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Bonjour | 02/12/2008 3:09 | English Make DC Home page | RSS feed

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L’effet de surprise passé, il faut regarder l’avenir maintenant avec sérénité. L’urgence consiste désormais à nommer un Premier ministre pour mettre en place un gouvernement. Mais l’on assiste déjà à une levée de boucliers au sein des partis politiques comme si les hommes politiques refusent toujours de regarder la vérité en face. Et pourtant, il faut tirer des leçons utiles de la démission, acceptée ou pas encore, du Premier ministre Antoine Gizenga afin d’éviter une nouvelle crise politique.  Levée de boucliers au sein des partis politiques depuis que Antoine Gizenga a démissionné de son poste de Premier ministre. Les premières réactions enregistrées ne présagent pas quelque chose de bon.

Tout se passe comme si le patriarche a surpris tout le monde. Cette impression qui se dégage au sein de son propre parti, dans le gouvernement, au-delà au sein de sa famille politique, l’ AMP. Ceux qui soutiennent que cette démission n’a pas été négociée, peut-être l’a-t-elle été à un niveau très restreint, n’ont pas tort. Evidemment, il n’y a que des incrédules et des naïfs qui s’imaginaient que la “rupture ” n’interviendrait pas avant cinq ans, banalisant les impondérables de la politique. Or, il importe de retenir que le mandat du Premier ministre n’a pas du tout la durée d’une législature. A tout moment, pour une raison ou une autre, il peut quitter ou être démis de ses fonctions. Antoine Gizenga a préféré démissionner.

Il est aussi vrai qu’on l’attendait au tournant, précisément au Parlement. Cependant, la situation est à peu près identique à celle de l’ANC de l’Afrique du sud qui a poussé l’ex-président sud-africain, Thabo Mbeki, à la démission. Gizenga a subi le même sort au sein de l’AMP. Qu’il ait décidé de “ démissionner seul”, réconforte cette thèse.

Dans les deux cas, l’on craint que l’Afrique du sud et la République démocratique du Congo traversent une période de flottement qui engendrerait une crise politique. A l’ANC, l’on assistera désormais à de véritables passes d’armes entre les partisans de Mbeki et ceux de Jacob Zuma. Des opportunités qui pourraient aboutir à une scission au sein de l’ANC.

L’AMP n’échapperait pas à cette situation, si l’on n’y prend garde. Ceux qui ont poussé Gizenga à la démission s’emploient sûrement à le remplacer. Ce qui ne plairait pas au Palu qui a déjà annoncé qu’il présenterait un nouveau premier ministre au Président de la République. Quant à l’UDEMO, elle envisage sérieusement la suite de la coalition dans la mesure où, depuis un certain temps, son président national subit des “humiliations ” lors des manifestations publiques, alors que, selon la Constitution, c’est lui qui devrait assumer l’intérim du Premier ministre, une fois empêché.

Mais des images ont démontré le contraire, donnant ainsi matière à interprétation. En plus, les dernières nominations des bourgmestres et commissaires de district qui seraient intervenues en violation de la Constitution, puisque les districts ne sont pas prévus, n’ont privilégié qu’un partenaire de la coalition ; le PPRD. L’UDEMO a promis de tirer toutes les leçons qui s’imposent. L’on n’est pas vraiment loin de l’éclatement de la coalition si tout le monde ne revenait pas au bon sens. Une crise politique pointe donc à l’horizon.

Postes ministériels et enjeu national

Le mérite dans la démission du Premier ministre, c’est qu’elle oppose une réflexion profonde à toute la classe politique, toutes tendances confondues. Certes, en politique, les alliances ou accords politiques sont nécessaires pour gouverner en vue de concrétiser le programme approuvé par le Parlement.

Mais en démissionnant, Antoine Gizenga a démontré que tout n’était pas que rose. Quelque part, les choses ne marchaient pas bien, et le poids de l’âge ne serait pas le seul argument plausible. Il se serait sûrement rendu compte que son bilan n’était pas positif comme il l’aurait souhaité. Il a préféré démissionner. Pour preuve, n’a pas établi son propre bilan à l’image de Thabo Mbeki au moment où il démissionnait. Et les nombreux dossiers en suspens : Mbudi, grèves sociales, contrats léonins, guerre du Kivu, insécurité en Ituri … constituent une illustration parfaite d’un bilan mitigé.

Le prochain Premier ministre devrait répondre à certains critères pour relever ces défis. Et ce n’est pas au nom d’une coalition chancelante qu’il faut revendiquer ce poste qui doit se mériter. Mutas mutandis en ce qui concerne les postes ministériels. On ne peut, après deux ans de règne, continuer à distribuer des postes à qui mieux mieux, au nom d’une sacro-sainte alliance. Si la majorité parlementaire n’a pas subi le coup, l’on doit puiser dans ses réserves pour chercher des talents. Et s’il le faut, s’ouvrir à des technocrates, à d’autres formations politiques, dans un gouvernement d’ouverture, en privilégiant l’intérêt supérieur de la Nation.

Une fois de plus, le mérite de la démission du Premier ministre réside dans cette projection, au premier plan, de l’enjeu national. D’où cette récurrente interrogation sur la problématique du leadership au sommet de l’Etat. Le gouvernement Gizenga a été accusé d’immobilisme, d’absence de vision, de manque de courage politique, et de comportement inacceptable hypothéquant les droits inaliénables de l’Etat congolais.

Le successeur de Gizenga devra être un leader. Son choix doit être lié essentiellement à sa capacité de réaliser de façon concrète les droits de la population. Son profil doit répondre aux traits suivants : apte à conduire le peuple, disposer de l’expérience de la vie des hommes et de la gestion des affaires de l’Etat, être un rassembleur audacieux, faire preuve de vision pour des buts à atteindre.

Certes, les élections locales pointent à l’horizon, si jamais elles ont lieu. Mais l’on ne peut sacrifier le destin de tout un pays, de tout un peuple en s’illustrant dans cette obsession de conservation et de conquête de pouvoir pour le pouvoir, sans la moindre élévation en direction de l’intérêt national. Rébellions, sécessions, guerres d’agression, transition, organisation des élections, démission d’un Premier ministre, sont là autant d’événements politiques susceptibles de forger la conscience nationale. Pour éviter une nouvelle crise politique.

(TH/PKF)

Le Potentiel

Last edited: 27/09/2008 15:05:30

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