La situation sécuritaire de l’Est de la RDC a été évoquée au cours du point de presse animé par la Monuc, hier mercredi 24 septembre à Kinshasa. Au cours de ce tête-à-tête avec les professionnels des médias, le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Jean-Paul Dietrich, a indiqué qu’après un dimanche relativement calme et en dépit des appels répétés à la cessation immédiate des hostilités et au respect inconditionnel du cessez-le-feu par le signataires des actes d’engagement de Goma, d’importants combats ont à nouveau eu lieu, le 22 septembre 2008, dans les environs de Sake. Ces affrontements ont commencé, vers 4 heures du matin, à l’initiative des FARDC déployés dans cette localité, en direction des troupes du CNDP occupant toujours certaines positions conquises sur les collines surplombant la ville.

Avant de signaler que « dans la matinée du 22 septembre 2008, les FARDC se sont déplacés vers Kimoka, une localité située à 2 km de Sake et ont installé une position à une centaine de mètres derrière la base des Casques bleus de la Monuc, dans la zone tampon, et ce, pour viser les positions du CNDP dans les collines ».

Par ailleurs, hier matin, des accrochages entre les FARDC et le CNDP ont été signalés en territoire de Rutshuru dans plusieurs localités situées entre Nyanzale et Bambo. Si au Nord-Kivu la Monuc qui a présenté officiellement son plan de désengagement des forces gouvernementales a confirmé que les combats entre FARDC et le CNDP se sont poursuivis dans la région de Masisi-Sake.

Au Sud-Kivu, les autorités sont toujours confrontées aux actes de criminalité répréhensibles perpétrés par les groupes armés et des bandits contre la population civile.

Quant à la situation sécuritaire dans la Province Orientale, elle était marquée « par la reddition de quatre éléments de la Lord Resistance Army (LRA) à Dungu, mais aussi par les atrocités commises par LRA dans trois villages situés au nord de Dungu. Durant la nuit du 15 septembre 2008, dans la Province Orientale, les éléments du Front de résistance patriotique en Ituri (FRPI) ont attaqué les positions des FARDC à Apinzi, une localité située à 20 km à l’Est de Komanda et à Bulanzabo.

Les Congolais doivent s’entendre pour consolider la paix dans l’Est de la RDC

L’insécurité qui sévit dans l’Est de la RDC préoccupe l’Union africaine (UA). En témoigne : le président de la Commission de l’UA, Jean Ping qui demande aux Congolais de s’entendre pour consolider la paix dans le Kivu.

La situation sécuritaire au Kivu préoccupe l’Union africaine (UA). Au cours d’une interview à Radio Okapi, le président de la Commission de l’UA, Jean Ping, a déclaré qu’il n’y aura pas de paix au Burundi, s’il n’y a pas de consolidation de la paix au Sud-Kivu. Pour lui, il y a nécessité de consolider la paix dans la région des Grands Lacs.

Dans le même ordre d’idées, Jean Ping a indiqué que ce qui se passe dans cette partie de la RDC concerne toute la région des Grands Lacs. « Il est extrêmement important, à mon avis, que la Conférence sur les Grands Lacs et les problèmes qui se passent dans la région, soient résolus. Nous pensons que les Congolais doivent s’entendre pour mettre en place les instruments qui permettent d’aller vers un renforcement de la paix, de la sécurité dans la sous-région », a-t-il déclaré. Le président de la Commission de l’Union africaine a précisé, par ailleurs, que la question de la présence des forces négatives dans l’Est de la RDC peut être résolue avec la volonté politique collective de tous les pays de la région.

Concernant les problèmes propres au pays, Jean Ping estime qu’il faut qu’un consensus se dégage en RDC. « Je n’entre pas dans les détails. Si vous passez votre temps à vous accuser, on ne s’en sortira pas», a-t-il fait savoir. Il a par ailleurs annoncé sa tournée prochaine dans la région des Grands Lacs, notamment en RDC, au Burundi et au Rwanda, pour parvenir à une issue pacifique dans la crise de l’Est du pays. Il a, en outre, écarté la possibilité de l’envoi des troupes de l’Union africaine en RDC comme elle l’a fait pour le Darfour, au Soudan.

Pour Jean Ping, la situation dans les deux pays n’est pas tout à fait la même. C’est ainsi qu’il a tenu à responsabiliser la Conférence des pays des Grands Lacs, car pour lui, les problèmes sécuritaires de cette région peuvent être résolus s’il y a de la volonté politique de tous.

Il est important de noter que l’Union africaine suit de près la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC et cherche à s’impliquer pour trouver une solution porteuse de la paix durable et de la sécurité. Mais, Jean Ping laisse entrevoir aussi la responsabilité de chaque pays membre de la région et sa contribution réelle à l’avènement de cette paix. Une chose est donc certaine, l’UA doit jouer pleinement son rôle en RDC, même si l’on sait qu’elle est préoccupée aussi par la situation au Darfour, au Zimbabwe, en Mauritanie et même en Afrique du Sud.

(Ern./PKF)

Eyenga Sana/Stephane Etinga/Le Potentiel