Double événement en ce mois d’octobre au Canada ; la célébration du 400ème anniversaire du début de l’aventure francophonie dans le Canada et la tenue du XIIème sommet de l’Organisation internationale de la francophonie à Québec.

Une grande rencontre pour la famille francophone évaluée à plus de 803 millions de personnes. Mais Québec pourrait également ouvrir la porte à Kinshasa, candidat jusque-là pour l’organisation du XIIIème sommet de la francophonie.
Du 17 au 19 octobre, se tiendra à Québec, le XIIème sommet de l’Organisation internationale de la francophonie. Une organisation qui regroupe 55 Etats membres et 13 Etats observateurs, mais qui partagent ensemble une même langue, le français, et des valeurs communes avec une population de plus de 803 millions de personnes.
L’OIF, disons la Francophonie, a quatre missions principales, à savoir la promotion de la langue française et la diversité culturelle et linguistique ; la promotion de la paix, la démocratie et les droits de l’homme ; appui à l’éducation, la formation, l’enseignement et la recherche, et enfin développer la coopération au service du développement durable et de la solidarité. Aussi, la Francophonie accorde-t-elle une attention particulière à la jeunesse et à la femme.
Le rendez-vous de Québec, le deuxième après le sommet de 1987, a comme thème central «Pour la pérennité de nos idéaux». Il s’agit de la promotion de la langue française, la démocratie, l’éducation, le développement durable et la solidarité.
Les enjeux mondiaux
Il est un fait que l’OIF est une réalité politique et culturelle. Elle s’est fixée également comme mission de prôner le dialogue nonobstant la diversité des cultures, mais dans le respect de l’identité de chacun. C’est dire que lors de ce sommet de Québec qui regroupera les représentants de 68 pays qui partagent une même langue, le français, et des valeurs communes, le débat portera également sur la situation de politique internationale. Celle-ci tourne autour de 4 enjeux mondiaux. C’est-à-dire la Démocratie et Etat de droit, la Gouvernance économique, l’Environnement et bien sûr la Langue française.
Il est vrai qu’un effort considérable doit être fait à travers le monde pour l’instauration de la démocratie dans plusieurs Etats. Le fait que le nombre de réfugiés augmente chaque jour est une manifestation de l’existence des Etats aristocratiques où la dictature maintient des millions de personnes dans l’oppression. Il s’agit des non Etats de droit où les libertés individuelles fondamentales ne sont pas du tout respectées.
Quant à la gouvernance économique, elle laisse à désirer. Le surendettement, la crise financière internationale, l’absence de la sécurité alimentaire, la pauvreté toujours impitoyable demeurent autant de faits d’actualité. Pire, les changements climatiques annoncent des lendemains inquiétants avec la pollution de l’Environnement, partant la perturbation de l’écosystème. Il va de soi que pour parler un même langage au plan international et pérenniser ces idéaux, surtout face à la percée de la langue anglaise, la promotion de la langue française sera d’un atout majeur.
L’on s’attend donc à ce que le rendez-vous de Québec jette les jalons pour soutenir ces idéaux afin d’ouvrir d’autres opportunités à la Francophonie. Sûr que Québec saisira cette circonstance pour réussir ce pari. Des signaux forts l’indiquent.
En effet, le rendez-vous de Québec est placé sous un double signe : le 400ème anniversaire du début de l’aventure francophone dans le Canada. Le Québec, pour ne pas dire le grand Québec en pensant au général de Gaulle, est donc tout un symbole de la Francophonie.
Politique, puisque le Canada atteste du pluralisme culturel. Le rendez-vous de Québec tombe à point nommé pour un nouveau départ de la Francophonie.
Regards sur Kinshasa
Ce nouveau départ se confirmera certainement avec la confirmation de Kinshasa d’abriter le XIIIème sommet de l’OIF. Un sommet qui sera placé également sous un double signe : confirmer l’aventure francophone au Congo depuis 1885, un pays colonisé par la Belgique avec sa diversité linguistique. Politique dans la mesure où la République démocratique du Congo est le deuxième pays francophone et que sa position géostratégique en Afrique est une dimension non négligeable et à négocier avec dextérité dans le cadre des relations internationales.
En effet, dans cet élan de développer la coopération au service d’un développement durable des nations et la promotion des peuples, l’une des quatre missions de la Francophonie, la RDC pourrait bénéficier de la solidarité des pays membres de cette organisation. C’est ainsi que le IVème sommet de la Francophonie devrait être organisé en RDC n’eussent été les impondérables politiques de l’époque de Mobutu. Au sortir d’une guerre complexe, la RDC doit savoir négocier les virages, et a tout intérêt à mieux apprécier des opportunités pour appartenir à une organisation internationale au sein de laquelle elle jouirait de la solidarité internationale. L’OIF offre ce cadre.
Alors, il faut y appartenir pleinement. La confirmation du XIIIème sommet de l’OIF à Kinshasa est une occasion à ne pas rater.
(Milor/PKF)
Le Potentiel
Last edited: 03/10/2008 15:01:18