On peut même remonter plus loin. Avant même que les élections fassent l’actualité politique, la préoccupation majeure de tous, Yerodia Abdoulaye Ndombasi avait dégainé pour faire comprendre qu’il ne sera pas possible au Pprd seul de porter Joseph Kabila au pouvoir et de lui donner une majorité confortable.

Dans le clan politique, particulièrement au Pprd, on avait crié haro sur le baudet, qualifiant Yerodia de tous les noms, voire de renégat. C’est ainsi que toutes les tentatives de mettre sur pied une grande plate-forme qui devrait constituer la machine électorale pour Joseph Kabila, avaient échoué. Le Pprd voulait être le dernier rempart. Au Congrès de ce parti à la Fikin, après plusieurs tractations, le Pprd acceptera enfin que l’on puisse parler du « Pprd et alliés ». C’est donc « Pprd et Alliés » qui devraient porter la candidature de Joseph Kabila Kabange.
Dans tous ces cas, il faut interroger l’histoire pour se rendre compte que Joseph Kabila avait pris seul les choses en main après avoir écouté tout le monde. Il a dans tous ces cas démontré la justesse de ses décisions. Sans avoir pris l’option qui convenait à l’époque pour sauver les intérêts du clan politique, intérêts qui sont au dessus ce ceux des individus, il a désigné Yerodia au poste de Vice-président de la République.
Par cette décision, Joseph Kabila avait réussi à faire l’unité du clan politique au moment où beaucoup pensaient qu’il aurait pris de distances vis-à-vis de la politique de Mzée et des anciens collaborateurs de ce dernier. Même si cette unité n’avait pas été concrétisée dans une seule plate-forme sur fond idéologique, elle a permis à Joseph Kabila de fédérer les tendances kabilistes.
Coalition avec le Palu, un choix de Joseph Kabila contre tous
En ce qui concerne la coalition avec le Palu, il avait fallu également que le Chef de l’Etat décide personnellement suivant l’intérêt supérieur de la nation. A part le report des voix, Joseph Kabila avait réussi ce que M’Zée de son vivant avait tenté de réussir avec le Palu. Des émissaires étaient envoyés au Palu pour l’unité dans la lutte.
Des cadres du Palu avaient été reçus au Palais de la Nation. Pour des raisons de la conjoncture de l’époque, cette unité n’avait pas été réalisée. La thèse du Palu à l’époque était que l’on aille aux élections chacun dans son coin et qu’après, on se mette ensemble chacun selon son poids électoral. En outre, Gizenga n’avait pas voulu rencontrer M’Zée pour parler de tout cela pendant que les activités des partis politiques étaient suspendues. Cette logique avait été bien comprise par Mzée. Il est donc hasardeux de réduire un tel accord qui vient de loin, et enferme des enjeux hautement politique et idéologique au partage des postes. Il faut ajouter à cela, ce que tout le monde dit avec raison, la solution à la fracture Est-Ouest, après le premier tour de la présidentielle.
Il faut être aveuglé pour ne pas reconnaître tout cela. En plus, ne pas le reconnaître, c’est mettre en doute la judicieuse décision du Chef de l’Etat. C’est dans cette logique que Joseph Kabila avait décidé seul contre tous de se présenter aux élections comme indépendant. Ce jour-là, le plus heureux de tous était Yerodia. Car, Joseph Kabila venait de faire honneur à la thèse à laquelle il tenait. La suite a donné raison à Joseph Kabila. Même au sein de l’Amp, il a été impossible de mettre Joseph Kabila au pouvoir et lui donner une majorité confortable. On a été obligé de recourir à la coalition en signant d’un côté avec l’Udemo et de l’autre avec le Palu. Ce sont des faits historiques que l’on ne peut oublier en deux ans de pouvoir.
Hier comme aujourd’hui.
Aujourd’hui, Joseph Kabila ne commettra pas l’erreur d’entendre les chants de sirène de jadis au sujet de la succession de Gizenga. Autant il est malséant d’user de chantage, il est inconvenant de faire croire que l’on peut cracher sur cette coalition suivant cette dangereuse assertion : " à chaque jour suffit sa peine ". Les députés de l’Amp, eux qui étaient sur le terrain, eux qui savent la difficulté de se faire élire, ont compris que c’est aujourd’hui qu’il faut préparer demain dans le respect du passé. Pour terminer, les débats qui ont entouré la succession de Antoine Gizenga ont démontré que la coalition ne se soucie pas de voir l’opposition récupérer son discours pour la lui opposer demain. La coalition n’a pas fait attention à la récupération par l’opposition du dossier Gizenga.
En un moment, la majorité s’est mise à aboyer avec le chien en tirant sur le gouvernement pour des raisons autres que celles du prétendu immobilisme du gouvernement. Car, il est démontré que ce gouvernement a fait des performances que l’on avait refusées de prendre en compte parce qu’il fallait pousser Gizenga à la sortie. Comment cette majorité pourra-t-elle revenir sur ses critiques prendre en compte les acquis du gouvernement Gizenga ? Car, effectivement, ce gouvernement a posé de vraies bases de la reprise économique comme aucun autre gouvernement ne l’avait fait au par avant.
(Milor/PKF)
Joachim Diana G/L’Avenir
Last edited: 04/10/2008 13:22:14