Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a réceptionné, mercredi 17 septembre dernier 50.000 passeports totalement biométriques et non semi biométriques.

Cette précision technique a été donnée par l’Hôtel des Monnaies de la Banque centrale du Congo, qui a précisé, en plus, que la catégorie de passeport semi biométrique n’existe pas. Dans une année, il est prévu deux modèles de document qui seront exigés pour les voyages internationaux. Il s’agit soit du passeport biométrique ou du passeport électronique.
Dans notre livraison n°1251 du jeudi 18 septembre dernier, nous avons publié en manchette une information quelque peu erronée portant sur la livraison de plus de 50.000 passeports semi biométriques congolais au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Cette information était une demie vérité. Car si les passeports ont été réellement livrés, il faut noter, précise l’hôtel des Monnaies, qu’il s’agit bien de passeports biométriques et non à moitié biométriques. Cette dernière catégorie n’existe nulle part dans le monde.
Le passeport biométrique est lisible à la machine
Selon l’hôtel des Monnaies, notre pays, en tant que membre de l’Organisation de l’aviation civile Internationale, OACI en sigle, est appelé à se conformer aux normes et recommandations de celle-ci, notamment en ce qui concerne la sécurité transfrontalière (immigration et documents de voyage).
Il a été observé, au regard de la recommandation 9303 de l’Oaci, relative à la lisibilité du passeport à la machine, que le passeport de la RD Congo présente des faiblesses notables du fait de sa personnalisation manuelle, encore pratiquée à ce jour, et de la photo qui est collée au lieu d’être imprimée dans le support.
C’est ainsi que pour répondre à cette exigence de l’Oaci, qui du reste ne sera obligatoire à l’égard de tous les Etats, que la RD Congo a pris des dispositions utiles pour s’y conformer. En effet, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale de l’époque de la transition, Raymond Ramazani Baya, a dans une lettre officielle, fait commande auprès de l’hôtel des Monnaies de la Banque Centrale du Congo, d’un million de passeports ordinaires lisibles à la machine biométrique, qui est un système de personnalisation de ces passeports et un million de vignettes de visas. Aux termes de cette commande, la livraison de ces imprimés doit s’étaler sur cinq ans avec des tranches annuelles égales, soit 200.000 par an.
Etant bien équipé pour faire face à cette commande, l’hôtel des Monnaies a accepté la charge. L’imprimerie de l’hôtel des Monnaie dispose, à cet effet, des équipements de la derrière génération pour la production des passeports biométriques. Il s’agit précisément de la Kugler I et II. C’est ce même type d’équipement qu’utilisent toutes les grandes imprimeries de haute sécurité à travers le monde pour la production des passeports conformes aux normes en vigueur de l’Organisation de l’Aviation Civile internationale.
Cette réalisation est aujourd’hui effective, car après avoir réuni tous les intrants nécessaires (papier, plaques, encres, films, divers éléments de sécurité, etc.), l’imprimerie a pu associer, tous les organes concernés dans la détermination des éléments constitutifs du passeport dont les armoiries et le drapeau.
C’est donc en exécution de cette commande que l’hôtel des Monnaies a débuté les livraisons du nouveau passeport.
Il ne reste plus qu’au ministère des Affaires étrangères d’informer la population sur le début de l’octroi de ce nouveau document d’identité et les différentes représentations diplomatiques et consulaires de la mise en circulation prochaine de ce nouveau passeport produit par l’hôtel des Monnaies de la Banque Centrale du Congo.
Par ailleurs, en plus de la livraison des passeports biométriques, l’Hôtel des Monnaies dispose déjà d’une machine de système de personnalisation, qui fait partie de la commande et qui doit être livré car déjà disponible dans ses installations. Mais avant de la remettre au ministère des Affaires étrangères, le ministère des Affaires étrangères devra dépêcher deux ou trois agents à l’imprimerie de l’Hôtel des Monnaies pour apprendre la technique requise à son utilisation.
Comme on peut le constater, la question de livraison des passeports biométriques commandés depuis le 21 octobre 2005, et qui constituait la pierre d’achoppement entre les deux institutions publiques, vient de trouver son dénouement avec la livraison de 500000 passeports biométriques. C’est une première livraison qui sera, à court terme, suivie de plusieurs autres lots.
Enfin, avec cette première commande, on peut mettre fin aux différentes lamentations de plusieurs personnes, qui désiraient bien voyager, mais n’ont pu le faire par manque de passeport. Et pour ne pas rater le train de la modernisation, notre pays a profité de la rupture des stocks pour passer au stade de la nouvelle technologie exigée à tout pays pour être hissé au rang des pays respectueux, qui se conforment aux normes et réglementations de l’OACI concernant la sécurité transfrontalière des personnes et la lutte contre le terrorisme.
Du passeport électronique
Quant au passeport électronique, il est d’abord biométrique par sa fabrication. Il est ensuite muni d’une puce métallique électronique insérée dans la couverture pour faciliter l’identification du titulaire. Ce genre de passeport est octroyé aux européens qui n’ont pas besoin de visa pour entrer sur le territoire américain. Et grâce à la puce contenue dans la couverture du passeport, l’identité du porteur apparaît automatiquement du fait d’un contact électronique devant une machine de contrôle même s’il ne l’a pas encore présenté à l’agent d’immigration. C’est cela la différence entre les deux passeports biométriques, du reste.
Enfin, dans un peu plus d’une année, le passeport biométrique sera exigé à tous les postes frontaliers pour ceux qui devront effectuer les voyages internationaux, notamment aux Etats-Unis et dans l’espace Schaegen.
(Milor/PKF)
CI. Ny/Uhuru
Last edited: 23/09/2008 18:18:43