Le général Babacar Gaye quitte la Mission des Nations unies en République démocratique (Monuc) pour se faire remplacer à ce poste par le général espagnol Vicente Diaz de Villegas nommé en début septembre dernier.

Le secrétaire général des Nations Unies, le général Babacar Gaye, était ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République du Sénégal en Allemagne, en Autriche et auprès des organes des Nations Unies de Vienne, au moment de sa nomination à la tête des forces de la Monuc.
Après l’obtention du baccalauréat en 1968, il prépare le concours de Saint-Cyr au Lycée Dumont d’Urville de Toulon et intègre en 1970 l’Ecole Militaire Spéciale de Saint-Cyr dans les rangs de la Promotion « général de Gaulle » 1970-1972. Ayant choisi l’Arme Blindée Cavalerie, il suit le Cours de perfectionnement des officiers subalternes à l’Ecole d’application de Saumur en 1979, puis commande un escadron à Tambacounda de 1980 à 1981.
De 1984 à 1986, puis à nouveau de 1991 à 1993, il commande un bataillon à Thiès. En 1997, il est nommé au commandement de la Zone Militaire de Kolda, nouvellement créée. En 2000, il quitte ce poste pour les fonctions de Chef d’Etat-Major Général des Armées.
Le général Gaye a participé à plusieurs opérations extérieures, notamment dans le cadre des Nations Unies : FUNU/SINAI 1974-1975, FINUL/LIBAN 1980-1981 et TEMPETE DU DESERT 1990-1991 où il commande le bataillon sénégalais. Il a par ailleurs pris part en 1981 à l’opération Fodé KABA II en Gambie et il a séjourné à plusieurs reprises.
Le général Babacar Gaye quitte le Congo après trois ans à la tête des casques bleus. C’était au cours de la conférence de presse de la Monuc qu’il a fait ses adieux à la population congolaise. Il a reconnu qu’il y a énormément de progrès effectué par la Monuc dont le bilan de ses forces se confond avec celui de la Mission, notamment au Kivu.
Deuxièmement, il s’est dit optimiste au regard des initiatives propres à la force. Jamais la force de l’Onu dont il a eu le privilège de diriger, n’a été aussi loin dans le soutien d’une armée nationale. «Nous avons reçu mandat du Conseil de sécurité dans la résolution 1756 d’entraîner les bataillons des FARDC déployés à l’Est a déclaré le général Babacar Gaye qui a ajouté : « Nous avons été aussi loin dans l’usage de la force.
Aujourd’hui cela est à l’ordre du jour au sein de la population et cela nécessite une action d’explication à faire et la presse est en première pour cela. C’est une force des Nations unies atypique non seulement par sa taille, mais par la nature de ses activités mais également qu’elle a eu à utiliser la force ».
Enfin, le général Babacar Gaye a souligné qu’il reste convaincu que son successeur fera le meilleur de lui-même pour achever la tâche.
C’est le 4 avril 2005 que le Conseil de sécurité de l’Onu a entériné sa nomination comme commandant des forces de la Monuc, sur proposition du secrétaire général Kofi Annan et de Jean-Marie Guéhenno responsable du Département des opérations de maintien de la paix (DPKO).
Il est le deuxième sénégalais à la tête de cette mission après le général Mountaga Diallo, ancien Inspecteur général des Forces armées sénégalaises et actuel ambassadeur du Sénégal à Moscou. Il a succédé au général Somaila Iliya du Nigeria.
Il sied de rappeler par ailleurs que le général Gaye a été nommé commandant de mars 2005 à septembre 2008. Sa mission, d’une durée initiale d’un an, fut prorogée à deux reprises. La crise du Nord-Kivu avec Laurent Nkunda, leader du CNDP, a obligé les Nations unies à le maintenir en poste jusqu’en octobre 2008.
Quid du Cluster Protection en Rdc ?
Au vu de la poursuite des affrontements et de l'insécurité généralisée dans les Kivus et la Province Orientale, le Cluster Protection lance un appel urgent aux parties à un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, et à la mise en oeuvre du plan de désengagement.
Selon OCHA, on estime à 100.000 le nombre des nouveaux déplacés suite à la reprise des combats le 28 août dernier, s'ajoutant au million de déplacés précédemment enregistrés. La communauté humanitaire est à pied d’œuvre pour évaluer les besoins urgents et porter assistance le plus rapidement possible. Toutefois, les crimes, les pillages et attaques contre les véhicules des acteurs humanitaires compromettent la capacité de ces derniers à se déplacer librement et faire leur travail.
La situation des droits de l’Homme dans le Nord Kivu reste catastrophique. Les groupes armés aussi bien que les forces gouvernementales continuent de se livrer au viol, à l’enrôlement de mineurs et diverses formes de vol, pillage et autres exactions à l’encontre des civils. Le moment est venu pour que toutes les institutions nationales s’impliquent réellement dans la résolution de cette crise, ne serait-ce que pour permettre aux humanitaires d’avoir accès aux communautés affectées.
Le cluster protection soutient les décisions prises par le Comité de pilotage du programme Amani à l’issue de ses travaux à Bukavu, le 22 Septembre dernier. Ce cadre reste la meilleure opportunité de continuation du dialogue entre les 22 groupes armés signataires de l’Acte d’engagement de Goma, par lequel ils se sont solennellement engagés à passer rapidement au désarmement, à la restauration de l’autorité de l’Etat, et à faciliter le retour des déplacés internes et des réfugiés.
(CL/PKF)
Célestin Lutete/MMC/LP
Last edited: 03/10/2008 13:59:14