Digitalcongo.net 3.0

Home
Bonjour | 03/12/2008 0:58 | English Make DC Home page | RSS feed

Actualite RDC

International

Services

NEWSLETTER 'Basango'
CONNEXION Nom d'utilisateur Mot de passe Rappellez-moi | Vous avez oublié votre mot de passe? | Déjŕ inscrit?

Le Congo-Kinshasa serait trop grand et trop riche ?

Kinshasa, 06/10/2008 / Politique
Le Congo-Kinshasa n’est-il pas finalement, aux yeux de ses ennemis, trop grand et trop riche, mettait récemment en garde le Premier ministre Antoine Gizenga dans son message à la nation à l’occasion de sa démission, au point de justifier un plan de balkanisation ? Enfin, les agents de ce plan sont-ils toujours à chercher chez nos ennemis ou de­vons-nous nous armer du courage nécessaire pour inspecter nos propres rangs ? Que Kagamé et Nkunda montent au créneau au même moment et se ré­pandent dans les médias les plus porteurs n’est sans doute pas innocent. Que le premier affirme que le Se­cond est surarmé n’est pas destiné à amuser la galerie.

Que le général dissident exige des négociations di­rectes et transforme son organisation en mouvement de libération au moment où, dans certains cercles, on fê­tait déjà sa mort n’est pas le fait de la folie. Il faut, rapid­ement, identifier les rai­sons de l’arrogance de l’un et les soutiens de l’autre pour tenter de comprendre ce qui, dans la conjonctu­re actuelle, explique cette poussée de fièvre ainsi que le changement de stratégie que leurs déclarations res­pectives suggèrent.

Face à cette guerre de l’opinion, la communica­tion, côté congolais, a aligné tellement des maladresses et étalé tant de faiblesses depuis les négociations se­crètes de Kigali que Kinshasa a aujourd’hui bien difficile à se prévaloir de ses propres turpitudes. Il faut du reste reconnaître que le con­texte est loin d’être favora­ble en ce moment avec un état d’esprit qui tend à flotter dans les Kivus, où des pans entiers de l’opinion avouent leur lassitude, déclarent leur colère et leur déception tout en posant des questions qui dérangent.

L’ONU pour toujours

Certes, le Rwanda n’est pas innocent dans tous ces événements qui se déchaînent. Certes, Kigali soutient Nkunda. Mais le protocole de Nairobi, avec son lot de contraintes qui pèsent lourdement sur la RDC, ce n’est le fait ni de l’un ni de l’autre. La task force à mettre en place, les consulats à ouvrir, les ob­servateurs à déployer se si­tuent au-delà de ce que l’un et l’autre sont en mesure de réclamer et d’obtenir. C’est dire combien est grande la responsabilité des pays hier membres du Comité international d’accompagnement de la transition, aujourd’hui principaux acteurs au sein de la facilitation internatio­nale, mais aussi du Conseil de sécurité de l’ONU et de la mission onusienne en RDC tant ce ne sont pas les moyens qui leur font défaut pour réserver une sorte de solution finale au CNDP et relancer définitivement le processus démocratique. En d’autres termes, l’agen­da, dans cette région trou­blée et endeuillée de l’Est de la RDC, n’est pas le même pour tout le monde face aux enjeux stratégi­ques, aux intérêts politiques et économiques dans une sous-région où il y a à la fois le Soudan et la Somalie et où, en passant au statut de ventre mou, elle semble se destiner à devenir une zone de repli pour terroristes.

Il y a, enfin, un contexte in­ternational qui bouge et qui change. La Belgique, qui détient au plan international l’expertise sur les questions congolaises, se déchire chaque jour un peu plus en­tre Flamands et Wallons, au point qu’il n’est pas évident qu’elle parle dans les prochains jours d’une même voix sur la RDC. En France, Sarkozy n’est pas Chirac. Aussi les observateurs n’excluent-ils pas que pour donner des gages à ses principaux pourfendeurs, l’hôte de l’Elysée se sent à l’un ou l’autre moment dans l’obligation de renoncer à la Françafrique au nom de la politique de rupture.

Dans le même ordre d’idées, le flottement actuel aux Etats-Unis, en raison de la campagne électorale prési­dentielle, n’est pas de na­ture à rassurer, dans la mesure où les autorités améri­caines paraissent quelque peu déconcentrées, s’abs­tenant du coup de prendre trop d’initiatives en politique étrangère, en attendant la prochaine administration. Il en est de même de ce qui vient de se passer en Afri­que du sud, où le média­teur en titre dans le dossier congolais, Thabo Mbeki, a dû rendre le tablier sous la poussée de l’aile gauche de l’ANC. Autant dire que dans cette combinaison des éléments à la fois flottants et hostiles, le dossier RDC risque d’enregistrer, dans les jours à venir, de sérieux coups de barre.

En atten­dant, l’effet paradoxal des derniers développements intervenus sur le terrain, c’est que, à la demande du représentant du secrétaire général de l’ONU, à la sui­te de l’activisme du CNDP, des menaces du Rwanda et de la montée de la ten­sion dans l’Ituri, ce sont les effectifs de la Monuc qui ris­quent d’être augmentés par le Conseil de sécurité. Avec combien d’hommes et pour combien de temps. Difficile à dire. Mais une chose est sûre: une plus grande pré­sence de la communauté internationale, en plus de constituer une sorte de pied de nez à ceux qui insul­taient encore récemment la Monuc ne fera que confir­mer les défaillances du lea­dership national à traiter ef­ficacement la crise des Kivu et le recul de la souverai­neté de la RDC sur certains pans de son territoire.

(SL/Th/GW/Yes)

Kenge Mukengeshayi/Le Phare

Last edited: 06/10/2008 18:08:40

Avenue Kabasele Tshiamala No 21 (Ex. Avenue Flambeau No 4)
Kinshasa/Gombe, RD Congo
E-mail: lettres@digitalcongo.net, relapub@digitalcongo.net
Tel.: +2438941010; Fax.:+1 801 665 1067