M. Charles-Michel, ministre belge de la Coopération au développement, a jugé vendredi positive les déclarations du ministre congolais du Plan, Olivier Kamitatu sur la requalification du Programme indicatif de coopération (PIC) conclu avec la Belgique, en vue de rendre plus efficace l’aide belge au développement.

M. Olivier Kamitatu Etsu a indiqué, au cours d’une conférence de presse à Kinshasa, que le gouvernement congolais souhaite une évaluation de sa coopération avec la Belgique et que l’appui de ce pays s’aligne sur les priorités la République Démocratique du Congo. De son côté, M. Charles-Michel a déclaré au cours d’un point de presse, avoir pris connaissance avec intérêt ” de cette déclaration et y avoir trouvé des points “ positifs ”.
Le ministre belge a d’abord relevé le fait que dans le cadre de l’évaluation de sa coopération avec les partenaires extérieurs, la RDC ait porté son regard sur la Belgique. Pour M. Charles-Michel, ce choix particulier se justifie par le caractère ancien de la coopération bilatérale et les liens tissés entre les deux peuples. Il a également jugé positive l’affirmation de la volonté des autorités congolaises de prendre en mains le destin de leur pays. La Belgique, a-t-il indiqué, encourage cette dynamique pour une “ responsabilité assumée ”. Il estime que les déclarations faites par son collègue congolais, sur la question de l’appropriation qui doit être au coeur de la coopération, rejoignent sa propre conviction en faveur du développement et de l’amélioration des conditions de vie des populations congolaises.
Le ministre belge a enfin indiqué que son pays souhaite aussi lutter contre la fragmentation de son aide au Congo et sélectionner les projets pour une plus grande efficacité. Mais, a-t-il fait observer, une évaluation de la coopération bilatérale, souhaitée par les deux pays, devrait avoir lieu au cours d’une réunion des deux partenaires. Il estime aussi que la confrontation des points de vue ne devrait pas se dérouler dans un environnement diplomatique problématique ”.
Pour cela, Charles-Michel a émis le voeu que les autorités congolaises et belges renouent le dialogue et parviennent à un climat diplomatique “ normalisé ”. La crise diplomatique entre les deux pays a été provoquée par les déclarations du ministre belge des Affaires étrangères Karel De Gucht, selon lesquelles la Belgique avait une obligation morale sur la RDC, étant donné que son pays accordait au Congo une enveloppe de quelque 200 millions d’euros.
Protestant contre ces déclarations, le gouvernement congolais a rappelé en consultation, en mai dernier, son ambassadeur en Belgique et fermé le consulat général de la RDC à Anvers. Il a en retour exigé la fermeture du consulat belge à Lubumbashi et à Bukavu.
Cette semaine, notent les observateurs, le Président congolais Joseph Kabila et le Premier ministre belge Yves Leterme assisteront à New York aux travaux de l’Assemblée générale des Nations Unies. La Belgique est le troisième pays bailleur de fonds de la RDC dans le cadre de l’aide au développement, après les Etats-unis et le Japon. C’est à la RDC qu’elle affecte la plus grande partie de son aide au développement. Environ quatre mille Belges sont présents au Congo et, selon les statistiques officielles, plus de treize mille Congolais vivent en Belgique, rappelle-t-on.
(TH/PKF)
ACP
Last edited: 22/09/2008 16:46:32