Le processus de l’écartement du 2ème vice-président de l’Assemblée nationale par la plénière de cette Chambre basse du Parlement a été entamé depuis la motion soulevée par un député réclamant la suspension du concerné qui avait vilipendé son chef hiérarchique Vital Kamerhe.

Rien ne sert de revenir sur la bourde commise par le 2ème vice-président de l'Assemblée nationale, Marc Mvuama, qui a fait couler beaucoup d'encre et de salive il y a quelque temps. Lors de la plénière du vendredi 26 septembre dernier, les députés se sont saisis de ce dossier. L'un d'eux, intervenant par motion, avait proposé que l'incriminé soit suspendu de ses fonctions en attendant qu'une commission statue sur son cas et propose une sanction définitive à la plénière.
Serein comme dans ses habitudes, Vital Kamerhe a calmé le jeu et laissé ses collègues s'assumer pour éviter de donner l'impression d'orienter le débat sur cette question. En toute responsabilité, les élus du peuple à la chambre basse ont opté pour un huis clos à l'issue duquel ils ont mis en place une commission ad hoc. Chaque province est appelée à désigner un membre à cette commission.
Avant que celle-ci ne commence à siéger, dans les couloirs du Palais du peuple, certains députés ne jurent que par le départ de Mvuama du bureau de l'Assemblée nationale. Selon eux, la gaffe de leur 2ème vice-président ne ternit pas seulement l'image de marque de leur sémillant président, mais de toute leur chambre, remettant ainsi en cause l'honorabilité de leur fonction.
Comment, s'interrogent-ils, un membre du bureau d'une prestigieuse institution comme la leur, et de surcroît un professeur au niveau supérieur peut-il porter sur la place publique un problème interne à son ménage ? Pour ces députés, en brisant l'harmonie constatée jusque-là au sein du bureau, Mvuama s'est ouvert lui-même la porte de sortie, car sa présence ne favoriserait plus un bon climat de travail.
Par ce temps de turbulences politiques faites de suspicions et de trafic d'influence, un document jugé confidentiel par le bureau peut se retrouver dans la rue. De prime abord, toutes les présomptions ne doivent peser que sur Mvuama. C'est pourquoi, certains autres députés souhaitent que, suivant le courage politique du leader de son parti le Palu, il puisse rendre le tablier, quitte à négocier un poste de ministre ou vice-ministre dans le futur gouvernement en gestation.
Du côté du Palu, les députés ont préféré donner leur langue au chat. Ils préfèrent attendre la suite des événements. Ils se sentent dans l'embarras de défendre une cause perdue. Mais on sait que certains d'entre eux ne verraient pas de mauvais œil l'éviction de Mvuama pour le remplacer au perchoir.
Ce cas du 2ème vice-président de l'Assemblée nationale constitue une belle leçon pour les partis politiques quant aux choix à porter sur les personnes à placer aux postes de responsabilités. Ne devient pas homme d'Etat n'importe qui. Il faut éviter la complaisance dans les nominations.
(Milor/PKF)
Rombaut Ot/L’Observateur
Last edited: 01/10/2008 17:15:27