Les Etats-Unis condamnent la reprise de la lutte armée en République démocratique du Congo et demandent à toutes les parties de cesser immédiatement les hostilités, dans une déclaration officielle de M. Robert Wood, porte-parole adjoint du département d’Etat remise mercredi à l’Agence Congolaise de Presse. (ACP) par l’ambassade des Etats-Unis à Kinshasa.

Selon le porte-parole, les deux parties en conflit doivent accepter le plan de désengagement proposé par la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) et réaffirmer leur participation pleine et entière au programme Amani. De plus, les Etats-Unis invitent toutes les parties au communiqué de Nairobi et à l’Accord de Goma de prendre des dispositions rapides en vue d’exécuter leurs engagements. Pour le département d’Etat américain, l’intensification des hostilités dans l’Est du pays représente « un regrettable pas en arrière », après la déclaration unilatérale de cessez-le-feu du général Nkunda, le retrait de ses forces le 11 septembre et l’approbation par le Président Kabila, le 18 septembre, du plan de la Mission des Nations Unies au Congo.
Ces affrontements qui ont fait des centaines de morts et provoqué l’exode de milliers de civils innocents pris entre deux feux ont également détourné l’attention des efforts déployés en vue de régler la question des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), objectif clé de la stabilité de la partie Orientale de la République Démocratique du Congo et de l’ensemble de la région, précise la déclaration.
Washington a-t-il enfin compris ?
On ne peut pas se dire que tout est enfin clair en Rdc. Mais on peut constater que certaines positions vont désormais dans le sens de cerner le vrai problème dans cette partie de la Rdc. On peut à ce sujet noter l’évolution au sein de la Monuc. Hier, la Monuc voulait nous faire croire que l’on pouvait faire la paix sans préparer la guerre. La Monuc a, après, voulu faire comprendre à qui voulait l’entendre, qu’au nom de l’Acte d’engagement de Goma, le chapitre 7 et la Charte de l’Onu devenaient des instruments secondaires sinon caducs. Malgré sa présence dans la prétendue zone tampon, le Cndp a attaqué les positions des Fardc après avoir plus d’une fois mis en mal le programme Amani.
A plusieurs reprises, le mouvement de Laurent Nkundabatware préférait l’école buissonnière en lieu et place de cogiter avec les autres mouvements sur la manière de faire venir la paix dans la région. Ses nombreuses fugues par rapport au programme Amani ont curieusement laissé indifférente la Monuc et la communauté internationale qui, malgré cela continuaient à croire à la bonne foi des dirigeants de ce mouvement. La communauté internationale est pourtant témoin du cahier de charges du Cndp, à savoir le rapatriement des Fdlr. Ce mouvement reprend les hostilités juste au moment où le protocole de Naïrobi s’emploie à résoudre ce problème.
Une réunion d’évaluation a eu lieu à Kinshasa, un sommet est attendu en décembre 2008. Les Etats-Unis viennent de comprendre que la relance des combats a constitué une distraction sur le rapatriement des Fdlr. Laurent Nkundabatware n’est pas à son premier coup. Son insurrection a été une façon d’empêcher la Rdc et ses partenaires de résoudre ce problème. Cela étonne lorsqu’on sait que Kigali, allié du Cndp, ne jure que sur la neutralisation des Fdlr afin de se sentir en paix à l’intérieur des frontières. Kagame craindrait que les réfugiés hutu en Rdc se fassent des émules de leurs compatriotes tutsi longtemps réfugiés en Ouganda et qui sont revenus dans leur pays les armes à la main. Mais les faits démontrent que Kigali veut tenter un autre schéma qui a également réussi en Rdc. Il s’agit du cas des réfugiés tutsi longtemps restés au Congo et qui ont fini par obtenir la nationalité congolaise par les armes. Tant mieux pour Kigali s’il peut se débarrasser de plusieurs hutus en plus de ceux exilés dans les autres du monde.
Les derniers événements dans la région avec la reprise de la guerre démontrent la coordination d’actions entre le Cndp et le Rwanda. La guerre a commencé avec la violence verbale subite de Kagame contre J. Kabila. Dans la foulée, Kagame manifestait son intention de ne pas participer à la réunion de Kinshasa sur le rapatriement des Fdlr. Ce revirement, alors que l’on était près du but, démontre que Kigali participe à la distraction que dénonce Washington. Et pour bien engager le Rwanda et lui donner un prétexte, les récents communiqués du Cndp font toujours de la participation des Fdlr aux combats aux côtés des Fardc. Il faut que le Rwanda et le Cndp prennent tout le monde pour des imbéciles. Il ne suffit pas de dénoncer, il faut cette fois agir. Il est bon de ramener le Cndp au programme Amani, mais il n’en fera rien si Kigali aussi ne revient pas au protocole de Naïrobi. Au cas contraire, après Nkundabatware, il y aura un autre Nkundabatware comme ce dernier est un autre Ruberwa et le Cndp un autre Rcd/Goma.
(Ern./PKF)
Joachim Diana G./L’Avenir
Last edited: 25/09/2008 16:08:57