C’est donc tout un commerce exercé de manière malhonnête, le prix d’achat étant nul. De plus, le coût de ce morceau de wax est pourtant supporté par l’acheteur qui est censé bénéficier du wax en entier.
La société kinoise ne se lassera jamais d’accoucher de nouvelles histoires à dormir debout. La dernière en date se passe dans la sphère des marchés de cette ville province.
Depuis un certain temps à Kinshasa, ceux qui achètent des pagnes dans divers magasins du marché central sont surpris par une supercherie inconnue auparavant. C’est la vente des wax découpés.
La plupart des acheteurs des pagnes wax, s’étonnent en effet de constater, surtout a domicile, que ceux-ci ne sont pas entier : on a affaire à un pagne découpé en trois morceaux et dont le métrage est inférieur à la normale. Un pagne est réduit d’au moins quinze centimètres.
Une bonne dame qui a reçu un wax hollandais de 6 yards bien emballé et bien scellé, dans le cadre de la remise de la dote pour sa nièce, était abasourdie de constater que le wax, généralement vendu en entier, avec un métrage bien connu, était déjà découpé en trois parties avec quelques centimètres de moins dans chaque pagne. Croyant que cette supercherie était un manège de la belle-famille de sa nièce, elle vivra le même scénario le jour ou elle a elle-même acheté un wax anglais dans une échoppe du marché central de Kinshasa.
Une invention kinoise
Mais cette bonne dame n’est pas la seule victime, plusieurs personnes se plaignent ces derniers temps au sujet de ce phénomène. Mais comment peut-on l’expliquer ?
La plupart de ceux qui se plaignent affirment avoir acheté leur wax dans les échoppes des congolais ou dans les pavillons où se vendent ces wax. C’est le cas de la dame qui a vécu le phénomène à deux reprises. Selon certains observateurs, cette supercherie est souvent l’oeuvre des propriétaires de ces échoppes sinon, est connue de ces derniers. Ils se plaisent à découper les wax en pagnes aux fins d’enlever quelques centimètres.
« Certains propriétaires de magasins, de connivence avec leurs vendeurs découpent les pagnes au lieu de les vendre en entier. Tout cela pour enlever quelques centimètres », a laissé entendre un acheteur de pagne.
Cependant, renseignent certains habitués de ces échoppes, dans les boutiques des libanais qui sont plus regardants et plus rigoureux envers leurs vendeurs, il est pratiquement impossible de vivre un tel désagrément.
D’ailleurs, soulignent certaines personnes, ces libanais exigent que le wax acheté soit déballé des l’achat devant le client pour vérifier l’état de celui-ci et éviter ainsi tout désagrément ou toute incompréhension entre le vendeur et l’acheteur.
Cela s’explique par le fait que certains propriétaires libanais ayant reçu beaucoup de réclamations de la part des clients, ont décidé de trancher en déballant le pagne devant le client après achat. D’aucuns s’accordent pour affirmer que cette supercherie est plutôt une nouvelle invention des vendeurs congolais véreux, à la recherche effrénée des gains malhonnêtes. Car, le wax ainsi fabriqué à un métrage bien connu. Le découper pour en soutirer quelques centimètres, pour gagner plus, relève de la pure escroquerie.
Une escroquerie en réseau
L’on peut bien se demander pourquoi ces commerçants véreux ont-t-il fait de cette nouvelle pratique leur sport favori. Eh bien c’est simple. Ces centimètres de tissus ainsi retirés sont rassemblés et vendus aux couturiers qui en font des pagnes appelés couramment à Kinshasa « kizoba zoba » et qui sont généralement vendus à un faible prix.
Il s’agit d’un assemblage de pagne de différentes couleurs et motifs mais d’une même qualité. Le commun des mortels se demande d’ailleurs si ces propriétaires ne disposent pas eux-mêmes de maisons de couture pour la confection de ces pagnes.
C’est donc tout un commerce exercé de manière malhonnête, le prix d’achat étant nul. De plus, le coût de ce morceau de wax est pourtant supporté par l’acheteur qui est censé bénéficier du wax en entier.
Cela revient à dire que la plupart des pagnes « kizoba zoba » venu dans les marchés Kinois viennent de ce circuit.
Chaque conscience se trouve interpellée. Ce renversement de valeurs doit être combattu par les autorités. Gare aux femmes qui les achètent car ils sont entachés d’escroquerie.
(Milor/PKF)
Uhuru
Last edited: 07/10/2008 12:20:12