Les vacances parlementaires sont terminées et les Députés ainsi que les Sénateurs renouent avec les plénières de la décisive session ordinaire de septembre appelée à faire un état des lieux préalable de bilan du mandat à établir sur la conduite des affaires publiques dans le sens espéré par la population.

Deux ans après les élections législatives et sénatoriales, les tares de la campagne électorale collent encore nos élus. Le 15 septembre dernier, l’Assemblée nationale et le Sénat sont à la fin des vacances parlementaires en ouvrant leur session de septembre 2008. Les honorable ont fait leur come-back à l’hémicycle du Palais du Peuple en laissant derrière eux une population misérable avec son cortège des problèmes à savoir l’eau, l’électricité, la déscolarisation, l’enclavement, etc. ils reviennent sans doute pour examiner le budget 2009 dont la mouture devra être déposée par le gouvernement.
Arrivés à Kinshasa, certains députés se disent dépouillés par leur base et n’ont plus les moyens de diffuser leurs rapports dans la presse; d’autres par contre, se veulent plus démagogues et ne manquent pas de scandaliser l’opinion en faisant diffuser sur chaînes de télévisions, des images d’une véritable campagne électorale dans leurs fiefs respectifs.
Plutôt que d’interpeller le pouvoir central et la conscience nationale sur la kyrielle des problèmes qui sévissent dans son milieu naturel, c’est l’honorable qu’on voit, drainant derrière lui des foules affamées c’est l’honorable qu’on voit distribuant les vareuses à une équipe de football, c’est l’honorable qu’on voit, en képi et t-shirt, en train d’haranguer des maigres électeurs sur les cinq chantiers du Chef de l’Etat, promettant ciel et terre c’est encore l’honorable qu’on voit avec un cortège de jeeps en train de sillonner une route cantonnée par l’Eglise catholique; c’est également l’honorable qu’on voit pétulant de santé dans un centre médical en train de distribuer des seringues et des aspirines, c’est toujours lui qu’on voit en train de danser au milieu d’une foule inquiète de son lendemain et qui ne sait quelle est sa part dans les cinq chantiers plutôt que d’expliquer les enjeu de la décentralisation et préparer leur base au découpage territorial en vue, les honorables se sont livrés à des spectacles qui rappellent la campagne électorale de 2006.
Pourtant, ils ont plus à faire. En tant qu’élus, il est de leur devoir de rendre compte de leur mandat à leurs lecteurs pendant les vacances parlementaires, d’échanger avec eux sur leurs problèmes et envisager des pistes de solution à consigner dans un cahier de charges ou un mémorandum qu’ils doivent défendre à Kinshasa.
Mais assoiffés des postes ministériels et d’avantages faramineux, nombre de députés n’ont fait que chanter comme des courtisans à la gloire du Chef de l’Etat comme s’ils étaient membres du gouvernement. Le contraire leur serait sans doute difficile sachant pertinemment bien qu’ils partagent la responsabilité de “ l’échec du gouvernement ” dans la gestion de grandes questions de la Nation.
Pour élever le débat et enrichir l’agenda de l’Assemblée nationale, les députés auraient dû diffuser des images où ils expliquent aux électeurs pourquoi l’enseignant, l’infirmier, le médecin, le professeur d’université, mieux, le fonctionnaire de l’Etat, n’a pas vu sa condition s’améliorer dans les budgets adoptés au Parlement. En même temps, les députés devraient expliquer à leurs bases les sanctions qu’ils ont infligées aux responsables des crises qu’a connues le pays depuis le début de la présente législature. Ils devraient aussi répondre de ce qu’ils ont fait de tous les rapports des enquêtes parlementaires diligentées dans les affaires Kahemba, BDK, Crach de Kingasani, contrats pétroliers, etc. ou encore expliquer les enjeux de la décentralisation et pourquoi, le gouvernement continue à réduire les exécutifs des provinces à la mendicité alors que la constitution leur reconnaît le principe de l’autonomie financière (retenue à la source de 40%).
Pendant les vacances parlementaires, plusieurs honorables se sont livrés en campagne contre Gizenga, considéré comme seul responsable de la misère qui frappe les Congolais. Ils ont oublié cependant dans un budget modique financé essentiellement par des ressources internes, les honorables se sont taillés la part du lion, contraignant même le gouvernement à payer leurs assistants. Fins pyromanes, certains parmi eux ont oublié également qu’ils sont parmi les bailleurs de fonds de la guerre qui sévit à l’Est du pays et ravale à l’exécutif central le gros de son budget.
A l’horizon du débat sur le budget 2009, les élus devraient revoir leurs ambitions à la baisse. Comme on n’est pas député pour construire des ponts et des routes dans son fief électoral, mais pour faire le lobbying auprès de l’exécutif pour répondre aux attentes de la population, il serait souhaitable que députés et sénateurs se montrent plus modestes que par le passé. Cela permettra au gouvernement de promouvoir la justice distributive et d’avoir les moyens de répondre aux revendications sociales.
(Milor/PKF)
La Référence Plus
Last edited: 22/09/2008 17:44:35