Le contrôle diligenté par la hiérarchie de la paie des effectifs de la Police nationale avait abouti à l’arrestation d’agents payeurs qui détournaient d’importants reliquats pour le compte d’éléments déclarés fictifs, mais dont le nombre comptabilisé s’élève à quelque 6.500.
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Les fictifs, on n’en finira pas de si tôt d’en dénombrer dans tous les secteurs des services publics. Après le tout premier recensement réalisé au sein de la Fonction publique, ce sont plusieurs dizaines d’agents et fonctionnaires de l’Etat qui se sont retrouvés sur le pavé, « rejetés » selon la formule à la mode des listings de paie. Motifs, ils étaient tous des fictifs repris sur ces listings par des responsables pour des raisons connues de seuls auteurs de ce qui s’est révélé plus tard être, ni plus ni moins, un détournement des deniers publics.
C’est autant dire que l’Etat bienfaiteur n’a jamais cessé d’être saigné à blanc par des fonctionnaires véreux qui, on l’a souvent observé, hagards roulent carrosse, font bombance sans que l’on ne sache pas trop d’où ils tirent tant d’argent sans commune mesure avec leurs revenus bien connus de tous.
L’inspecteur général de la Police Nationale Congolaise (PNC), le général John Numbi, inspiré sans doute par l’assainissement encore et toujours en cours dans l’administration publique, s’est lancé à son tour, dans de l’opération identique au sein de la police nationale. Pour un coup d’essai, c’est plutôt un coup de maître qu’il vient de réaliser. Tenez! Sur 13.000 policiers figurant sur les listings, pas moins de 6.500 ont été répertoriés comme étant des fictifs supposés, dans la mesure où faute de s’être présentés au contrôle imposé à ce sujet, ils sont versés dans les rangs des policiers n’ayant pas de numéros matricule. Ils ont été démasqués mardi dernier. On imagine aisément la masse monétaire que peut bien représenter l’argent légalement perçu par ces policiers fictifs et au delà, leurs « parrains » se recrutant comme on peut bien s’en douter parmi certains responsables tapis dans l’ombre. Le contrôle physique opéré dans la police, guidé par le souci de John Numbu de maîtriser les effectifs, a permis de dénicher ceux qu’on appelle « ngulu » en même temps que leurs commanditaires sont déjà mis aux arrêts.
On peut se féliciter qu’une commission de contrôle, constituée à cet effet, est à pied d’oeuvre aussi bien à Kinshasa qu’en provinces. Sans doute que, là aussi au terme de ce contrôle, il sera donné à l’inspecteur général de la police de découvrir le pot aux roses. Selon une dépêche de l’Acp citant elle-même un officier qui a requis l’anonymat, « plusieurs éléments de service de gardiennage seraient enrôlés sans pièces justificatives à la police et perçoivent notamment leurs soldes qu’ils se partagent avec des complices des tous bords.
Coup d’arrêt à la magouille
Le moins qu’on puisse dire du contrôle biométrique des soldats et officiers comme auquel on a procédé dans les Fardc est que, non seulement il permettra de maîtriser les effectifs réels de la police nationale pour un bon meilleur encadrement de la paie, mais aussi et surtout au-delà, il va fermer le robinet à la pègre qui s’était constituée des années durant autour de la paie des policiers.
On comprend que les salaires alloués aux policiers, comme du reste aux militaires et agents et fonctionnaires de la Fonction publique sont de loin dérisoires. Pour autant, faut-il s’engager dans la voie de la maffia pour faire main basse de manière systématique sur les deniers publics? Parce que, à l’évidence, c’est de cela qu’il s’agit parce que également placer des noms fictifs sur des listings de paie, au regard de la loi financière, ce n’est rien moins qu’un détournement qui appelle des sanctions.
Dans le cas d’espèce, même si on ne peut pas présager de la nature de la durée de la sanction qu’encourront les auteurs de cette forfaiture, il faut néanmoins saluer le courage de l’Inspecteur général de la police. Il a bravé la réaction des parrains de cette mafia policière en procédant, en amont, à l’arrestation d’un certain nombre des policiers pris la main dans le sac de la tricherie. D’autres arrestations interviendront en aval au terme de l’enquête que mène sur le terrain tant à Kinshasa qu’à l’intérieur du pays une commission de contrôle qui a été mis sur pied à cet effet. Sans aucun doute, elle permettra d’extirper des rangs de la police le bon grain de l’ivraie. Gageons que pour l’heure, il ne s’agit pas d’un simple effet d’annonce.
(TH/PKF)
Jeff Kalambaie/Uhuru
Last edited: 04/10/2008 14:51:55