Démarrage effectif ce vendredi à la Chambre basse du parlement des travaux de l’actuelle session ordinaire de septembre avec la première séance plénière qui avait connu des reports et qu’a présidée le premier des députés Vital Kamerhe avec à ses côtés le 2ème Vice-président Marc Mvwama.

La première plénière vivement attendue de l’actuelle session ordinaire de septembre de l’Assemblée nationale est bel et bien intervenue ce vendredi au Palais du peuple de Kinshasa après deux reports dus au calendrier de travail fort chargé du Président de la Chambre basse du Parlement, M. Vital Kamerhe. La Salle des Congrès a connu une forte et peu ordinaire affluence aussi bien des députés présents avec un large quorum que du reste de l’assistance à la curiosité on eût dit piquée au vif en notant la présence aux côtés du maître des céans Vital Kamerhe de M. Marc Mvwama, 2ème Vice-président du bureau de l’Assemblée nationale, celui-là même qui a défrayé la chronique avec l’affaire désormais connue sous son nom et par laquelle ce leader du parti Palu a porté de graves accusations sur la personne du président de la Chambre basse du Parlement.
Magnanime Kamerhe !
C’est un Kamerhe tout serein qui a été vu à son entrée dans la salle en saluant en toute jovialité les députés qu’il retrouvait après les vacances parlementaires et suivi par tous les membres du bureau dont le 2ème Vice-président Marc Mvwama, comme s’il n’y avait jamais eu d’étincelle entre les deux hommes. D’aucuns n’ont pas hésité à admirer la magnanimité du président de l’Assemblée nationale dont la manifeste mansuétude l’a poussé à ne point repousser le collaborateur qui l’avait publiquement outragé et qu’il avait même proposé de voir éloigné de son entourage.
Qu’à cela ne tienne, toute l’assistance dans la Salle des Congrès a constaté la grandeur d’âme de Kamerhe qui n’a même pas fait cas de la crise entre lui et son 2ème Vice-président.
N’eût été la motion soulevée par un député autour de ce dossier que l’orateur a présenté comme un scandale aux déplorables éclaboussures du président de l’Assemblée nationale et de toute l’institution, il y a à parier que si cela n’avait dépendu que de M. Kamerhe, la plénière était sur le point de ne pas se saisir de l’affaire.
Du reste, en dépit de l’énervement de l’intervenant proposant un débat qui eût pu aboutir à de vertes remontrances de M. Marc Mvwama, le président Kamerhe s’est montré très accommodant de la deuxième proposition finalement adoptée et renvoyant l’affaire à un huis clos. Ainsi le linge sale se lavera en famille, contrairement à l’entorse faite au règlement intérieur par le 2ème vice-président de l’Assemblée nationale qui avait porté l’affaire sur la voie publique par la presse interposée.

Dans les coulisses, on a appris que dans la matinée, avant la plénière, le président de l’Assemblée nationale qui recevait tous les collaborateurs membres du bureau n’avait point repoussé Marc Mvwama qu’il aurait même reçu longuement en aparté. Sans doute la tension entre les deux hommes avait trouvé un premier apaisement, ce qui expliquerait l’indéniable détente remarquée entre eux à la plénière.
En dehors de ce fait, le climat dans la Salle des Congrès avait retrouvé les allures ordinaires de ses séances. Le président de l’Assemblée nationale a ouvert la plénière avec un discours d’introduction expliquant la reprise retardée des travaux de la session, en l’occurrence son absence à l’ouverture solennelle de la session le 15 septembre parce que devant rejoindre le président de la République qui s’était rendu à Goma pour suivre la situation militaire et humanitaire au front de la guerre resurgie au Nord-Kivu entre les forces loyalistes des Fardc et les dissidents du mouvement politico-militaire CNDP de Nkunda.
M. Kamerhe a indiqué à ce sujet que c’était en sa qualité de président du Conseil de sages aussi bien de la Conférence de Goma de janvier 2008 sur la paix, la sécurité et le développement au Nord-Kivu et au Sud-Kivu que du Programme Amani qu’il avait dû rejoindre le Chef de l’Etat. On se rappellera que le Comité de suivi du Programme Amani élargi aux facilitateurs de la communauté internationale s’était réuni successivement à Goma et à Bukavu pour redynamiser le processus de paix.
Le président de l’Assemblée nationale a souligné en outre qu’à côté de la reprise de la guerre dans le Kivu, plusieurs autres faits politiques ont bousculé les événements ces derniers jours, en citant notamment la surprenante démission du Premier ministre Antoine Gizenga annoncée jeudi et qui ne va pas manquer d’influer sur l’actualité politique dans le pays dans les jours qui viennent, d’autant plus que le chef du gouvernement démissionnaire était attendu au Parlement pour la présentation du budget de l’Etat exercice 2009, la raison principale même de la session parlementaire à l’ordre du jour.
Carburer à plein gaz à cette session !
M. Kamerhe comme à son habitude a brossé un tableau succinct de toute cette évolution de la situation politique pour laisser entrevoir les matières sensibles que les députés seront amenés à traiter au cours de la session qui va courir jusqu’au 15 décembre. Il va sans dire qu’à la reprise de ces travaux, la Chambre basse va devoir s’atteler à fixer un calendrier conséquent de la session, bien qu’au départ il n’y avait lieu que de se limiter à l’ordre du jour vite adopté avec de pertinentes matières telles les motions d’information sur les crises autour aussi bien de la guerre reprise à l’Est que du dossier de l’invasion des Mbororo en Province Orientale.

Le président de l’Assemblée nationale a invité par ailleurs quelques membres du gouvernement tels le ministre en charge des relations avec le Parlement et le vice-ministre des Finances pour suivre et être entendus à l’Assemblée nationale autour des dossiers relevant des compétences de leurs ministères. Visiblement le premier des députés n’entendait pas perdre du temps en faisant entamer les travaux dès la première plénière de la session avec plusieurs matières sur lesquels vont s’échiner à farfouiller les élus du peuple à la Chambre basse du Parlement. Question sans doute de leur faire rattraper le retard pris par rapport à la Chambre haute qui avait tôt entamé ses plénières au lendemain de l’ouverture de la session le 15 septembre dernier. Il y a à parier que, plus que par le passé, c’est à une session de plus grandes plénières marathons que l’infatigable Kamerhe va faire carburer ses ouailles de députés nationaux. Le 1er vice-président de l’Assemblée nationale Lutundula l’avait déjà laissé entendre quand il avait ouvert la session à l’absence du titulaire qui n’a pas exprimé une moindre détermination que d’aucuns ont même invoqué comme l’alerte qui aurait précipité le Premier ministre Gizenga à rendre le tableau au lieu de subir la bourrasque annoncée à l’horizon. Beaucoup de députés proclament d’ailleurs sans se voiler la face que le temps de badinage est révolu à ce mi-chemin de la législature actuelle !
(PKF)
Daniel Nzuzi/MMC
Last edited: 27/09/2008 15:25:59