La population de la Ville de Matadi est descen­due dans la rue pour manifester pacifiquement contre les égarements bel­liqueux et meurtriers du Gé­néral déchu ; Laurent Nun­dabatware au Nord et Sud ­Kivu.

Cette longue marche qui est partie de la Place M’zée Laurent-Désiré Ka­bila jusqu’au bureau de la Monuc au Quartier Oebk en passant par le Rond-Point 20 Mai Kinkanda a connu la participation des forces vives du chef-lieu de la Pro­vince du Bas-Congo.

Ces diverses composantes ont été faites d’une brochette de partis politiques, de communautés scolaires et uni­versitaires, d’organisations socio-professionnelles de la Ville de Matadi  marchant sous le rythme de trois fan­fares : catholique, kimban­guiste, salutiste ainsi qu’un groupe de flutistes, etc. Des cris hostiles à Nkunda ont été lancés tout au long de l’itinéraire pour exprimer le ras-le-bol face aux faits et gestes meurtriers d’un homme qui à une bonne place dans les geôles de la Cour Pénale Internationale.

Cette marche de protestation et de colère à laquelle avait participé le Gouverneur de la Province du Bas-Congo, Simon-Flo­ribert Mbatshi Batshia en présence d’une grappe de personnalités, membres du gouvernement provin­cial ainsi que des membres du Cabinet de l’Autorité de Province, a été une illustra­tion à impact visible de la colère de la population du Bas-Congo à travers celle de la Ville de Matadi. C’est la désolation et le désap­pointement dus à l’insécu­rité grandissante, généra­lisée ainsi créée aux Nord et Sud Kivu par des sangui­naires qui se recrutent au sein du CNDP de Laurent Nkundabatware.

Devant cette situation insoutenable consécutive à la poursuite effrénée des hostilités dans cette partie de la République Démocratique du Congo, le Bas-Congo, par la Ville de Matadi, ne pouvait pas res­ter indifférent. C’est comme pour dire que c’est une partie du corps humain qui est touché. C’est donc tout le corps entier qui en pâtit.

L’âme kongo a été très touchée par toutes ces échauffourées qui mettent à mal l’unité du pays et la restauration de l’Etat. Cette sensibilité de la population du Bas-Congo est un exem­ple parfait de l’amour qu’elle voue à l’endroit de ses frè­res et sœurs  de l’Est dont la paix et la sécurité sont bâillonnées par Laurent Nkunda et ses incondition­nels dépourvus du sens hu­main.

Cette longue marche a eu pour chute le devant des installations du bureau de la Monuc au Quartier OEBK. Après que les fan­fares et autres instruments de musique traditionnelle eurent fait taire leurs sons, le Gouverneur Mbatshi avait pris la parole. Il a fixé l’opi­nion sur cette marche qu’il a qualifiée de pacifique. Il a invité les marcheurs à re­gagner leurs lieux habituels dans le calme. “ Muzola ata incident mosi ve ”. Ce qui se traduit en ces termes : “ je ne voudrais pas apprendre qu’il y ait eu des incidents ”.

Simon-Floribert Mbatshi Batshia dira ce que nous sommes en train de réaliser n’est qu’un symbole expri­mant le sentiment que cha­cun veut dégager vis-à-vis de la situation engendrée par Nkundabatware à l’Est du pays. A l’Est, a-t-il pour­suivi, il existe des villages entiers qui sont déserts pour rien. Au moment où la Ré­publique Démocratique du Congo est engagée dans la logique du développement, l’on n’a pas besoin de morts d’hommes.

Des dénonciations et recommandations for­mulées par le maire de Matadi pour attirer l’atten­tion du Conseil de Sécu­rité de l’ONU. La population s’est dit profondément préoccu­pée par les problèmes liés à la consolidation de la paix surtout à la reprise des com­bats à l’Est de la RDCongo. La situation à l’Est du pays est caractérisée par des actes d’occupation du ter­ritoire national auxquels il faut ajouter des pillages, des massacres contre des civils, des crimes de guerre, des violences sexuelles, des déplacements massifs des populations etc.

Vu le degré d’écou­lement du sang sans nom et entretenu par des acteurs anonymes qui canalisent de manière spectaculaire les combats à l’Est de la RDC, le peuple congolais qui est pacifique n’a pas la culture de guerre et de conflits. Le ferme attachement au Président de la République Démocratique du Congo et aux Institutions du pays et au Programme Amani, seul cadre en dehors duquel aucune autre négociation ne peut avoir lieu. Il a été demandé à la Monuc de sé­curiser les populations civi­les en amont pour éviter de quitter leurs domiciles.

La population de la Ville de Matadi exhorte la Communauté Internationale et la Mission des Nations­-Unies au Congo de mettre fin toutes affaires cessan­tes à la guerre et de faire respecter le plan de désen­gagement des troupes de­vant être rigoureusement appliqué pour permettre aux milliers de compatrio­tes déplacés de retrouver la paix afin de rentrer dans leurs villages respectifs.

La Cour Pénale Internationale a été sollicitée pour dé­cerner le plus tôt possible un mandat d’arrêt contre Nkundabatware et ses col­laborateurs pour les crimes de guerre et humanitaires qui font l’objet à l’Est de la RDC. Le souhait émis par la population de Matadi est de voir le Conseil de Sécurité de Nations Unies changer le mandat de la Monuc et de lui doter des moyens de faire face aux menaces de paix à l’Est de la RDCongo et de penser à une force de type Artémis qui a porté ses fruits à l’Ituri.

Recevant ce do­cument lui déposé par le Maire de Matadi en présence de l’Autorité de Pro­vince entourée de plusieurs personnalités, le Chef de Bureau de la Monuc, Marie Savadogo a fait savoir que cette institution des Nations Unies est également préoccupée par le souci qui anime les autorités congolaises. Le Représentant du Secré­taire Général de l’ONU en RDC, Alan Doss, lors de son dernier séjour à New York, a demandé au Conseil de Sécurité des moyens addi­tionnels pour aider le Congo à faire face à ces affronte­ments pour trouver la solu­tion à l’Est du pays.

(SL/Ern./GW/Yes)

Le Phare