Avec la rentrée parlementaire, les bruits se sont faits grandissants au sujet du départ de Antoine Gizenga par motion de censure. Dans une certaine opinion, c’est pour éviter cette sortie forcée qu’Antoine Gizenga aurait présenté sa démission. Il n’y a été poussé, apprend-on de bonne source, par aucune autre pression que celle de l’âge. Il s’est rendu compte qu’il ne pouvait plus donner le meilleur de lui-même. Il ne pouvait pas non plus se reposer totalement sur les collaborateurs. C’est depuis des semaines, que le débat avait lieu dans les milieux du Palu, renseigne la même source. Mais, il était question qu’ Antoine Gizenga passe le cap de la présentation du budget 2009.

Des questions entières sans réponse : le cas MAYOBO

Le Comité Exécutif du PALU a réservé à Godefroid Mayobo, le sort autrefois de Gifuza, Biebie, Madame Thérèse Mpakasa et autres. Réuni le samedi 14 juin 2008, le Comité Exécutif du PALU a pris la Décision N° PL/SPRSGCP/N°003/2008 excluant définitivement Godefroid Mayobo du parti et, par conséquent, du Gouvernement de la République. On l’a accusé de s’être rendu coupable des manquements graves à la discipline du parti, en créant des Associations concurrentes et déloyales, en l’occurrence, les Amis de Mayobo (FRANAKI) et la Fondation Mayobo. On ne l’accusait pas seulement d’avoir créé des structures parallèles, mais surtout de les utiliser contre les intérêts du PALU. Dans leur argumentation, les membres du Comité Exécutif National du PALU ont accusé Mayobo d’avoir violé les dispositions de l’article 120 du règlement intérieur du parti. En réaction, les membres de l’entourage de Mayobo ont eu le courage de s’exprimer sur le sujet, dénonçant selon eux, une certaine dérive tribale et traitant certains participants à la messe noire du 14 juin de n’avoir pas qualité. Selon les parlementaires du Palu, Antoine Gizenga, Guide Suprême du parti, « a pris acte comme n’importe qui », de l’exclusion de Godefroid Mayobo.

GIZENGA a laissé pourrir la situation au sein du PALU

Trois jours après, soit le mardi 17 juin 2008, le député Séraphin Zimba Zimba  qui était censé partager la position du groupe parlementaire du PALU, en prenant le contre -pied de la décision, a affirmé sans ambages qu’il désapprouvait l’exclusion de Godefroid Mayobo et qu’il adhérait à la position du Chef du Parti, celle de geler la suspension de Godefroid Mayobo et l’entendre sur les griefs mis à sa charge avant de prendre contre lui une éventuelle mesure disciplinaire.

En attendant, Mayobo devrait continuer à exercer ses fonctions jusqu’à nouvel ordre. Espérant un apaisement pendant la rencontre de clarification convoquée par Gizenga pour lever les zones d’ombre, la sortie de Zénon Mukwakani et certains de ses collègues parlementaires du Palu a constitué la preuve éloquente que les violons étaient loin de s’accorder. On a alors conclu que Mayobo dérangeait sérieusement dans ses fonctions de ministre près le Premier ministre et partant de « dauphin » non déclaré du patriarche Gizenga. Le refus catégorique des parlementaires du Palu de suivre l’appel au calme d’Antoine Gizenga était une preuve suffisante de l’existence de l’absence d’autorité du Guide. A en croire les membres du Comité Exécutif National, étant entendu que le patriarche Antoine Gizenga ne gérait plus le parti en conformité avec la Constitution, il y avait lieu de tirer toutes les conséquences qui s’imposaient.

Selon certains observateurs, il était quasiment impossible qu’une importante décision, d’une telle instance du Palu, ait été prise sans la bénédiction de Gizenga. Mayobo a trouvé son salut dans la Loi fondamentale ; pour le débouter, il fallait un décret du président de la République portant remaniement du gouvernement.

Mayobo n’ayant pas un mandat législatif revendiqué par le Palu. Avant l’affaire MAYOBO, le Palu s’était illustré comme étant un parti plus discipliné et démocratique, le patriarche a fait preuve des faiblesses qui risqueraient de coûter cher au Palu se trouvant dans l’impossibilité de présenter un Premier Ministre à accepter par l’AMP, sans oublier l’incompétence de la plupart de ses Ministres au Gouvernement.

(Milor/PKF)

Freddie-Michel Kanga/L’avenir