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Inexorable revers de l’histoire : le temps des interrogations sur le sort du dernier seigneur de guerre des montagnes du Kivu, l’avéré déstabilisateur rwandophone Nkunda, est en train de tourner contre ce dernier qui a cru devoir narguer indéfiniment la RDC et qui, à ce jour, est donné moribond dans un lit près de ses pantins parrains de Kigali. Alors que l’incertitude plane sur le sort de son leader, blessé pour les uns, retranché dans son fief de Kachanga pour les autres, le CNDP plus que jamais à la portée des frappes des Fardc.

Le conflit armé récurrent et harassant qui oppose depuis des lustres la rébellion nkudiste et les Fardc à l’Est du pays tend, lentement mais sûrement, vers son épilogue une certitude qui s’est appuyée sur des indices sérieux qu’inspirent les derniers déve­loppements de la situation, sur le terrain. Mais découlant éga­lement des vues émanant de deux Parties dont le décryptage est un sérieux indicateur sur l’is­sue des événements. Une issue qui se dessine à l’avantage des Fardc désormais en position de force après les récentes victoi­res sur l’ennemi. Il y a quelques jours, l’armée régulière, ap­puyée par la Monuc, a fait subir-lors d’une campagne militaire retentissante dans les territoires de Masisi et de Rutshuru - de sérieux revers au CNDP qui était obligé de battre en retraite tout en abandonnant ses positions.

Cette offensive magistrale des Fardc aura eu le mérite de les remettre sur orbite et consacrer leur ascendance sur un ennemi visiblement dérouté et désorienté. A l’heure qu’il est plusieurs sour­ces concordantes affirment la dé­bandade des hommes de Laurent Nkunda qui se seraient dispersés dans la nature, cherchant déses­pérément à se réorganiser. Le fait pour le CNDP d’adopter un profil bas tout en mettant un bémol à son bagout et à son triomphalisme légendaire, est loin d’être innocent. En lieu et place, ce sont des jéré­miades qui fusent du camp du CNDP accusant la Monuc d’avoir soutenu les forces gouvernemen­tales lors de récents combats alors qu’elles perdaient du terrain.

La désillusion est donc fla­grante pour ce mouvement rebelle qui a longtemps développé l’illusion d’une supériorité artificielle en mi­sant sur l’appui militaire qu’il bé­néciait du Rwanda. Ce qui a fait pousser des ailes au commande­ment militaire des Fardc comme en témoignent les récents propos du Chef d’Etat-major général s’ex­tasiant sur la force de frappe de ses troupes désormais mieux or­ganisées et mieux équipées avec un moral haut.

« Les FARDC connaissent désormais mieux qu’avant les stratégies militaires de l’ennemi. Tou­tes ses positions stratégiques se trouvent à la portée des frappes de nos troupes et nous pouvons faire mal à tout moment », a-t-il déclaré comme pour affirmer la position confortable dans laquelle se retrouve aujourd’hui l’armée gou­vernementale par rapport à l’en­nemi, « démoralisé et affaibli » à cause des pertes subies.

La cause est presque entendue

Le Général Kayembe est plus que convaincu que les dés sont jetés et la cause entendue pour le CNDP désormais à portée de main. Et d’alléguer qui n’y a présentement pas un seul point où (l’ennemi) se trouve que nous ne puissions pas atteindre avec nos armes, qu’il s’agisse de Kiloriwire, de Kabati, ou de Mwoso. Que le CNDP, habitué à répondre au coup par coup, n’ait pas répliqué ni réagi à de telles allégations frisant la provocation, c’est qu’il y a anguille sous roche. D’autant plus que jus­qu’à ce jour, des informations alar­mantes font état de la disparition présumée ou non, du leader du CNDP qui n’a plus donné signe de vie depuis quelques temps. Une grande incertitude plane actuelle­ment sur son sort exacerbée par la récente confidence de la facilitation internationale qui aurait perdu depuis le 9 juin dernier, tout contact direct et personnel avec le leader du CNDP. Ce dernier, selon la même source, aurait tronqué  sa tenue de militaire et son badge « rebelle pour Christ » au profit d’un costume-cravate.

Où se trouverait présente­ment Laurent Nkunda ? La radio trottoir le présente, tantôt comme grièvement blessé et hospitalisé à Kigali, tantôt comme retranché dans son fief de Kachanga où il écume sa défaite militaire. Toutes ces hypothèses traduisent la si­tuation aléatoire dans laquelle se retrouve le CNDP dont l’avenir est aujourd’hui estampillé du sceau de l’incertitude. Outre l’angoisse qu’inspire le sort de son leader, le CNDP - en proie à des remous in­ternes -, est aussi frappé dans son unicité qu’il a du mal à maintenir. Il  y a peu, un haut cadre militaire de ce mouvement rebelle a rejoint la 61ème  brigade intégrée des Fardc.

Une escapade qui sonne le glas d’un label qui ne tente plus ni ne rassure les hommes des trou­pes sacrifiés sur l’autel de l’intérêt égoïste d’un leader va-t-en-guerre et insensible aux conditions socia­les de ses soldats. De plus en plus, des révélation accablantes mettent à nu les travers de Nkunda dans la gestion de son armée écartelée entre les unités de sa garde rapprochée soignées aux petits oignons et le reste des troupes affamées et mal rémuné­rées. Ces dernières combattent sous le label CNDP par simple conviction espérant des jours meilleurs au risque de leur vie sans toutefois obtenir les faveurs espérées de leur mentor. Ainsi va la vie au CNDP, si on s’en tient aux révélations du fameux cadre mili­taire ayant fait défection. Fissure de l’intérieur, le mouvement armé qu’encadre Laurent Nkunda fait dé­sormais eau de toute part.

Un avenir de plus incertain

Bosco Ntaganda, chef d’Etat major de Nkunda, qui semble pren­dre les rennes du mouvement, ne rassure guère. Non seulement qu’il n’a pas l’étoffe de meneur d’hom­mes, mais de plus, ploie sous un mandat d’arrêt international qui va certainement réduire la portée de son action. Il en est de même de Patient Mwandanga, un ancien gouverneur du sud Kivu longtemps réfugié en Belgique qui n’offre pas non plus les garanties de conduire le navire à bon port. Cela revient à dire que l’après Laurent Nkunda risque d’être une cure amère à avaler par ceux qui vont éventuelle­ment lui succéder au cas où la nouvelle sur son état de santé pré­caire se confirmait. On aura alors qu’à chanter le requiem pour ce mouvement rebelle créé en 2006 par Laurent Nkunda, quelques mois avant les élections généra­les, afin, disait-il, de protéger les Congolais d’origine tutsi comme lui.

Autre tableau ténébreux, c’est sans conteste la fermeture, fin août, du poste de Bunagana situé aux frontières de l’Ouganda et du Rwanda, dont les recettes alimentaient la rébellion de Laurent Nkunda. Ce dernier qui a énormé­ment tiré profit de sa présence dans ce vaste territoire riche en minerais et en pâturages, est ainsi coupé d’un de ses principaux points de ravitaillement et d’appro­visionnement en armes rendant du coup aléatoire, la survie de sa ré­bellion.

Comme quoi, le général re­belle n’a plus d’autre alternative aujourd’hui que de revenir au sein du processus Amani qu’il a dé­serté depuis bientôt 3 mois. C’est une chance qui s’offre au CNDP qui doit se joindre aux autres grou­pes armés signataires des actes d’engagement au Nord-Kivu atten­dus au centre de regroupement et de brassage de Nyaleke à partir du 3 Octobre prochain.

(Ern./PKF)

AD/Uhuru

Last edited: 02/10/2008 16:00:02

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