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Qui chaussera les souliers d’Antoine Gizenga ?

Kinshasa, 03/10/2008 / Politique
La République démocratique du Congo se trouve une fois de plus à la croisée des chemins face à l’impératif de la désignation du successeur d’Antoine Gizenga Fundji. Le Premier ministre a jeté l’éponge le 25 septembre 2008. Tout de suite, cette démission invite la classe politique congolaise à de nouvelles concertations. C’est donc un nouveau rendez-vous aussi capital que décisif qui rappelle d’autres rencontres du genre. Il s’agit notamment de la Table ronde de Bruxelles, la proclamation de l’indépendance, l’avènement du régime de Mobutu, la proclamation du multipartisme qui a conduit jusqu’à la tenue de la Conférence nationale souveraine (CNS). Et puis il y a eu le dialogue congolais, un forum qui a préparé le terrain et balisé le chemin qui a abouti, en 2006, à l’organisation des élections libres, démocratiques et transparentes. Celles-ci ont eu le mérite d’avoir doté le Congo d’institutions de la République animées par des dirigeants dont la légitimité n’est plus mise en cause.

Ce sont là quelques rendez-vous importants lesquels la classe politique congolaise devait tirer des leçons aux fins d’aborder avec réalisme et sagesse ce nouveau passage.

Désigné, ensuite nommé chef du gouvernement, Antoine Gizenga avait accepté une mission délicate, mais non moins exaltante, celle de porter les espoirs des Congolais dans le cadre de la refondation de l’Etat et la reconstruction du pays. Cela sur fond d’exigence d’un environnement politique assaini et pacifié.

Sa démission, au terme de 20 mois de règne, intervient à un tournant décisif de la vie nationale caractérisée par l’insécurité et la guerre à l’Est du pays, le pari de la reconstruction fondé sur les cinq chantiers prioritaires de la République. En même temps, la décentralisation est entendue comme la cheville ouvrière de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.

Ces défis majeurs, ramassés à la volée, attendent le successeur du patriarche. Bien plus, ils devraient inspirer le chef de l’Etat et le guider dans le choix du futur Premier ministre. Certes, un accord conclu avant le second tour de l’élection présidentielle entre l’AMP, l’UDEMO et le PALU a accouché de la désignation d’Antoine Gizenga. Cet accord existe encore et il ne serait pas malvenu de prôner le respect des engagements et de la parole donnée.

Cependant, des velléités de dénonciation de ce texte sont enregistrées ça et là. D’aucuns soutiennent qu’elles pourraient s’expliquer par le fait que ledit accord n’avait pas prévu les goulots d’étranglement qui apparaissent aujourd’hui. Qu’indiquent les signes des temps ? Tout observateur avisé hésiterait s’agissant de cerner avec optimisme le destin de la RDC. C’est que nombreux sont portés à croire que les chances pour le Congo démocratique de sortir de l’auberge s’amenuise au regard de la situation qui prévaut actuellement.

Ainsi décrit, ce contexte général devrait interpeller tous les acteurs politiques et les pousser à être plus regardants quant au profil de la personnalité devant présider aux destinées du prochain gouvernement. Tant mieux si celle-ci peut être identifiée au sein du PALU. L’accord s’en trouverait sauvegardé.

Mais en revanche, le souci de préserver l’accord signé entre l’AMP, l’UDEMO et le PALU ne devrait pas priver le chef de l’Etat de ses prérogatives de dénicher l’oiseau rare à même d’exécuter toutes les manœuvres nécessaires au retour de la paix à l’Est du pays et à la reconstruction nationale.

Des noms sont avancés et circulent aussi bien dans l’opinion que dans les médias. Adolphe Muzito, ministre sortant du Budget serait le candidat du PALU. Le ministre sortant des Affaires étrangères et de la Coopération internationale Antipas Mbusa Nyamwisi est présenté comme un fin politique et habile négociateur. Il serait au fait de tous les dossiers qui touchent à la vie nationale et particulièrement en ce qui concerne la maîtrise de la question de l’Est liée à la problématique de la région des Grands Lacs.

L’actuel président de l’Assemblée nationale est également cité. Sa popularité dans l’Est du pays constitue un atout majeur que l’on associe à la connaissance qu’il a des acteurs et de la question de pacification. D’autres noms s’ajoutent au lot. Il s’agit, entre autres de l’ancien ministre du Portefeuille, Mme Jeannine Mabunda et du Professeur Mabi Mulumba.

A tout prendre, la préservation de l’intérêt supérieur de la nation devrait primer sur toute considération d’ordre géopolitique ou autre.

(Milor/PKF)

M.M./Le Potentiel

Last edited: 03/10/2008 14:10:51

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