Au Congo-Zaïre-Rdc, la politique est devenue une carrière la plus rémunératrice et la plus confortable, un « fourre-tout » qui allèche et draine même des novices et des aventuriers de tout poil s’y retrouvent mélangés et pataugent côte à côte des connaisseurs et des profanes.

C’est le monde à l’envers. Les désordres qui s’y développent se répandent dans la société et s’appellent les tares sociales. On y entre non par des vertus qui n’y ont pas leur place, mais par des ruses, des entourloupettes et des machinations odieuses. Lorsqu’il se présente une saison de recrutement ministériel, dans les entreprises publiques, ou par la consultation populaire pour devenir parlementaire, des politiciens développent à qui mieux mieux des discours populistes et démagogiques, promettant monts et merveilles à la population. Ils s’appuient sur une base électorale régionale, ethnique ou tribale, abusant de l’ignorance et de la crédulité des masses sans capacités de jugement critique pour analyser et comprendre le vide des discours qu’on leur tient, et qui ne seront jamais suivis même de moindres effets palpables.
Depuis la présentation de la démission du Premier ministre Antoine Gizenga, l’opinion assiste à une espèce de ruée débridée vers le poste laissé vacant, par des politiciens des partis et alliés membres de l’Alliance de la majorité présidentielle (AMP). Ils avancent des critères subjectifs qu’ils croient remplir, pour tout candidat qui voudrait occuper ce poste. Selon le portrait-robot qu’ils esquissent, ce candidat idéal devrait être “ dynamique, responsable, intelligent, compétent, mobile, vertébré, rassembleur, entreprenant... ”.
Mais ils ne s’arrêtent pas à ces critères. Ils les diluent en y ajoutant le concept d’équilibre de “ clivage Est-Ouest ”, sur lequel ils s’appesantissent outre mesure. En d’autres termes, le remplaçant d’Antoine Gizenga à la primature devrait être absolument quelqu’un de l’Ouest, et cela s’appelle “ équilibre du clivage Est-Ouest ”. Il s’agit de trois provinces du Bandundu, du Bas-Congo et de l’Equateur. Ce pays n’a-t-il que deux points cardinaux dont l’Est et l’Ouest ? Le Nord et le Sud, ainsi que le Centre n’ont-il pas, eux aussi, le droit de revendiquer cet “ équilibre du clivage ” politique dans cette donne qui n’est envisagé qu’entre l’Est et l’Ouest ?
Ce discours populiste et démagogique est débité et propagé pour l’assouvissement des ambitions personnelles de certains politiciens avides de pouvoir et d’avantages matériels. Cette prétention serait plus ou moins fondées s’il était établis que ceux des politiciens qui, depuis jusqu’ici, étaient devenus Premier commissaires d’Etat ou Premiers ministres en avaient profité pour développer leur aire géographie en faveur de la population. Cela n’a été constaté dans aucune Province ou région de ce pays. Il y en avait eu tour à tour de l’Equateur, du Bandundu, de la Province Orientale, du Katanga, du Kivu, du Kasaï donc de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Sud, ainsi que du Centre. Ils n’avaient absolument rien fait chez eux.
Leur présence au pouvoir n’avait nullement profité à la population. Les conditions de vie misérables de la population sont les mêmes partout, quelle que soit la région géographique ou elle est établie. Le fameux “ équilibre du clivage régional ” n’est que le relais des politiciens dans la jouissance des prébendes du pouvoir, sans aucun rapport avec les aspirations de la population qui leur sert de marchepied.
(SL/Th/GW/Yes)Jean N’Saka wa N’Saka/Le Phare
Last edited: 11/10/2008 13:43:10