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La prise de conscience des petits écoliers de Kinshasa manifestant contre la négligence de leur éducation mérite d’être prise au sérieux par les responsables publics de ce fait conviés à tout entreprendre pour arrêter la grève des enseignants et assurer le droit à l’éducation des enfants congolais. Kinshasa a vécu une ambiance particulière, hier lundi. Les écoliers étaient dans la rue.

Alors que l’on s’attendait voir les enseignants marquer d’une manière indélébile cette “ journée du 5 octobre ” qui, sur le plan mondial, est dédiée à l’enseignant, ce sont plutôt les écoliers qui leur ont volé la vedette. Ils sont descendus dans la rue pour dénoncer les dérives du système éducatif congolais. Notamment, la marginalisation de l’enseignant, l’oppression des parents dans un secteur où l’Etat doit totalement s’assumer.

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) a décrété la journée mondiale des enseignants le 5 octobre 1994 pour commémorer la signature, 28 ans plus tôt en 1966, de la recommandation conjointe Unesco/Oit concernant la condition du personnel enseignant. Cette journée commémore également la recommandation de l’Unesco sur la condition du personnel de l’enseignement supérieur adoptée en 1997.

Depuis, le 05 octobre est communément appelé “ fête des enseignants ”. Pour certains, c’est la “ Journée internationale de l’enseignant ”, tandis que d’autres préfèrent la dénomination de “Journée internationale de l’enseignement”. Cette différenciation dans l’expression traduit les visions multiples des uns et des autres vis-à-vis de l’essence de cette journée. Qu’à cela ne tienne. C’est le système éducatif et l’enseignant qui sont au centre de cette “ querelle de dénominations ”.

“ L’enseignant, garant d’une éducation de qualité, à l’ère des nouvelles technologies de l’information et de la communication, de la mondialisation ; Un enseignant roi a droit à un métier de foi dans une école de qualité ; Un enseignant de qualité pour un enseignement de qualité ”. Autant de thèmes développés depuis 2001 en vue de repenser les conditions de travail de l’enseignant et son impact dans la qualité de l’enseignement ainsi que dans la société qu’il est appelé à transformer, à changer. D’où, toute l’importance que l’on doit accorder à l’enseignant de par cette mission noble.

Cette journée serait passée quasiment inaperçue n’eut été cette interpellation collective des écoliers de Kinshasa. En effet, les enseignants sont de plus marginalisés, eux qui réclament à qui voudrait bien les entendre, l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie.

Tout se passe comme si l’Etat congolais n’a pas encore pris conscience de l’importance de ce corps dans la transformation de la société congolaise. Mieux, dans la refondation de l’Etat congolais. Preuve ? Les parents se substituent à l’Etat dans le fonctionnement du système éducatif. Une démission.

Les écoliers de Kinshasa ont tenu à dénoncer cette dérive. Il est temps que tout cela change. Que l’enseignant retrouve sa dignité. Pour y arriver, il faudrait une véritable prise de conscience de la part de l’Etat congolais d’assumer pleinement sa responsabilité constitutionnelle. Il s’agit là d’un cri de coeur. Une interpellation collective pour sauver la jeunesse congolaise d’une déroute, certaine.

Quand les tout petits s’en mêlent…

Ils ont pris  lundi tout le monde au dépourvu. Sortis comme de nulle part, de pe­tits garçons et de petites filles âgés entre 6 et 12 ans ont pris d’assaut le boulevard du trente juin, dans son tronçon situé au centre-ville, dans la commune de la Gombe. Ils étaient ha­billés de bleu et de blanc, l’uni­forme des écoles publiques de la RDC.

Ce rassemblement spontané et la décision de se mettre en branle pour mani­fester ont laissé pantois tous les Kinois. Non loin de la gare cen­trale, point de départ de leurmarche, les bleu et blanc ” ont créé un remue-ménage, les uns voulant aller au pas au pas course, les autres invitant à marcher.

S’étaient-ils passé le mot ? Difficile de répondre, tant la surprise était totale et géné­rale. Laissons le soin aux foui­neurs et fureteurs de tout es­pèce de faire leur besogne. Ils tenaient d’une main leurs cartables et de l’autre brandis­saient des branches d’arbre. Marche pacifique, c’en était bien une, même s’ils n’avaient pas pris la précaution d’aviser 48 heures auparavant l’Hôtel de vile de Kinshasa de leur des­cente dans la rue.

Ce qui est vrai c’est que, pris à pied levé, les éléments de la Police nationale congolaise ont eu juste le temps de courir après les gosses dont l’accou­trement et la taille leur ont évité d’être rudoyés. Et même, apparemment, ils n’avaient pas d’encadreurs affichés. Ils se sont comportés comme des grands, battant le pave au rythme de leurs chants impro­visés. Leurs cris, lancés à tue-­tête peuvent être traduits par : “ Nous voulons étudier ”. “ Payez nos enseignants ”. “ Les cinq chantiers commen­cent par la tête ”. “  Bazali koboma batu ya mayefe ” (on assassine l’élite)….

Ces marcheurs d’un genre nouveau semblaient dé­terminés à manifester sur la place publique ce qui les ron­geait depuis le 1er septembre 2008, date de la rentrée scolaire 2008-2009. Il fallait le dire aux gouvernants. Mal leur a en prit, le gouvernement est démis­sionnaire, il ne peut prendre aucune décision, sinon expédier les affaires courantes.

En désespoir de cause, ils sont allés échouer à l’hôtel de ville de Kinshasa où ils ont été reçus par la ministre pro­vinciale chargée de l’EPSP (En­seignement primaire, secon­daire et professionnel). Là, le blabla habituel : “ Vos reven­dications ne sont pas une nou­veauté, nous y travaillons tous les jours ”.

(DN/Milor/GW/Yes)

Le Potentiel

Last edited: 07/10/2008 17:46:48

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