il faut souli­gner le fait que la Rdc, sortant d’une longue période de transition, est en train de peaufiner son ar­chitecture institutionnelle. En ef­fet, la nouvelle configuration ter­ritoriale, politique et juridique du pays appelle le vote d’un certain nombre des lois au Parlement. Or, dans cet arsenal législatif, le gou­vernement contribue plus que le  Parlement à travers plusieurs projets de lois qui sont du reste en discussion au niveau de certaines commissions parlementaires. Dans la mesure où le gouvernements au nom de l’Etat ; il est difficile pour le Parlement de fonctionner normalement dans le domaine législatif étant donné que la législature actuelle accuse un déficit criant en  termes d’initiative législative par rapport au gouvernement.

La deuxième difficulté réside dans l’impossibilité pour le Parle­ment de convoquer les membres du gouvernement concernés par des questions orales par lesquel­les ils devraient éclairer la lumière des élus du peuple sur certains sujets notamment le contrat con­clu entre la Snel et Mag Energy et l’affaire du passeport biométrique et thermocollant. Etant donné que le gouvernement en place n’est plus en mesure de répondre de ces questions, le Parlement semble être bloqué dans son fonctionnement en matière de contrôle du gouvernement.
 
Des nombreux dossiers sont aussi bloqués entre le gouvernement et les entreprises publiques, car certains engagements des en­treprises publiques requièrent l’approbation du ministre de tutelle incapable, dans les circonstances actuelles, d’affirmer son autorité sur certains dossiers. Il y a plus grave la guerre à l’Est avec la chute de Rumangabo au moment où Kinshasa est sans gouverne­ment.

Si l’on tient compte des négo­ciations avec les enseignants et les infirmiers qui attendent de ré­ponse rapide du gouvernement à leurs revendications, on est forcé d’admettre qu’il existe des nom­breuses urgences pour lesquelles la nomination d’un Premier minis­tre s’impose avec célérité. Le pays n’est pas en état de rester pendant longtemps sans gouver­nement. Les élèves ne peuvent pas rester longtemps à la maison, au risque de donner l’impression que le pays néglige la formation de sa jeunesse. Le gouvernement démissionnaire ayant démontré ses limités dans la résolution des conflits sociaux, la population at­tend un nouveau gouvernement qui aura la chance de bénéficier d’une période de grâce d’au moins trois mois au cours duquel il de­vra fourbir ses armes et donner des gages de crédibilité. Il est urgent que le Premier ministre soit désigné pour débloquer les insti­tutions.

(SL/Ern./GW/Yes)

La République

Last edited: 11/10/2008 13:42:49

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