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Belges et Congolais ne veulent plus d’un “ environnement diplomatique problématique ”. De part et d’autre, on se garde de prendre l’initiative de la rupture en termes conventionnels… La récente brouille caractéris­tique d’un couple querelleur entre le Royaume de Belgique et la République Démocratique du Congo pourra, bientôt, ap­partenir au passé. Si moins, peut-on l’espérer, à la faveur des déclarations faites dans ce sens tour à tour, à Kinshasa, en fin de semaine dernière, par Olivier Kamitatu, ministre con­golais du plan et, à Bruxelles, quelques heures à sa suite, par Charles-Michel -fils de son père médiatique Louis-Michel, mi­nistre beige de la coopération au développement. D’abord Kamitatu. Le premier, au dé­tour dune rencontre (fortuite!) avec la presse, a appelé la Bel­gique à “ s’aligner sur les prio­rités de la RD Congo et a inté­grer la nouvelle donne interna­tionale en matière de l’effica­cité de l’aide au développement à la RD Congo ”. Et pour que le message soit bien perçu par sa destinataire, le ministre du plan a affirmé “ le président de la République et le gouvernement souhaitent que l’aide soit d’une plus grande effi­cacité. Qu’elle soit orientée vers les préoccupations de la popula­tion congolaise, bien ciblée et agir plus vite quand Il s’agit des Etats post-conflit ”.

Qui donc a dit que la RD Congo l’était moins ou juste­ment pas dit tout ? L’appel de Kamitatu s’appuie sur des chiffres qui attestent du caractère “ ineffi­cace ” de l’aide beige à notre pays sur la période 2001-2007. Sur 206 millions d’euros par an -tenez-vous bien - quelques 144 millions (soit 70% de l’enveloppe globale) vont à la gestion de la dette extérieure congolaise vis-à-vis de la Belgi­que, mais aussi aux régularisa­tions auprès des institutions inter­nationales.

Pour des raisons connues du seul pays donateur la Belgique ni le gouvernement, ni l’adminis­tration n’en n’ont jamais vu la cou­leur. C’est a peine 62 millions (30%) qui ont été consacrés à des projets de développement et à l’aide humanitaire non autrement spécifiée. Des chiffres, encore et toujours des chiffres déroutants qui démontrent si besoin en était la duplicité de l’aide belge dans sa configuration à ce jour. Olivier Kamitatu a donc dénoncé l’exis­tence de pas moins de 79 agen­ces d’exécution oeuvrant en RD Congo de manière parallèle finan­cées par le gouvernement belge sur un total de 146 existant. De quoi ressusciter Mobutu Sese Seko qui, en son temps et au plus fort de nombreuses querelles (de ménage) ayant jalonné le parcours des relations belgo-congolaises, offusqua du fait qu’un Zaïre rap­portait à la Belgique quatre francs.

Voilà qui a fait dire au ministre du plan, relayant Joseph Kabila qui en a parlé, lui, en termes d’effica­cité, que “ l’aide doit servir a dé­gager des solutions et tenir compte du contexte particulier de chaque Etat ”. Message capté cinq sur cinq a Bruxelles qui a utilisé le même canal - la pressé -pour réagir.

Positivement, rassurez-vous par rapport aux déclarations à l’em­porte pièce autrefois faites par un homme d’Etat belge réputé pole­miste, controversé. Point de presse pour point de presse, Char­les Michel a mis a profit le sien tenu également en début de week end dernier pour “ prendre connais­sance avec intérêt ” de la décla­ration de son collègue congolais. Comme s’il en exultait, le minis­tre belge a indiqué par ailleurs, que la Belgique souhaite aussi lutter contre la fragmentation de son aide au Congo (Ndlr : notamment a travers une flopée d’Ongd bel­ges) et sélectionner les projets pour une plus grande efficacité.

Après avoir estimé que la  “ con­frontation (sans doute voulait-il parler de la négociation) des points de vue ne devrait pas se dérouler dans un environnement diplomatique problématique ”, Charles-Michel a émis le souhait de son gouvernement qui rencon­tre la préoccupation du moment de Kinshasa, celui de voir les autorités congolaises et belges renouer le dialogue et parvenir à un climat diplomatique normalisé.

Eviter les problèmes qui fâchent

Si tant est que Charles ­Michel ne veut pas d’un “ environ­nement diplomatique problémati­que ” et souhaite plutôt l’instaura­tion d’un climat diplomatique normalisé, c’est autant dire que la partie beige s’engage désor­mais d’éviter entre la Belgique et la RD Congo les problèmes qui fâ­chent.

D’autant plus que de part et d’autre, on n’a jamais arrêté de cultiver des susceptibilités même sur le bruit d’une mouche. Au fil des décennies, les observateurs n’ont jamais manqué de remar­quer que les problèmes qul fâ­chent naissent presque générale­ment a partir de Bruxelles. Des exemples sont légion pour qu’il soit nécessaire d’y revenir au risque, encore une fois, de réveiller les susceptibilités caractéristiques de nos relations.

On ne peut cependant pas se féliciter de la pondération ob­servée à chaque fois que surgis­sent les “ incidents ” (querelles serait plus appropriées) entre la Belgique et le Congo. Aucun des deux pays n’ayant jamais franchi le rubicond pour prendre l’initiative de la rupture des relations diplo­matiques en termes convention­nels, se contentant plutôt - pour­quoi une telle précaution ? - de les “ geler ”, de la “ mettre au frigo ” comme on aime bien le ré­péter en Belgique. D’où la néces­site d’un climat diplomatique nor­malisé qui suppose respect et considération mutuels.

A charge pour la Belgique et la RD Congo de dépasser le stade des souhaits pour donner à la coo­pération belgo-congolaise une nouvelle image pour la rendre plus  “ efficace ”, selon Olivier Kamitatu, et “  l’environnement diplomatique moins problématique ”, selon en­core Charles-Michel, pour ne pri­vilégier qu’une coopération mutuel­lement avantageuse, selon enfin, la formule consacrée. Prenons date.

(Milor/PKF)

Jeff Kalambaie/Uhuru

Last edited: 26/09/2008 18:32:29

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