L’Onu va-t-elle connaître un nouvel échec au Kivu après celui de la Bosnie-Herzégovine ? La réponse pourrait être affirmative si le séjour à New York du Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en République démocratique du Congo se solde par des considérations tonitruantes qui demeureront sur le boulevard des vœux pieux.

L’Onu va-t-elle connaître un nouvel échec au Kivu après celui de la Bosnie-Herzégovine ? La réponse pourrait être affirmative si le séjour à New York du Représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en République démocratique du Congo se solde par des considérations tonitruantes qui demeureront sur le boulevard des voeux pieux. Ou encore par un comportement dubitatif comme ce fut le cas tout au début des guerres d’agression de 1996 – 1998. Ce qui confirmerait, une fois de plus, un complot contre la RDC.
Certes, le retour de la paix est avant tout une affaire des Congolais. C’est dans ce sens que l’on insiste sur l’appropriation de toute initiative, par les Congolais à travers les institutions nationales, pour négocier et parvenir à une paix durable. Mais l’on ne saurait nier que cette situation qui perdure en RDC a des causes exogènes qui ont justement favorisé l’envoi d’une mission internationale de paix en République démocratique du Congo. La complexité de la mission est à la taille de l’effectif sollicité des casques bleus au Congo.
Malheureusement, le mandat de la Monuc est si restrictif, pour ne pas dire ambigu, qu’il minimise même l’aspect militaire de la crise. Aujourd’hui, la Monuc semble être prise dans sa propre logique naïve de paix, face à des belligérants déterminés à aller jusqu’au suicide collectif, peu importe le désastre humanitaire. Des millions de personnes déplacées tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ; des milliers de déracinés ne bénéficiant d’aucune assistance humanitaire. Et pourtant, les responsables de la Monuc ne cessent de souligner qu’ils ont reçu mandat de “ protéger les populations civiles ”.
Mais comment le font-ils lorsqu’ils sont incapables de contrôler l’entrée frauduleuse des armes via les pays voisins ? Est-il possible de protéger des populations devant une rébellion toujours agressive et soutenue par certains Etats ; des forces négatives étrangères qui cohabitent avec les casques bleus ?
En affichant une telle attitude, il est impossible à la Monuc de réussir sa mission de “ protéger ” les populations congolaises. Des erreurs de ce genre ont été commises au Rwanda. Sous la barbe des casques bleus, des responsables rwandais ont été tués. Même scénario en Bosnie-Herzegovine avec cette épuration ethnique qui s’est déroulée sous les yeux des soldats onusiens. Voire un ministre abattu à bout portant dans un char onusien avant que les casques bleus ne plient bagage.
Cet échec risque de se reproduire au Kivu où la Monuc est littéralement débordée. Consciente de cette insuffisance, la rébellion Nkunda devient de plus en plus menaçante, accusant manifestement la Monuc de partialité. Prétexte qui lui permettrait de franchir la ligne rouge.
Evidemment, le Conseil de sécurité endosserait la responsabilité, même morale, des conséquences imprévisibles du désastre humanitaire avec certainement l’intensification des combats. Tout cela pour n’avoir pas pris des mesures dissuasives en vue de la requalification du mandat de la Monuc tout en exerçant des pressions manifestes sur des Etats qui ont à gagner dans l’instabilité de la RDC. Observation déjà soulevée à l’époque de Kofi Annan, et maintenant Ban Ki-moon. Mais en vain…
(SL/PKF/GW/Yes)Le Potentiel
Last edited: 08/10/2008 15:53:48