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Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont confirmé vendredi les accusations de crimes de guerre et contre l’humanité, notamment pour meurtre et viols, contre deux miliciens congolais, ouvrant la voie à la tenue du deuxième procès devant ce tribunal. La Chambre a confirmé qu’il existe des preuves suffisantes " contre Germain Katanga et Mathieu Ngudjolo Chui, deux chefs miliciens de la région d’Ituri (est de la République démocratique du Congo, Rdc), écrit la CPI dans un communiqué.

Germain Katanga, 30 ans, et Mathieu Ngudjolo Chui, 37 ans, apparentés à l’ethnie Lendu, étaient les chefs de deux milices ayant ravagé l’Ituri dans leurs affrontements avec les miliciens de l’ethnie Hema. Ils sont poursuivis pour l’attaque contre le village de Bogoro le 24 février 2003 menée conjointement par la Force de résistance patriotique en Ituri (Frpi) et le Front des nationalistes et intégrationnistes (Fni), dont ils étaient les dirigeants. " C’est un jour important pour les victimes des atrocités commises à Bogoro , l’impunité recule en Rdc ", a déclaré à l’Afp Géraldine Mattioli, juriste de l’ONG de défense des droits de l’Homme Human rights watch.

Les juges ont " des motifs substantiels de croire ", sans préjuger du fonds du procès, que les deux accusés ont commis les crimes de meurtre, viols et réduction en esclavage sexuel, pillage et destruction de propriété notamment, selon le communiqué. Ils ont aussi confirmé " le crime consistant à faire participer des enfants de moins de 15 ans à des hostilités " en " les utilisant personnellement comme gardes du corps et comme combattants pendant l’attaque menée contre le village de Bogoro ", précise la Cour. Selon l’accusation, le village de Bogoro avait été rayé de la carte. Lors des audiences de confirmation des charges en juin, le procureur de la CPI avait demandé la confirmation de treize chefs de crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Les juges n’en ont retenu que dix, rejetant les charges d’actes et traitements inhumains et d’atteintes à la dignité des personnes. Selon les ONG, les affrontements interethniques et les violences entre milices en Ituri, pour le contrôle notamment de ses mines d’or qui comptent parmi les plus importantes au monde, auraient fait 60.000 victimes depuis 1999. Germain Katanga avait été transféré au centre de détention de la Cpi à La Haye en octobre 2007, suivi en février 2008 par Mathieu Ngudjolo.

Leurs dossiers ont été joints en mars. Leur procès, dont la date n’a pas été précisée vendredi, devrait être le deuxième organisé devant la Cour pénale internationale, entrée en fonctionnement en juillet 2002. Il devrait prendre plusieurs mois. Le premier procès de la Cpi, contre leur ancien ennemi, le milicien hema Thomas Lubanga, accusé d’enrôlement d’enfants soldats, devait commencer en juin. Il a été suspendu en raison d’un problème sur la communication de pièces par l’accusation à la défense. La Cpi est le premier tribunal international permanent chargé de juger les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.

L’Avenir/Afp

Last edited: 27/09/2008 15:11:22

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