Le rapport synthèse des vacances parlementaires des sénateurs pour les exercices 2007 et mars 2008, tel que présenté à la plénière de la Chambre haute du Parlement, dresse un indéniable sombre tableau de la situation générale des provinces de la RDC.

C’est lundi 29 septembre que les membres de la Chambre haute du Parlement ont procédé à la présentation du rapport synthèse des vacances parlementaires de l’exercice 2007 et de mars 2008. Un rapport dont le constat général est que nos provinces sont confrontées à plusieurs problèmes de même nature. Aussi bien au plan politico-administratif qu’aux plans économique, socioculturel, judiciaire et sécuritaire.
A titre d’exemple, au plan politico- administratif, la Commission ad hoc qui a présenté le rapport, en passant en revue la situation spécifique de chaque province a noté la difficulté des populations à comprendre le programme du gouvernement central et celui de chacune des provinces du pays; la modicité des salaires, la non maîtrise des effectifs dans l’administration publique, la persistance des tensions salariales, la corruption et la concussion, la non retenue effective à la source des 40% des ressources au profit des provinces, les arriérés des dotations mensuelles des Assemblées provinciales, la léthargie des activités des partis politiques après les élections de 2006, l’accès difficile de certains d’entre eux aux médias tant publics que privés.
Au plan économique, le diagnostic posé par la commission renseigne que l’économie nationale est toujours en régression. Avant d’épingler l’exploitation illégale des minerais et autres ressources naturelles, une situation due, selon le rapport, à l’absence des agents du Centre d’expertise et d’évaluation des matières précieuses et semi-précieuses dans les comptoirs. Il y a aussi la carence des imprimés de valeur, la dollarisation de l’économie et la détérioration de la valeur du franc congolais, l’abandon de l’agriculture et l’absence d’une politique agricole cohérente à l’échelle nationale.
Au plan judiciaire, le rapport cumulé fait état d’insuffisance des magistrats et des tribunaux de paix dans plusieurs coins de l’arrière- pays, des conflits de compétence entre l’Anr et les parquets qui gangrènent l’appareil judiciaire, de la mauvaise distribution de la justice à cause de l’insuffisance du personnel judiciaire et du mauvais état des infrastructures des cours et tribunaux, du recours au droit coutumier.
S’agissant de la situation sécuritaire, d’une manière générale, le rapport du Sénat déplore entre autres le fait que, mal payés, des éléments des FARDC, de la Police nationale ainsi que des services de sécurité s’improvisent dans les zones minières comme principales autorités. De même, le rapport fait état des tracasseries orchestrées par des autorités politico-administratives et judiciaires contre des paisibles citoyens.
Rapport lacunaire ?
Concernant particulièrement la situation sécuritaire dans l’Est du pays, le rapport stigmatise le non-respect de l’acte d’engagement issu de la Conférence sur la paix signé en février dernier à Goma par le gouvernement et les groupes armés. Les phénomènes Mbororo et LRA dans la Province Orientale et FDLR au Kivu-Maniema font également partie de ce rapport pour lequel nombre de sénateurs ont salué l’effort fourni par leurs auteurs, mais qui semblait tout de même lacunaire quant à la situation réelle de certains coins du pays et aux recommandations formulées en direction des autorités gouvernementales.
En effet, aussitôt la lecture du rapport terminée, le président du Sénat Léon Kengo wa Dondo a convié chacun des membres de sa Chambre désireux de prendre la parole, à monter à la tribune en vue d’enrichir le travail qui venait d’être présenté. C’est alors que des sénateurs ressortissants de l’Equateur se sont succédé pour fustiger le fait que le rapport synthèse concernant leur province ne correspondait pas aux différents rapports déposés par les uns et les autres à l’issue de leurs vacances.
Ainsi ce sénateur de la Tshuapa qui a soulevé les problèmes ignorés de sa circonscription tels que l’inexistence des routes, absence des ports fluviaux, des écoles et autres hôpitaux, etc. Et de conclure, dépité : « La Tshuapa ne se reconnaît pas dans ce rapport ». Ainsi cet autre sénateur qui a suggéré une concertation avec ses collègues de la province afin de parvenir à une cartographie plus exacte de l’Equateur. Idem pour d’autres sénateurs se trouvant dans le même cas.
(TH/PKF)
G.K/Le Phare
Last edited: 30/09/2008 14:58:22