Le mouvement de grève observée dans l’enseignement primaire, secondaire et professionnel à travers le territoire national se déroule de manière désordonnée, les enseignants revendiquant eux-mêmes en ordre dispersé aussi, ce qui déroute l’approche du problème posé.

En RD Congo, les enseignants de certaines régions refusent toujours de faire la rentrée alors qu’ailleurs les cours ont commencé depuis un mois. Cette division se retrouve au sein des syndicats qui n’arrivent pas à obtenir la hausse de salaire demandée de longue date.
Mercredi 30 septembre, 13h45. Depuis la cour ensoleillée du Petit Collège Notre Dame du Congo à Kinshasa, l’on aperçoit des enseignants debout devant les chambranles des portes de leurs classes, les yeux rivés sur la grille bleue, l’entrée principale de l’école. D’autres, par petits groupes, taillent des bavettes ça et là. Dans les salles des classes juste dans leurs dos, les élèves jouent à se faire mal, sautant d’un pupitre à l’autre. Cette ambiance, d’école buissonnière, n’est pas particulière au Petit Collège Notre Dame du Congo, un mois après la rentrée des classes. Bien des établissements scolaires de la capitale en sont là. “ La grève se fait sur le lieu de travail. C’est pourquoi nous venons, même si nous n’enseignons pas ”, répond un des enseignants.
Pour espérer se faire entendre du gouvernement resté, selon eux, sourd à leurs exigences, les syndicats appellent à une grande marche vendredi 3 octobre à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale des enseignants. Un mémo reprenant leurs principales revendications sera remis à l’Unesco, terminus de la marche. Ce sont les mêmes, qui reviennent à chaque rentrée de classe depuis plus de 5 ans : uniformisation et correction du barème salarial entre Kinshasa et les provinces, un budget plus conséquent en faveur des enseignants, suppression effective de la prise en charge des enseignants par les parents. “ Nous voulons aller jusqu’à l’ouverture des négociations sincères entre l’employeur et les syndicats porteurs des revendications des enseignants ”, confie Alphonse Kapata, secrétaire provincial adjoint du Syndicat national des enseignants des écoles catholiques (Synecat).
Syndicats divisés... rentrée à plusieurs vitesses
Mais les syndicats sont de peu de poids face au gouvernement qui réussit souvent à les diviser en débauchant parfois certains responsables. Fin septembre, le président dissident du Synecat, a été promu commissaire adjoint du district de Kwilu dans la province du Bandundu.
L’appel à la grève n’est donc pas suivi partout de la même manière. Résultat: la rentrée scolaire ne s’est pas faite partout au même moment. Un mois après la date officielle de la reprise des cours le 1er septembre, une sérieuse hypothèque pèse sur l’année scolaire 2008-2009, que certains souhaiteraient voir, malgré tout, sauvée.
Comme l’explique Elysée Muhindo, enseignante à l’Institut Himbi II, à Goma (Nord-Kivu), la seule école conventionnée protestante à avoir ouvert ses portes à la date prévue. “ Il n’est pas question de sacrifier l’éducation de nos enfants ”. Au Sud-Kivu, le gouvernement provincial en est encore à appeler les enseignants à reprendre le chemin de l’école. “ Nous demandons à l’exécutif provincial de dire à quel niveau sont bloqués les salaires des enseignants pour les mois de mars et avril, avant d’entrevoir un quelconque dialogue sur la reprise des cours ”, lui a répondu Roger Matabaro, le secrétaire provincial du Syndicat des Enseignants du Congo (Syeco) au Sud-Kivu.
A Lubumbashi, au sud-est de la RDC, en revanche, les enseignants et les syndicalistes locaux, mus par les promesses du gouvernement sont déjà rentrés. “ Dans notre école, nous avons décidé de commencer parce que nous ne comptons pas trop sur des personnes qui négligent un secteur si important qui est l’enseignement ”, explique Malaj Kabamba, directeur des études d’une école de Lubumbashi. Kabamba fait payer les frais d’appoint “ avec quoi nos écoles ont toujours fonctionné ”
(DN/Th/GW/Yes)Le Palmarès
Last edited: 07/10/2008 17:49:52