Le pays est sans gouvernement. La situation remonte au début de la semaine et elle est consécutive à la démission du Premier ministre. Démission qui a emporté toute son équipe gouvernementale.

Le pays est sans gouvernement. La situation remonte au début de la semaine et elle est consécutive à la démission du Premier ministre. Démission qui a emporté toute son équipe gouvernemental. Depuis, la majorité présidentielle est comme prise par une sorte de branle-bas.
Rien d’anormal jusque-là. Surtout quand on sait que la recherche de l’oiseau rare appelé à succéder au Premier ministre sortant ne pouvait que donner lieu au frémissement que l’on observe actuellement dans le microcosme politique congolais. Concertations par-ci, conciliabules par-là, le décor n’a rien de surnaturel. Il se prête bien au contexte du moment. En tous les cas, c’est du déjà vu, du déjà entendu.
Sur ce plan, les Congolais n’ont rien inventé. Et puis, il arrive de temps à autre que l’opération de nomination d’un nouveau Premier ministre et des membres de son gouvernement ne se fasse pas en un tour de main…Elle peut prendre du temps, voire même beaucoup de temps. Tant mieux si, dans le cas qui nous concerne aujourd’hui, les choses peuvent être expédiées rapidement, tout en prenant évidemment soin de faire une nette différence entre rapidité et précipitation…
Une semaine après le départ d’Antoine Gizenga de la Primature, dans l’opinion, on attend toutefois de connaître le nom de son successeur. Certes, on n’en est pas encore arrivé au niveau de piaffer d’impatience, mais l’on ne s’empêche pas pour autant d’attirer l’attention de la classe politique sur la nécessité qu’il y a de doter le pays d’un nouveau gouvernement. « Le temps presse », fait-on remarquer. Le pays ne peut pas prendre le risque d’être géré pendant trop longtemps par un gouvernement démissionnaire. Quoi qu’il en soit, dans l’état où elle se trouve au jour d’aujourd’hui, la RDC ne peut pas s’en accommoder.
Les urgences sont pressantes. Par conséquent, il faut éviter que l’attente soit longue. Le risque est trop grand d’en arriver à ce point tellement que la note sera très salée au bout du compte. Il n’en faut donc pas plus pour que la famille politique du chef de l’Etat ne se laisse pas « engluer dans la gomme ».
Rien ne nous autorise à emprunter une telle voie surtout lorsqu’on sait que les conséquences seraient impitoyables pour un pays qui peine à marquer des points dans le relèvement du défi de sa remise en orbite.
Dans tous les cas, l’absence prolongée d’un nouveau gouvernement ne nous arrange en rien. Pas mal de choses confortent l’urgence d’en avoir un. Un exemple dans la foulée: le rapporteur de l’Assemblée nationale a déclaré jeudi qu’il n’y aurait pas de plénière à cette institution avant lundi. Il évoque certaines difficultés qui ne permettent pas aux députés de se réunir. Parmi ces difficultés, la démission du Premier ministre et de son gouvernement. Celle-ci met la Chambre basse dans l’impossibilité de débattre des matières pour lesquelles certains ministres devaient intervenir.
Comme l’a d’ailleurs souligné Mme Isabelle Durant, sénatrice et présidente du parti écologiste belge, à l’occasion de son récent séjour dans notre pays, le Congo ne peut pas rester sans gouvernement parce que le pouvoir a horreur du vide.
(PKF)
Le Potentiel
Last edited: 04/10/2008 13:09:08