L’affaire du viol de mineure par le 2ème Vice-président de l’Assemblée nationale Marc Mvuama que le journal LE SOFT a révélée dans sa dernière livraison a donné lieu à une dénonciation par l’OMEC d’une atteinte à la “ sphère d’intimité ” de la victime, ce à quoi LE SOFT répond en justifiant le bien-fondé de l’intérêt social du dossier.

L’Observatoire des Médias Congolais (OMEC) a pris connaissance, avec beaucoup de gêne et d’indignation, du contenu de l’article titré: “Elle accuse Mvuama : J’ai été violée” paru dans l’édition n°962 du 22 septembre 2008 du journal Le Soft International. A la lumière des règles d’éthique et de déontologie, il ne fait l’ombre d’aucun doute que l’auteur de cet article a violé, sur toute la ligne, la sphère d’intimité de la victime du viol, acte imputé à Mr Marc Mvuama, 2ème Vice- Président du Bureau de l’Assemblée nationale.
L’OMEC tient à rappeler à la rédaction du Soft International et à l’opinion que le “Code de déontologie des journalistes congolais”, tel qu’adopté lors du Congrès de refondation de la presse congolaise au mois de mars 2004, interdit aux professionnels des médias, en son article Il, de porter atteinte à l’honneur et à la dignité des tiers. Nous citons: “ Respecter la dignité humaine, la vie privée et la sphère d’intimité des individus, ainsi que les institutions et autorités publiques, l’ordre public et les bonnes mœurs”.
Par ailleurs, Le Soft International s’est rendu coupable de violation de l’article 2 qui recommande au journaliste de “faire preuve, dans ses tâches quotidiennes, d’équité, d’exactitude, d’honnêteté, du sens de responsabilité, d’indépendance et de décence dans la relation des faits liés aux individus et à la société “ ainsi que de l’article 3 qui conseille de “ traiter tous les problèmes sans parti pris et présenter honnêtement les sujets soulevant controverse”.
Quant à la loi n°96-002 du 22 juin 1996 réglementant l’exercice de la liberté de la presse en RDC, elle interdit en son article 79, alinéa : “ de publier ou de diffuser des informations sur un viol ou sur un attentat à la pudeur, en mentionnant le nom de la victime ou en faisant état des renseignements pouvant permettre son identification, à moins que la victime n’ait donné son accord écrit”. En publiant l’identité et la photo de la victime du viol, mineure au moment des faits (12 ans) et à peine âgée de 18 ans à la publication de l’article, le Journal l’expose au mépris et compromet dangereusement ses chances de fonder un jour un foyer.
L’OMEC s’inscrit ainsi en faux contre l’affirmation du Soft International selon laquelle les textes qui fondent la profession et la législation congolaise seraient muets sur le cas sous examen. La dérive professionnelle dont vient de se rendre coupable ce journal est d’autant condamnable que son responsable est professeur de journalisme et député national. En cette double qualité, il devrait montrer la voie à ceux qui, par ignorance, ont tendance à tirer la corporation médiatique congolaise par le bas.
Compte tenu de la gravité des faits, l’OMEC a décidé de transmettre le dossier à la Commission de Discipline de l’Union Nationale de la Presse du Congo pour des sanctions appropriées. L’OMEC saisit enfin cette opportunité pour adresser un sévère avertissement aux professionnels des médias qui ont tendance à verser dans un journalisme fondé sur l’apologie du sexe et d’autres vices en contradiction avec les bonnes mœurs.
Fait à Kinshasa, le 23 septembre 2008
Prof. Bernard MUNSOKO/ Secrétaire Exécutif
Réplique du SOFT à l’OMEC
La Direction de la Rédaction du journal “le Soft International” n’a jamais été à ce jour contactée par l’OMEC (Observatoire des médias congolais) et elle a appris dans la rue l’existence d’un communiqué de l’OMEC à ce propos.
En attendant de recevoir cette lettre, la Direction de Rédaction du “Soft International” fait part de ses avis ci-après :
1. Cette affaire est publique puisqu’un tribunal en a été saisi et par principe les audiences dans les cours et tribunaux sont publiques;
2. Cette affaire concerne une Personnalité de premier plan de l’Etat dans une situation de démocratie qui a abusé de ses pouvoirs pour arriver à ses fins;
3. La Direction du “Soft International” n’a jamais été contactée par l’OMEC à ce propos, l’OMEC ignore du coup si “le Soft International” dispose ou pas de l’autorisation écrite qu’il invoque;
4. L’OMEC aurait dû, dans une démarche intellectuelle, se poser la question sur l’origine de la photo en couleurs bien posée de la jeune fille parue à la Une du “Soft International”;
5. La Direction du “Soft International” attend de recevoir la lettre de l’OMEC pour y réserver une suite;
6. La Direction du “Soft International” est surprise du travail de cet Observatoire qui est supposé être neutre dans le traitement des dossiers dans une matière aussi technique qu’est la pédophilie et qui évolue au jour le jour, en fonction des valeurs de la société planétaire.
Fait à Kinshasa le 23 septembre 2008.
LA DIRECTION DU “SOFT INTERNATIONAL”.
(TH/PKF)
Forum des As
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