Toute la vérité sur l’accord AMP-PALU
Kinshasa, 06/10/2008 / Politique
Haro sur les spéculations politiciennes, les observateurs avertis montent au creneau. Au terme de l’accord, le poste de Premier ministre revient bel et bien au Palu.Il y a deux ans, ce mariage était validé par le peuple dans les urnes.
De fait, l’on aurait tort de ne scruter l’axe AMP-Palu qu’au travers des lunettes politiciennes. Ce rapprochement s’inscrit d’abord dans une perspective idéologique et historique. Kabila père et Antoine Gizenga sont tous deux issus du nationalisme lumumbiste. Depuis le coup d’Etat de septembre 1960 contre le gouvernement légitime et élu de Lumumba, aussi bien Laurent Désiré Kabila qu’Antoine Gizenga n’ont eu de cesse de ne réclamer que la réhabilitation du souverain primaire. C’est dans cette logique qu’une fois de retour au pays, début 1990, le leader du Palu a mobilisé toute sa base pour l’organisation des élections.
Avec la relance du schéma électoral à la faveur de l’avènement de Joseph Kabila, le Palu a vite compris que l’intérêt du peuple était d’apporter sa caution à un pouvoir qui voulait organiser les élections. Ainsi on a vu le Palu peser de tout son poids pour symboliser la participation de l’opposition aux élections d’il y a deux ans. Contrairement à l’autre géant de l’opposition, le Palu n’a pas appelé au boycott du processus électoral. Il a invité la population à s’enrôler massivement.
Cette initiative du Palu, parti suffisamment implanté dans la capitale et dans l’Ouest du pays, a eu pour effet de brouiller le mot d’ordre de boycott lancé par l’UDPS. Antoine Gizenga offrait un cadeau au président Kabita et permettait ainsi aux nombreux Congolais de lui emboîter le pas. Mettant le cap sur les élections, le Palu avait su trouver des mots justes pour balayer les arguments de ceux qui voulaient faire un procès en imperfection contre le projet de Constitution. Pour Antoine Gizenga, l’essentiel était que ce texte soit voté, quitte à ce que le Parlement issu des urnes puisse l’amender au besoin.
Mais, c’est à l’issue du premier tour des élections législatives et présidentielle qu’interviendra ce qu’il est convenu d’appeler le mariage autant de cœur que de raison entre le Palu et la famille kabiliste. Face au risque de clivage Est-Ouest consécutif aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle, il était du devoir de tous les nationalistes de conjurer de danger. Et comme par un heureux hasard, Antoine Gizenga fort de ses 13% récoltés au premier tour, se posait en arbitre incontournable pour de partager Joseph Kabila et Jean-Pierre Bemba. Suprême cadeau du vieux leader nationaliste à son frère idéologique. Antoine Gizenga s’engage aux côtés de Joseph Kabila.
A l’arrivée, c’est un nationaliste qui gagne l’élection et la menace de fracture du pays est écartée. Le mariage AMPPalu est ainsi scellé sur fond d’unité nationale et en présence du peuple jouant à la fois, le rôle d’officier de l’Etat civil et de témoin.
On l’aura compris, l’axe AMP-Palu n’a rien d’une alliance opportuniste ou conjoncturelle comme on en trouve à profusion sur l’espace politique congolais. Il s’agit d’un manège sacré sanctionné par la volonté populaire au travers des élections de 2006.
Désacraliser ce manage serait alter à l’encontre de la volonté du souverain primaire.
(Milor/PKF)
Forum Des As
Last edited: 06/10/2008 14:51:02