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Bonjour | 02/12/2008 4:21 | English Make DC Home page | RSS feed

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Antoine Gizenga est le seul à quitter le gouvernement. Tous ses ministres vont continuer à expédier les affaires courantes, notamment la finalisation du Budget 2009, sous la conduite de Nzanga Mobutu. Quant à la succession proprement dite du Premier ministre démissionnaire, Gizenga avait déjà choisi Adolphe Muzito, actuel ministre du Budget. La crise politique qu’aurait pu provoquer la démission de Gizenga de son poste de Premier ministre est pour le moins différée. Le Président Joseph Kabila semble jouer la carte de la continuité. La désignation d’un nouveau formateur n’est pas pour demain. Il faudra attendre un ou deux mois, le temps pour l’équipe ministérielle sortante d’apprêter le Budget 2009.

Le temps aussi pour la majorité de se mettre d’accord sur le partage du pouvoir. Le temps, enfin, de faire baisser la tension et d’apaiser les appétits gloutons des politiciens avides du pouvoir. Hier en début de soirée, une source très crédible a confié à La Prospérité, requerrant l’anonymat comme le veut la prudence en pareilles circonstances, que Nzanga Mobutu, ministre d’Etat à l’Agriculture, va assumer l’intérim de Gizenga à la Primature. Ce n’est pas une première, car à plusieurs reprises par le passé, Nzanga a effectivement assuré l’intérim de Gizenga. Il y a peu, Antoine Gizenga est revenu de la Chine où il a fait au moins deux semaines de vacances entrain de se refaire la santé. C’est Nzanga qui dirigeait le Gouvernement. Même quand Gizenga était présent à Kinshasa, mais empêché, Nzanga le représentait à des réunions officielles. S’il était demandé aux membres du Gouvernement d’évaluer Nzanga, ils le feraient sans doute.

La nouvelle de la désignation de Nzanga, dont la confirmation pourrait intervenir au sortir du dernier Conseil des ministres du Patriarche ce mardi 30 septembre, pour continuer à très court terme l’œuvre de Gizenga, a été interprétée de plusieurs manières. Pour certains, le Président Kabila tient aux symboles. C’est peut-être une façon de dire qu’il respecte les Accords préélectoraux AMP-Udemo-Palu du Grand Hôtel Kinshasa. Des Accords que voudraient enterrer certains caciques de l’AMP. Nzanga, c’est connu, tient au respect de l’esprit et de la lettre de ces Accords. Mais il penche pour une sorte de révolution du palais. C’est-à-dire que le poste de Premier ministre lui revienne. Nzanga a les qualités de ses défauts. Fils de Mobutu, originaire de l’Equateur le fief de Bemba, pas conflictuel, etc.

Muzito, l’héritier du trône.

Le Palu a sa propre lecture des Accords du Grand Hôtel Kinshasa. Le parti de Gizenga veut, naturellement, conserver le poste de Premier ministre. Une certaine unanimité se serait dégagée autour de la personne de Adolphe Muzito, actuel ministre du Budget. Dans sa route vers la Primature, Adolphe Muzito a déjà reçu la bénédiction de Gizenga Antoine. Celui-ci aurait même pris soin de déposer le nom du ministre du Budget sur la table de Kabila. La base radicale du Palu soutient la démarche. Adolphe Muzito répond, de l’avis de beaucoup d’analystes, lorsque l’on parle du Palu, à tous les critères devant entrer en compte dans le choix du nouveau Premier ministre. On dit que le choix du Président devait être guidé par ses objectifs. La pensée va ici aux cinq chantiers.

Beaucoup de choses ont été faites sous Gizenga. Il a obtenu des appuis au secteur de l’énergie, l’eau, les routes, etc. Ça commençait à bouger par-ci par-là. A. Gizenga, il a manqué la capacité à coordonner. Si Muzito arrive, il devrait savoir communiquer et mettre de l’ordre dans la boutique. Ne pas diluer l’autorité et le pouvoir. Le nouveau Premier ministre devait être capable de mettre fin à l’existence d’un gouvernement parallèle. On a habitué les Congolais à voir des conseillers du Président occuper le terrain des membres du Gouvernement. Le changement dans la continuité, voilà ce qu’exigent les gens du Palu. Au Président Kabila de s’assumer.

Voici les trois vérités du Palu, après la démission de Gizenga !

Quelle que soit la longueur de la nuit, dit-on, le soleil apparaîtra. Cette maxime, vielle comme le monde, semble être bien maîtrisée au Parti Lumumbiste Unifié. Quatre jours après la démission, le 25 septembre dernier, du Patriarche Antoine Gizenga Funji, 83 ans, voici qu’un officiel, en la personne de Joseph-Dovel Mpango Okundo, coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui véhiculaient jusqu’ici, des informations de toutes sortes.

Hier, en effet, sur les antennes de la télévision d’Etat, cet homme qui, dans le gouvernement sortant, assumait les fonctions de Vice-Ministre de l’Intérieur, s’est voulu plutôt rassurant. Dans ses propos, il a soutenu trois vérités cardinales au sujet de la suite des événements, après cette démission que d’aucuns qualifient d’élégante, du gourou des Pende. Le Palu est un parti légaliste. Ensuite, le Palu est respectueux de la Constitution. Et, enfin, le Palu croit en la justesse du choix que le Président Kabila est appelé à opérer face au vide créé par cette démission.

Sans plus, le Vice-Ministre de l’Intérieur qui engageait, pour ce faire, le Premier Ministre démissionnaire, ne veut pas que les gens se perdent en conjectures. Par le mot légaliste, il explique que le Palu via Gizenga avait conclu un accord avec l’AMP, au travers de son initiateur Joseph Kabila, à la veille du second tour de la présidentielle. Cet accord, un document de référence historique dont on ne saurait se passer sans susciter des remous de nature à plonger le pays dans une crise politique inutile.

Au niveau de la Constitution, là aussi, l’homme dit que les textes sont clairs sur le mode de désignation d’un Premier Ministre. Ce n’est pas aujourd’hui que les politiques de tous bords peuvent réinventer la roue d’une nouvelle machination.
Puis, il faudrait attendre que le Président Kabila, lui, s’assume devant Dieu et les hommes. C’est-à-dire qu’en fonction de ses entretiens secrets avec le Premier ministre démissionnaire, qu’il fasse preuve d’un choix judicieux. C’est tout.
Au Palu, il n’est nullement question de dicter au Chef de l’Etat des schèmes alambiqués, loin des textes et du bon sens. L’intérêt général veut que dans la sérénité, le Palu attende la sanction finale du Chef de l’Etat. C’est une acception qui ne peut souffrir d’aucune interprétation du genre d’avancer des noms dans la rue, au Président de la République. Ainsi dit, tous les noms qui circulent n’engagent pas le Palu, ouvertement. Ils sont, par contre, à verser dans le panier des «ont dit ».

En tout état de cause, le Palu, affirme-t-il, sait se battre. C’est un parti qui,  au fil des années, connaît ses forces et limites. Il détient le secret de l’adhésion populaire à sa cause. Comprenne qui pourra !

(Ern./PKF)

Marcel Ngoyi/La Prospérité

Last edited: 30/09/2008 13:45:05

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